Action humanitaire au Tchad : Faits et chiffres point de situation, 16 janvier 2008 – Relief

Déplacements et retours

Réfugiés soudanais

Il y a actuellement près de 240 000 réfugiés soudanais au Tchad. La quasi-totalité de ces réfugiés vit dans 12 camps à l’est du pays. Plus de 56% de ces réfugiés sont des femmes et plus de 60% d’entre eux ont moins de 18 ans -deux situations qui appellent à une attention particulière pour des secteurs comme l’éducation et la santé.

Le programme de réponse du Haut-commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) repose sur quatre piliers: protection, bien-être socio-économique et dignité, autosuffisance à travers la génération de revenu et la promotion de l’approche communautaire de base pour la co-existence avec les communautés hôtes. Le HCR et le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) supervisent au quotidien la gestion des programmes de vaccination et de nutrition ainsi que les activités pour la protection des enfants.

A travers une collaboration active avec les autorités locales et nationales, les communautés hôtes et les réfugiés eux-mêmes, le HCR et ses partenaires travaillent pour protéger les réfugiés tout en appuyant le renforcement des capacités de la justice tchadienne. Les Nations Unies travaillent aussi sur le suivi des activités de protection dans les domaines des violences basées sur le genre et le sexe (SGBV en anglais) de même que sur des campagnes de conscientisation dans les domaines de l’environnement, la santé, l’assainissement, le VIH-SIDA et l’appui à des projets d’infrastructure communautaires dans les camps.

La zone aride de l’est du Tchad pose des défis environnementaux significatifs pour le programme d’assistance aux réfugiés. Le bois de chauffe et l’eau étant rares. Le HCR a adopté des mesures protectrices pour prendre en considération ces éléments environnementaux et vitaux.

Réfugiés centrafricains

Il y a actuellement près de 45 000 réfugiés venant de la République Centrafricaine (RCA) au Tchad. La majorité d’entre eux est dans quatre camps dans le sud du pays.

Comme les conditions dans le sud sont plus favorables à des activités d’autosuffisance, le HCR de concert avec ses donateurs et partenaires travaille pour créer un pont entre l’humanitaire et le développement au profit des communautés locales et des réfugiés. Des initiatives agricoles, professionnelles et de micro-crédit sont en place dans le but d’aider à préserver la dignité des réfugiés. Ces projets incluent les cliniques de santé au profit des réfugiés et les communautés hôtes, la promotion des marchés locaux et l’appui aux mécanismes de gouvernance locale.

Personnes déplacées

Il y a actuellement quelque 180 000 personnes déplacées au Tchad dont la majorité vit dans l’est. La crise des personnes déplacées a commencé en décembre 2005. Cette crise s’est aggravée dans le dernier trimestre de 2006 à cause de la détérioration de la situation sécuritaire.

Les humanitaires estiment que dans la grande majorité des cas, les conditions sécuritaires ne permettent pas un retour sûr et ceci se reflète dans la préférence de la plupart des personnes déplacées de rester dans les zones d’accueil.

Les Nations Unies et leurs partenaires travaillent avec le gouvernement tchadien dans le but de créer l’espace humanitaire requis pour fournir, à temps, une assistance vitale aux personnes déplacées.

Depuis début 2007, les Nations Unies et leurs partenaires ont distribué 12 535 couvertures, 10 275 matelas et 14 600 nattes aux personnes déplacées. Par ailleurs, ils ont préparé aussi des plans de contingence pour couvrir des besoins additionnels pouvant découler de nouveaux mouvements de populations.

Activités sectorielles et transversales

Education

Personnes déplacées

Le nombre des enfants en âge d’être scolarisés est estimé à près de 50 000 parmi les populations déplacées dans l’est du Tchad, soit 30% de ladite population. La grande majorité de ces enfants n’est pas encore inscrite à l’école et n’a pas complété l’année scolaire. Ces enfants ont besoin d’avoir l’opportunité de continuer leur éducation. L’UNICEF et ses partenaires font actuellement face à plusieurs défis: manque d’enseignants parmi les personnes déplacées (95% des personnes déplacées sont illettrées), la précarité des infrastructures scolaires et le déficit de matériels et de fournitures scolaires.

