Les Brèves de N’djaména: La faillite annoncée de l’Etat tchadien.

Le Tchad était entré dans le club restreint des pays pétroliers depuis juillet 2003,  les premières recettes étaient enregistrées effectivement au trésor public  dès la fin de cette année.  Avant d’en arriver là, le dossier du pétrole tchadien a été l’objet de beaucoup de polémiques utiles et parfois inutiles. Quoi qu’on en dise, les négociations avaient été laborieuses et avaient pris énormément du temps. La Banque Mondiale, pour en faire un exemple avait mis beaucoup des conditionnalités pour le financement et également beaucoup des dispositions conservatoires pour la gestion future des revenus.  Quel est le constat après 10 ans de gestion ? Le Tchad a tout simplement pris la tête du peloton des pays frappés par la malédiction pétrolière ! Cette malédiction n’est pas due au pétrole qui est un produit sacré, don de DIEU, moins encore à son exploitation loin s’en faut, mais strictement à sa gestion qui est entre les main d’un cleptomane assistée de sa famille et de sa bouffonnerie.

Une seule question : Mais, Diable que fait-il avec tout cet argent en hypothéquant ainsi l’avenir du Pays et partant celui des Générations futures ? Jamais dans l’histoire aucun régime n’a hypothéqué avec tant d’hargne l’avenir des générations futures à ce point comme le fait le régime actuel; jamais dans l’histoire du Tchad, le degré de la gabegie, de la malversation, n’a atteint un tel niveau ; jamais dans l’histoire du pays, une famille ou un clan du Président n’a atteint un tel aura d’enrichissement illicite ostentatoire et pousser son propre pays vers une banqueroute inéluctable. En effet regardons les faits et les chiffres :

D’abord les faits : Aucun esprit saint ne comprendrait comment un grand pays comme le Tchad doté des ressources agro-pastorales légendaires, d’immenses ressources minières et surtout pétrolières, puisse subir à terme une cessation des paiements ? Malgré l’apparence, le Tchad est malheureusement comme une entreprise familiale monarchique : le tissu économique et financier est établi comme suit :

– le pétrole de Doba et tous ses dérivés appartiennent au Chef de famille (Idriss Deby)

– Le commerce général (sucre, ciment, ferraille) et la raffinerie de Djermaya reviennent à Daoussa et à Timan Deby- à travers son fils DG de la Cimenterie.

Les Douanes  et le transit douanier sont la propriété de Salay et sa grande sœur Haïgua.

Le trafic d’armes et l’achat des véhicules militaires (principalement des Toyota) relèvent du domaine  d’Oumar DEBY et de Nassour Idriss. En effet rien qu’en 2013 L’Etablissement Matériel et Bâtiment (EMB) dont Oumar Deby est directeur avait commandé plus de 1000 véhicules militaires et des véhicules de luxes dont :

60 Lexus lx 570 ; 50 Typhon-APC ; 50 Cougar-Apc et 20 Spartan –APC. Les trois derniers sont de véhicules militaires équipés de radar mobile hautement sophistiqués.

La surveillance générale de toute l’ossature du système est assurée par Zakaria Deby.

– Le reste (s’il en reste encore !!) est ciselé entre Mme Hinda et la grande bouffonnerie.  Dans ces conditions on pourrait déduire sans aucun risque de se contredire que les services officiels de l’Etat n’enregistrent aucune entrée et que le Trésor public  n’a que du nom ; sachant que les miettes qui ont échappées de leur vigilance et tombées dans la Caisse de l’Etat sont récupérées aussitôt par les mêmes ; on les trouve en fait comme la peste de l’amont à l’aval de la chaine !

Ensuite regardons les Chiffres :

– Dans le Document cadre de l’accord entre la Banque Mondiale et le Tchad, il est prévu de réserver  dans un compte spécial 12% des revenus pétroliers pour les générations futures. Malgré les protestations timides des bailleurs, Lle régime a fait fi de cette disposition depuis 2004 à cause, dit-il, des problèmes sécuritaires.

-Les traces du fameux fonds Taiwanais qui a été la vache à lait du régime et des individus qui tournaient autour de Deby ont tout simplement disparu des registres du Ministère des Finances. Outre les bakchichs que les taiwanais avaient distribués aux différents intermédiaires tchadiens et étrangers et à Deby, le Tchad a contracté officiellement un prêt de 2 milliards de dollars et le premier échéancier tombe dès octobre 2015.

– Les tchadiens ne sauront jamais, sauf les éternels intermédiaires du premier cercle de Deby, ce que la Chine communiste a mis sur la table pour que le régime donne un coup de sabot à Taïwan. On ne saura non plus, sauf pour quelques initiés, les procédures et les conditions exactes d’acquisition des nombreux marchés (permis pétroliers, constructions des immeubles, des routes, etc.), obtenus par les chinois. Mais le plus révoltant  est que ce prêt de 2 milliards contractés auprès de la Chine, pour la construction d’un aéroport international et d’une ligne de chemin de fer entre Nyala (Soudan) et N’Gaoundéré (Cameroun) en passant par Moundou (Tchad), s’est effectué par l’intermédiaire de l’homme des services des renseignements soudanais Hassane Borgou. Selon des informations sûres, le soudanais a déjà pris ses commissions et il serait de même pour quelques autres intermédiaires du régime. Par contre, nous n’avons encore ni le commencement des travaux de l’aéroport, ni celui de la ligne de chemin de fer.

