Banalisation du professionnalisme et de la compétence : indignons-nous !

Le régime de Deby est synonyme de la désarticulation quotidienne et permanente de l’art qui régit le fonctionnement de l’administration publique tchadienne. Et malheureusement les tchadiens s’en sont habitués ; ce n’est pas du tout une simple résignation mais malheureusement une pleine acceptation, en conscience.

Sinon comment comprendre qu’un cadre bardé des diplômes des grandes universités, avec une expérience professionnelle de 15 à 20 ans et ayant occupé des très hautes fonctions dans son domaine, accepte volontairement et avec enthousiasme d’être l’adjoint d’un gosse qui a à peine l’âge de son petit-fils et qui ne maitrise même pas les principaux fondamentaux de l’éducation de base (lire et écrire), un enfant qui peine à lire correctement ce qu’on lui a rédigé. On est où là ? Oui, on est au Tchad où les cadres et les intellectuels ont cessé de se battre et ont courbé l’échine pour servir docilement la médiocrité made in Debylande. Oui on est dans l’esprit généralisé de l’acceptation de l’inacceptable, de la médiocrité élevée au rang de pratique généralisée en matière de gestion des biens publics.

Depuis les premières heures de la prise du pouvoir par le MPS, des analphabètes, de surcroîts étrangers, ont été nommés aux postes de préfets ou sous-préfets. ; on croyait que le phénomène était passager et est dû à la situation trouble et de cafouillage que connaissait le Pays ; or, aujourd’hui, ils ont continué à proliférer dans les plus hautes sphères de l’administration et surtout dans les régies financières et les sociétés d’Etat ou para publiques. Il s’agit des individus dont la seule référence est leur degré de proximité avec la famille Deby-Acyl, le parti au pouvoir, le MPS. Petit à petit, on est en train d’inoculer dans la conscience collective des tchadiens des notions telles que la professionnalisation, la compétence ou le diplôme ne servent à rien. Pourquoi aller à l’école ? A quoi sert un diplôme supérieur professionnel ? C’est le thème favori des causettes des bouffons autour de leur Chef. Mr Deby est connu pour son antipathie à la culture et aux intellectuels sauf ceux qui sont à sa dévotion sans le contredire ni de lever les yeux pour le regarder, mais de là, à se faire convaincre par des oisifs analphabètes l’inutilité de la connaissance est un sacrilège qu’aucun homme politique n’ose le franchir.

Le résultat du dernier baccalauréat en est la parfaite illustration. A ce rythme, bientôt on fermera les écoles et les universités créées à tour de bras, sans aucune étude préalable et moins encore la formation des ressources humaines.

Après avoir pollué l’administration centrale (civile et militaire) avec ses analphabètes, le pouvoir MPS a entamé la destruction de la diplomatie en exportant à l’étranger, dans les représentations diplomatiques tchadiennes, ces cancres. Au lieu de nommer les diplomates professionnelles qui ont été formés à coup de sommes colossales, mais non, on ramasse dans les autres ministères des agents de l’état qui peuvent être utiles dans leurs ministères respectifs mais surtout transmettre leur expérience aux jeunes, mais qui n’ont aucune proximité avec la diplomatie, tandis que les diplomates chevronnés et expérimentés sont en train de ronger les ongles et moisir sous les nimiers de leur ministère! C’est quoi cette logique made in MPS?

Le système Deby (MPS) qui consiste à prôner que « n’importe qui peut faire n’importe quoi et à n’importe quel poste », a fait perdre à l’école sa fonction sacrée : celle de former et d’éduquer des citoyens utiles pour eux-mêmes, pour leur famille et pour leur pays. Et tout découle de là : la baisse du niveau dans les écoles, la mauvaise gestion, la mal gouvernance, le pillage, l’enrichissement illicite à grande échelle, l’insécurité, etc.

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad


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4 Commentaires

  1. Warou Ahmed

    Tout ce que vous avez dit est juste. Nous au Tchad, qui est un pays très en retard, négligeons la compétence et l’expérience. Comment pourrons nous résoudre nos problèmes, évoluer, se développer? Aux Etats Unis les responsables sont choisis selon leurs compétences et leurs expériences! Et en Chine la priorité de priorités aujourd’hui c’est l’éducation! Mais au Tchad on s’en fout de l’Ecole…Cela explique parfaitement le fait que le Tchad est classé dernier pays au Monde en matière d’alimentation par Oxfam(Voir l’article que vous avez publiez). Notre faim est donc…

  2. Kouka Woldjongos

    Ainsi va le Tchad cahin-caha. Mais il reste à savoir pendant combien de temps?

  3. ISMAIL HAMDAN

    Le frère DOKI a bien expliqué la situation.Les intellectels tchadiens manquent de moral dès lors que leur poste est ménacé;alors dans ce cas, l’analphabète vaudrait mieux.L’expérience et la compétence,oui! mais où est l’amour de servir la patrie?Si un chef de village est nommé responsable,ou est la différence?Il faut aussi se reprocher de nos comportements,nous tchadiens,au lieu de se plaindre,cultivons la modéstie dans notre façon de vivre: un ex ministre,par exemple,cherche toujours à conserver un niveau de vie de ministre!