L’UNICEF et le Ministère de l’Education Nationale mènent un plaidoyer pour le recrutement d’enseignants supplémentaires. Actuellement, l’UNICEF finance trois ONG dans l’est du Tchad— Jesuit Refugee Service (JRS), Premiere Urgence, and Save the Children – United Kingdom (SC-UK) — pour le renforcement des capacités des enseignants.

Les entreprises locales construisent actuellement 120 classes avec l’appui de l’UNICEF. Dans le cadre son programme éducation, l’UNICEF a fourni des manuels scolaires, des uniformes et du mobilier au profit de 63 000 enfants dans 12 camps de réfugiés et environ 22 000 enfants dans dix sites de personnes déplacées. Ce programme a été finalisé en décembre 2008.

Réfugiés

Les Nations Unies en collaboration avec le Gouvernement du Tchad mènent des actions pour favoriser le bon fonctionnement de l’éducation primaire –ciblant les enfants âgés de 6 à 14 ans- dans les 12 camps de réfugiés de l’est du Tchad. Les Nations Unies assurent actuellement l’accès à une éducation de qualité à tous les enfants en âge d’être scolarisés avec une attention particulière sur le taux de fréquentation des filles. Dans le but d’appuyer ces efforts les actions suivantes ont été entreprises: la construction d’infrastructures, le recrutement et la formation des maîtres et la distribution de matériels scolaires. Le recrutement et la formation d’enseignantes sont une priorité pour l’UNICEF dans le but de réaliser la parité genre dans l’éducation.

Eau et assainissement

En 2007, l’UNICEF a fourni de l’eau potable à plus de 45 000 personnes déplacées et membres des communautés hôtes par l’installation de stations de pompage d’eau, de forages et de borne-fontaine à pompage manuel. Au total, 1 870 latrines ont été construites avec l’appui de l’UNICEF. Des kits d’eau et d’assainissement ont été distribués par l’UNICEF à plus de 5 000 personnes déplacées. En 2008, l’UNICEF compte élargir son paquet d’aide aux personnes déplacées de l’est du Tchad avec un accent sur les infrastructures afin d’assurer un meilleur accès à l’eau potable et aux latrines.

En décembre 2007, 122 latrines familiales ont été construites avec l’appui de l’UNICEF dans le site de Aradib, tandis que 400 kits d’eau familiaux, 5 400 seaux et 50 000 barres de savon ont été distribués à Habilé. Une distribution de matériel d’assainissement est actuellement en cours aux alentours de Goz Beida. Cependant, le déploiement d’entreprises privées prévu par l’UNICEF pour l’installation des pompes à eau manuelles est retardé par le caractère volatile de la situation sécuritaire.

Nutrition

Nutrition infantile

L’UNICEF continue de suivre les activités de nutrition dans 23 sur 29 sites de personnes déplacées dans l’est du Tchad et de procurer du lait F-100 et F-75 pour l’alimentation thérapeutique.

En 2007, l’UNICEF a soutenu l’ouverture de cinq centres d’alimentation nutritionnelle gérés par Save the Children-UK dans les villes de Abéché et Goz Beida dans le cadre de la lutte contre la malnutrition dans les communautés hôtes.

Les humanitaires restent préoccupés par la malnutrition chronique dans l’ouest du Tchad. Selon des données de 2004, 58% des enfants de moins de cinq ans étaient touchés par la malnutrition dans les régions de BET, Kanem et Lacs – un pourcentage de loin supérieur à la moyenne nationale de 41%. En 2007, une enquête conduite par le Ministère de la Santé du Tchad et l’UNICEF a révélé un taux de malnutrition chronique de 49% parmi les nouveaux-nés et les enfants âgés de six à 59 mois dans la région de Kanem – un taux nettement supérieur à ceux de Batha (30%), Guera (32%) et Ouaddai (33%) dans l’est.