Une question : a-t-on besoin, dans un pays doté d’institutions républicaines d’intermédiaires véreux de surcroît étranger pour contracter des prêts  pour des projets de développement  du pays ? Naturellement non ! L’opération consiste tout simplement à berner l’opinion tchadienne sur la visibilité de la nature du prêt !

– Après avoir bradé tous les permis pétroliers, le Lobby qui a le monopole de tous les circuits de la commercialisation du pétrole et des produits pétroliers, a fait un emprunt de 800 millions de dollars US auprès du trader Glencor, au nom de l’Etat tchadien. Ces prêts ne sont toujours pas tombés dans les comptes de l’Etat à la BEAC.  Et les structures officielles de l’Etat n’ont aucune idée sur les clauses de ces prêts.

– En 2012, le Tchad a contracté encore un prêt de 2milliards de dollars auprès de l’Eximbank/chine pour 600 km de route et un aéroport, assorti des taux d’intérêt non concessionnels et avec une exigence que seules les entreprises chinoises exécuteront les différents marché ! C’est la goutte qui a fait déborder le vase : le FMI qui s’est retiré presque du Tchad, dénonce l’opération maffieuse crie au holdup en exigeant la révision des termes du prêt. Ce qui fut fait et le prêt est ramené à 700 millions de dollars.

– De même la construction du fameux « Palais des affaires »  par un homme de main de Deby est financée par un prêt contracté au nom de l’Etat.  Or, selon les mauvaises langues, ce complexe immobilier serait régi par un statut de société privée dont les principaux actionnaires appartiennent à la famille Deby.

Devant cette situation de quasi banqueroute, les bailleurs de fonds ont exigé ce qu’ils appellent « le Point d’achèvement », en d’autres termes un ensemble des critères économico-financiers que tout pays devrait atteindre afin de bénéficier «  un renforcement au niveau du Trésor public ». Pour le cas du Tchad le délai était fixé à la première quinzaine de l’année 2014 ; passé ce délai si aucune performance n’est perceptible, le Pays serait déclaré insolvable.

S’apercevant du danger imminent qui le guette, Deby avait  ordonné à son ancien Premier Ministre de suspendre par arrêté tous les projets gigantesques et irréfléchis  financés par le trésor public, ensuite il a pris son bâton de pèlerin  en 2013 en  faisant le tour de tous les Etats de la CEMAC, à l’exception de la RCA, pour plaider sa cause auprès de ses pairs en leur disant qu’il serait déstabilisé s’il n’arrive pas achever un certain nombre des projets dont sa personne est directement engagée. De son périple, il était revenu avec  32 milliards de CFA de prêts au nom du Tchad. Pour certains pays les échéances débuteront en ce 2014 ! Qui est au courant de cela et qu’a fait le pouvoir avec cet argent ?

De ce qui précède, il est porté à la connaissance du citoyen ordinaire tchadien que ce qui le menace à terme –très à court terme – ce n’est ni l’islamisme ambiant dans la sphère sahélo-saharienne, ni une hypothétique opposition politico-militaire qui camperait à l’est, mais la fermeture brusque et sans préavis de l’entreprise Tchad pour faillite générale ! A court terme on s’attend à une mort subite, à long terme le Tchad serait endetté pour plus de 100 ans !! Ce constat n’est ni une supposition émanant d’un esprit machiavélique, ni une déduction conjecturale, mais une réalité criante, vécue et suivie par tous les partenaires étrangers du Tchad. Ceux-ci ont commencé d’ailleurs à l’instigation de l’Hexagone qui considère Deby son meilleur lévrier du moment, de se pencher sérieusement sur le cas du Tchad dont tous les paramètres financiers sont au rouge. Oui, dans les salons feutrés d’Hexagone, on susurre  qu’il serait malsain de laisser mourir de faim le meilleur lévrier qui puisse exister aujourd’hui dans la zone tant par son obéissance que par sa rapidité d’exécution, quitte à fermer les yeux  et même colmater quelques  aspérités qui le gêneraient dans ses envolées à vouloir à répondre aux instructions.  C’est ainsi qu’une mission mixte Union européenne- BM- FMI a séjourné au mois de janvier pour étudier les voies et les moyens de sauver l’entreprise de la faillite certaine.

Selon les différentes sources, les premières constations sont tout simplement catastrophiques. Les membres de la mission étaient ahuris tellement que les cadres du Ministère des Finances ont carrément jeté les masques et versé leurs biles sur tout ce qui bouge. On attend la suite. Par contre du côté de la debyérie, on continue le dépiéçage de la charogne comme rien ne s’y était passé. Ainsi va le Tchad !

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad

 

 


Commentaires sur facebook

7 Commentaires

  1. dogo

    Pour une fois Beremadji a dit quelque chose qui semble être une realité

  2. esclave

    les tchadiens sont devenus des esclaves des itnos.

  3. Mbodou

    C’est les resultats attendus de corruption qu’aucun pays ne peut echapper. Ils ne peuvent pas etre plus malins que la nature pour la tromper.

  4. Allasra Gloria

    Le commentaire de Gloria du 10 Fevrier etait il pertinent au point ou vous n’aviez voulu publier? Ou la democrtie de Tchadactuel?

  5. esclave je suis d accore avec vous mes malheureusement ce sa pas des ……………………

  6. Dans ce climat actuel,j’aurai voulu que le petrole ne soit exploité.nous étions bien avant ce maudit petrole.