L’UE devrait entériner lundi le déploiement rapide d’une force au Tchad – Afp

L’Union européenne devrait donner lundi le coup d’envoi au déploiement rapide de ses soldats au Tchad et en République centrafricaine pour protéger les centaines de milliers de réfugiés du Darfour soudanais et de déplacés tchadiens et centrafricains, a indiqué vendredi un diplomate.

« Toutes les conditions sont maintenant remplies » pour que les ministres des Affaires étrangères qui seront réunis lundi à Bruxelles puissent « confirmer le lancement rapide de l’opération », a déclaré ce diplomate, à l’issue d’une ultime réunion de représentants des 27 pays de l’UE mettant un terme à cinq mois de préparatifs.


« Le départ des premiers éléments devrait suivre assez rapidement et le déploiement commencer dès la première semaine de février », a-t-il ajouté.

Agissant sur mandat de l’ONU et commandée depuis le quartier général du Mont Valérien, en banlieue parisienne, par le général irlandais Patrick Nash, cette force baptisée Eufor-Tchad-RCA comptera autour de 3.700 hommes.

Les soldats de 14 pays y participeront, dont quelque 2.000 Français, 400 Irlandais et 400 Polonais, a confirmé un autre diplomate.

Sur place, elle sera commandée à Abéché (est du Tchad) par le général français Jean-Philippe Ganascia.

Selon le projet de texte qu’entérineront lundi les chefs de la diplomatie, l’Eufor aura pour mission de « protéger la mission de police des Nations unies », forte de 300 policiers instructeurs, ainsi que « les civils exposés au danger » et le « personnel humanitaire ». Elle devra aussi « faciliter l’arrivée de l’aide humanitaire ».

L’Eufor devra aussi protéger dans l’est du Tchad les 241.000 réfugiés soudanais du Darfour et 3.000 autres dans le nord-est de la Centrafrique, ainsi que les 179.000 Tchadiens et 20.000 Centrafricains déplacés, à l’intérieur de leurs pays respectifs, par les violences dans ces régions.

L’opération, dont le lancement était initialement espéré pour novembre, a été retardé. Les pays de l’UE ont eu du mal à dégager notamment les moyens de transport -hélicoptères, avions de transports tactiques- nécessaires à ses mouvements à l’intérieur de la zone immense qu’elle doit patrouiller.

Approuvée en septembre par la résolution 1778 du Conseil de sécurité de l’ONU, la force surveillera en outre les arrières de l’unité mixte ONU-Union africaine (MONUAD) au Darfour.

C’est courant mars que la force devrait atteindre sa capacité opérationnelle dite « initiale », c’est-à-dire sa capacité de remplir une bonne partie de ses missions sans avoir encore tous ses effectifs en place. Son mandat d’un an prendra effet à ce moment là.

Quant à la « pleine » capacité opérationnelle, les soldats européens devraient l’atteindre « en mai, avant la saison des pluies », selon le diplomate.

Les 27 sont convenus que la part des frais de l’opération incombant à un budget spécial de l’UE, évaluée à l’origine à 99 millions d’euros, soit portée à 119 millions d’euros pour l’année de déploiement, a indiqué un autre diplomate.

Le reste du coût réel de l’opération, qui sera de 700 millions à un milliard d’euros, devra être pour l’essentiel payé par les 14 pays participants.


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