Santé

La quatrième campagne nationale contre la poliomyélite, organisée par le gouvernement du Tchad avec l’appui de l’UNICEF et d’autres partenaires, a couvert la totalité des enfants réfugiés âgés de moins de cinq ans dans les camps de Bredjing, Djabal, Farchana, Goz Amir et Treguine. Les mêmes résultats ont été atteints dans les sites de personnes déplacées de Gassire, Gouroukoun, Habile, Koloma et Koubigou. Ces campagnes ont également couvert les enfants des communautés hôtes voisines.

En décembre 2007, l’UNICEF avait financé la formation de 18 travailleurs sanitaires sur les soins prénataux et la prévention de la mortalité infantile. Cette formation était organisée par le district sanitaire du Dar Sila en collaboration avec l’ONG Cooperazione Internazionale (COOPI).

Depuis le 01 janvier, aucun nouveau cas de méningite n’a été notifié dans l’est du Tchad. Cette situation rassure sur les inquiétudes que les cas enregistrés dans le camp de Bredjing, en décembre 2007, avaient suscitées par rapport à une éventuelle épidémie. Le Ministère de la Santé du Tchad a pré positionné des médicaments pour le traitement de 2 000 cas dans la région du Ouaddaï.

Services Communs, Coordination et Financement

Appel de Fonds Consolidé (CAP)

A la date du 9 janvier, l’Appel Humanitaire de 2007 pour le Tchad, dans le cadre du Processus d’Appel Consolidé (CAP) 2007, a reçu 264 millions de dollars, soit 97% du total des fonds recherchés. Ceci place l’appel du Tchad au rang de l’appel le mieux financé au monde. Cependant alors que certains secteurs ont reçu des financements très satisfaisants (sécurité alimentaire 132%, aide multisectorielle aux réfugiés 101% et abris et non-vivres 100%) d’autres en ont reçu bien moins (éducation seulement 12% et le secteur de l’eau et de l’assainissement que 45%).

En appui au Gouvernement, les Nations Unies et leurs partenaires au Tchad ont préparé un Appel Humanitaire pour 2008 toujours dans le cadre du CAP. Le montant total recherché est de 286 millions de dollars.

Transport et logistique

En 2007, le Service aérien d’aide humanitaire des Nations Unies (UNHAS) a transporté 26 352 passagers et 78 tonnes de cargaison au profit de plus de 70 organisations humanitaires intervenant au Tchad. Ceci constitue un net accroissement par rapport à 2006 où 17 000 passagers avaient été transportés. Le service dessert actuellement N’Djaména et neuf localités dans l’est. Des vols en direction de Goré et Moundou, dans le sud, sont prévus pour bientôt.

Sécurité alimentaire et moyens de subsitance

Assistance alimentaire aux réfugiés

Le PAM assiste actuellement 230 000 réfugiés soudanais dans 12 camps de réfugiés dans l’est du Tchad avec des rations alimentaires mensuelles régulières. Ces rations procurent 2 100 calories par personne par jour.

Le PAM assiste également près de 30 000 réfugiés centrafricains vivant dans quatre camps au sud du Tchad. D’autres 16.000 réfugiés centrafricains vivant dans quatre camps ont des mécanismes de survie satisfaisants et n’ont pas besoin de l’aide alimentaire. Ils sont assistés avec des programmes de protection de semences pendant la période de soudure (avril à mai) et des vivres pour les groupes les plus vulnérables.

Assistance humanitaire aux personnes déplacées (IDPs)

Actuellement, le PAM fournit une distribution alimentaire générale à des personnes déplacées dans 22 sites. En 2007, 12 208 tonnes de vivres ont été distribuées à plus de 174 500 personnes déplacées et communautés hôtes dans l’est du Tchad. Ces distributions se sont déroulées dans les départements de Assougha, Bahr Azoum, Dar Sila, Jourouf Al Hamar et Wadi Fira.

