Les Brèves de N’Djamena: Deby persiste et signe.

Lors  de son dernier voyage au Port-Soudan, Mr Deby, on se rappelle avait 3 dossiers dans sa poche : officiellement le  dossier de la zone franche pour les marchandises tchadiennes et officieusement  les problèmes sécuritaires dans le Darfour : le cas de son beau-père, le chef de Jandjawid Moussa Hilal et la constitution d’une force commune pour nettoyer toute la zone. Les soudanais, à leur manière ont éconduit leur hôte pour les deux derniers points. Pour le cas de Moussa Hilal, il s’agirait un problème local entre deux personnalités de la même région ; quant à la constitution d’une force commune, compte des expériences précédentes ils ne veulent pas répéter les mêmes erreurs au risque de vivre un dérapage aux conséquences fâcheuses. Or malgré le refus très poli mais ferme des soudanais, le sultan de Bilia a décidé d’envoyer des troupes au Darfour !

Selon un de ses bouffons très proches, Deby aurait dit ceci devant sa bouffonnerie : « si vous êtes informés du risque d’une épidémie il faut prendre des médicaments préventifs, alors ce qui se passe à l’est menace à terme directement la sécurité du pays, donc je ne vais pas attendre le feu vert des Jallabas qui ne contrôlent d’ailleurs absolument rien. »   Aussitôt dit aussitôt fait. En effet Mr Deby a mobilisé toute son armée y compris les supplétifs (policiers, douaniers, eaux-et- forêts, Gnnt. . . . .Etc.)  Pour les regrouper à Amdjaress où il séjourne depuis une semaine. Pour adoucir les craintes de ses amis soudanais, il procédera à un tri de telle sorte qu’il y aura très peu des éléments « Béris » au sein du contingent qui serait  formé à plus de 90% par des autres groupes ethniques surtout des éléments arabes qui pourraient facilement se sympathiser avec les miliciens arabes qui se battent du côté gouvernemental. Or ce que Mr Deby feint d’ignorer est ce que la situation de conflit larvé crée par son beau-père dans la région a conduit à la création des deux groupes des djandjawids antagonistes dont l’un est dirigé par le fameux Hamidaty qui a été sérieusement laminé par les éléments de Jem au sud Kordofan et dont la capacité de résistance a considérablement diminué, et l’autre par Mr Hilal qui ne se bat plus contre le FRS, mais au contraire il mène des assauts répétés contre les troupes gouvernementales depuis deux mois.

Selon le Journal Acharq Al-awsat du 21/04/14 paraissant à Londres, des divergences fondamentales commencent à apparaitre entre les deux pays ; en effet, les agissements incontrôlés de Moussa Hilal risquent de mettre fin à la lune de miel entre Khartoum et Ndjamena. Les mêmes sources indiquent que, malgré les revers cuisants qu’a subis l’armée soudanaise face aux rebelles de Minny Minnawy et aux miliciens de Hilal, les services de sécurité militaire soutenus par El Béchir lui-même maintiennent leur position de ne pas accepter un déploiement de l’armée tchadienne en territoire soudanais pour des raisons précitées ; par contre les services de sécurité extérieure-«  Amni »-  sont partants pour l’assistance tchadienne et ce, à l’instigation du fameux Hassan Borgou connu pour ses accointances avec les mêmes services. D’ailleurs le gouvernement soudanais voit dans ce forcing de Deby une tentative de mainmise de la région de Darfour, ce qui serait naturellement inadmissible pour Khartoum.

Parallèlement à l’envoi des troupes à l’est, le dictateur tchadien cherche en même temps à amadouer les sensibilités de sa propre communauté qui n’était pas en odeur de sainteté avec lui depuis la fin des hostilités à l’est. Il est de notoriété publique que les « Béris » de tout temps sont allergiques à toute forme d’ingérence qui serait en défaveur de la rébellion soudanaise dans le conflit darforien. Aussi depuis quelques temps on assiste à une opération de charme en direction des jeunes cadres « Béris » qui étaient soumis pratiquement à une diète  au niveau de responsabilisation. C’est ainsi que par l’intermédiaire des incontournables bouffons, il y a eu des rencontres et des conciliabules qui ont permis, semble-t-il  une réconciliation entre Deby et ces jeunes.  N’étant pas habitué à faire les choses à moitié, il aurait promis à une quarante d’entre eux des postes de responsabilité de 1er ordre. Eh oui toute réconciliation zaghawo-zaghawa  ne pourrait être qu’au détriment des cadres tchadiens d’autres communautés, c’est bien dommage !!

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad


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