DC-10 d’UTA : la justice américaine condamne Tripoli – Rfi

La justice américaine condamne la Libye à verser six milliards de dollars dans l’affaire du DC-10 d’UTA. C’est la conclusion d’une longue bataille judiciaire menée par les familles des sept victimes américaines de l’attentat contre cet avion français, détruit en vol en 1989 au-dessus du désert du Ténéré, au Niger, avec 170 personnes à bord.

Il a fallu attendre presque vingt ans pour que l’affaire du DC-10 d’UTA approche de son épilogue judiciaire. La condamnation de la Libye, par un juge fédéral de Washington, à verser six milliards de dollars de dommage et intérêts est sans doute la dernière étape d’un feuilleton tragique qui a débuté le 19 septembre 1989, lorsqu’un avion de ligne français assurant la liaison Brazzaville-Ndjamena-Paris, explose en vol, au-dessus du désert nigérien du Ténéré. Il n’y a aucun survivant parmi les 170 passagers et membres d’équipage, de 18 nationalités différentes, essentiellement des Français, des Congolais et des Tchadiens. Il y avait également sept Américains dans l’avion, dont l’épouse de Robert Pugh, qui était à l’époque ambassadeur des Etats-Unis au Tchad. L’attentat intervient neuf mois après l’explosion d’un Boeing de la compagnie américaine Pan Am, au-dessus de Lockerbie, en Ecosse, qui a fait 270 morts.

Dans ces deux dossiers, les regards se tournent rapidement vers le colonel Kadhafi, qualifié, quelques années plus tôt de « chien fou du Moyen-Orient » par Ronald Reagan. En 1991, le juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière, chargé de l’enquête en France, met en cause Tripoli. L’année suivante, le Conseil de sécurité de l’ONU décrète un embargo contre la Libye. La première décision judiciaire concernant l’affaire du DC-10 d’UTA remonte à 1999, lorsqu’un tribunal français condamne par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité six ressortissants libyens pour leur rôle dans l’attentat, dont un beau frère du colonel Kadhafi. Les six hommes, également condamnés à payer trente cinq millions d’euros aux familles des victimes, ne seront jamais extradés par Tripoli, bien qu’ils fassent l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Reconnaissance de la responsabilité de l’Etat libyen

La Libye ne reconnaît toujours pas sa responsabilité dans l’attentat contre le DC-10 d’UTA. Elle accepte cependant, en 2004, de verser 170 millions de dollars de compensations, soit un million par victime. L’accord, négocié entre les familles et la Fondation Kadhafi, dirigée par un fils du dirigeant libyen, intervient après un règlement similaire dans l’affaire de Lockerbie, dans lequel la Libye se montre cependant beaucoup plus généreuse : dix millions de dollars ont été déboursés pour chaque victime.

Les ayants droits des sept passagers américains du vol Brazzaville-Njamena-Paris n’ont jamais accepté cet accord à l’amiable et n’ont donc pas empoché le million de dollars qui était mis à leur disposition. Ils ont préféré lancer une procédure séparée devant la justice américaine. Débutée en 2002, l’enquête aboutit en avril dernier à la reconnaissance de la responsabilité, non seulement des six ressortissants libyens déjà condamnés en France, mais également de l’Etat libyen, qui était d’ailleurs été représenté par des avocats lors du procès aux Etats-Unis. Le montant des dommages et intérêt est fixé à six milliards de dollars.

Cette sévère condamnation intervient alors que Washington et Tripoli achèvent la normalisation de leurs relations. Le chef de la diplomatie libyenne était en visite officielle aux Etats-Unis au début du mois de janvier, une première depuis 35 ans. La condamnation n’est cependant pas encore définitive. La Libye a jusqu’au 25 février pour faire appel


Commentaires sur facebook