Assistance alimentaire aux communautés hôtes

En plus de la distribution générale de vivres aux réfugiés et aux personnes déplacées, le PAM a pris des dispositions pour assister 150 000 bénéficiaires parmi les communautés hôtes à travers des projets de vivres contre nourriture (FFW en anglais) ciblant les familles d’agriculteurs dans les zones rurales. Ces programmes sont conçus pour les aider à gérer leurs productions de façon durable afin d’accroître leurs revenus dans le long terme et de propulser l’économie locale.

Besoins pour 2008

Les résultats de l’enquête sur les capacités d’autosuffisance alimentaire des réfugiés soudanais, des personnes déplacées et des populations hôtes à l’est du Tchad conduite, en novembre 2007, par les Nations Unies et leurs partenaires ont été publiés. Ces résultats révèlent qu’une grande partie des réfugiés et des personnes déplacées continuera à avoir besoin de l’aide alimentaire en 2008. Plus de 95 % des ménages qui ont cultivé cette année ne pourront pas couvrir plus de trois mois de leurs besoins céréaliers. Chez les populations hôtes, de meilleurs résultats ont été enregistrés avec 40% pouvant couvrir leurs besoins céréaliers pour trois mois, 15% pour sept mois et 19,7% pour 9 mois. La faible production agricole des réfugiés et des personnes déplacées est due des conditions climatiques défavorables, à la faible disponibilité des terres agricoles et aux difficultés d’obtention des semences.

Le PAM a besoin de plus de 92 000 tonnes de vivres pour satisfaire les besoins des réfugiés et des personnes déplacées en 2008. Les opérations de transport pour acheminer les vivres au Tchad doivent commencer avant fin 2007. Ces opérations necessiteront un transport maritime de même qu’un transport par voie routière avec 8 000 camions (du port de Douala au Cameroun ou le long du couloir libyen de 1 800 km à travers le désert du Sahara). Les vivres requis pour cinq mois doivent être pre positionnés dans l’est du Tchad avant juin compte tenu de l’impraticabilité et de la fermleture officielle des routes durant la saison des pluies de juin à novembre.

Etant donné le long délai d’éxecution (cinq mois) de la délivrance de l’aide alimenatire au Tchad, la confirmation de la contribution des donateurs est urgemment requise afin de s’assurer que les achats sont effectués dans les mois à venir et que les vivres sont acheminés au Tchad à temps. Tout retard pourrait avoir un impact dramatique sur la vie de plusieurs dizaines de milliers de personnes vulnérables dont la survie dépend de l’aide alimentaire.

Des ressources additionnelles d’un montant de 68 millions de dollars sont requises pour continuer à assurer l’assistance aux réfugiés, personnes déplacées et communautés hôtes dans l’est du Tchad jusqu’à la fin de 2008.

Pour plus d’information ou pour contribuer à la prochaine édition, veuillez contacter:

Maurizio Giuliano, Chargé de l’Information Publique, Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (BCAH), N’Djaména
Email: giuliano@un.org, Tel: +235-6053892

Katy Thiam, Chargée de l’Information, Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (BCAH), Abéché
Email: thiamk@un.org, Tel: +235-6201542

Pour des informations spécifiques pour les secteurs suivants, veuillez contacter:

Education, Nutrition, Eau et Assainissement:

Cornelia Walther, Chargée de Communication, Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF)
Email: cwalther@unicef.org, Tel: +235-6182722

Sécurité alimentaire et moyens de subsistance:

Magda Jurkowiecka, Chargée des Rapports, Programme Alimentaire Mondial (PAM)
Email: magda.jurkowiecka@wfp.org, Tel : +235-6201131

Santé:

Jonas Naissem, Chargé de l’Information, Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
Email: naissemj@td.afro.who.int, Tel: +235-6294720

Assistance multisectorielle aux réfugiés, Abris d’Urgence et Non-Vivres (NFI), Protection:

Annette Rehrl, Porte-parole, Haut-commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), Chad
Email: rehrl@unhcr.org, Tel: +235-6385195


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