Centrafrique : le Tchad rapatrie ses ressortissants et ouvre une information judiciaire sur les exactions – Rfi

Ils quittent massivement la Centrafrique. Des milliers de Tchadiens s’enfuient vers le Nord, en camions, en taxis ou en minibus pour échapper aux milices d’autodéfense, les anti-balaka, pour qui ces Tchadiens sont complices des anciens rebelles de la Seleka puisque certains de ses membres sont originaires du Tchad. Ndjamena va ouvrir une information judiciaire sur les exactions commises par les milices centrafricaines.

Depuis une semaine, le gouvernement tchadien a mis en place un pont aérien de manière à rapatrier un maximum de ses ressortissants. Selon Qasim Sufi, chef de mission de l’Organisation internationale pour les migrations au Tchad, 4 000 Tchadiens sont depuis rentrés chez eux.
Qasim Sufi

Chef de mission de l’OIM au Tchad:

Il y a plus de 26 vols qui ont déjà atterri à Ndjamena et qui ont rapatrié près de 4 000 migrants tchadiens chez eux. Ces migrants, qui ont été évacués dans la phase initiale de l’opération, sont essentiellement des femmes, des enfants et des personnes âgées. […] Et pour l’heure, les migrants qui sont revenus, sont uniquement ceux qui ont réussi à atteindre l’aéroport international de Bangui, une zone sécurisée par le contingent français sur place.

Ouverture d’une information judiciaire

Les Tchadiens de Centrafrique sont victimes d’exactions car ils sont soupçonnés par les milices d’autodéfense de soutenir l’ancienne rébellion. Le Tchad ne compte pas rester les bras croisés et Ndjamana va ouvrir une information judiciaire. Ce samedi 28 décembre, au cours d’un point de presse, le procureur de la République, Ousmane Mamadou Affono, a annoncé qu’un juge avait été chargé de ce dossier.

Ousmane Mamadou Affono, Procureur de la République:

Depuis quelques jours, nos forces de défense et de sécurité envoyées à Bangui, en République centrafricaine, font l’objet d’attaques de la part de groupuscules aux intentions belliqueuses. Cette situation a également fait des victimes dans les rangs de nos compatriotes civils. […] Le 5e cabinet d’instruction du Tribunal de grande instance de Ndjamena est d’ores et déjà saisi et fera toute la lumière sur les circonstances dans lesquelles ces Tchadiens ont été attaqués et dépouillés de leurs biens.

L’UA redit sa confiance aux soldats tchadiens de la Misca

L’Union africaine redit, elle, sa confiance aux soldats tchadiens de la Misca, la mission internationale en Centrafrique, eux aussi accusés de proximité avec les rebelles qui ont commis des exactions. Elle salue même leur action. « Tout ce qui se raconte sur le contingent tchadien, nous ne le croyons pas », affirme le commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’organisation, qui affirme au passage que « les forces africaines sont capables d’assumer leur mission si tous les moyens sont mis à leur disposition » et que donc la question du déploiement d’une force de l’ONU n’est pas à l’ordre du jour.


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