Une rencontre houleuse entre le V.P du Font Révolutionnaire Soudanais et Deby à PARIS.

Dans un communiqué de presse date du 06 avril 2014, le porte-parole de JEM indique qu’il y a eu une rencontre à la demande de Deby le samedi  avril 2014 entre le Dr  Jibril Ibrahim Mhd, V.P du FRS et Président du JEM accompagné de ses plus proches collaborateurs et Deby lui-même. L’annonce de cette rencontre a été une surprise de taille dans les milieux soudanais en général et ceux de Béris en particulier. Formellement Deby est considéré comme l’assassin institut personae  du Dr Khalil Ibrahim par le JEM, par la famille et par les parents ; rencontrer dans ces conditions l’assassin de son frangin et rester face à lui les yeux dans les yeux pour discuter des problèmes du pays, relève de le grandeur d’esprit et un grand dépassement de soi de la part de Dr Jibril Ibrahim Mhd, Président de JEM ! Contrairement aux tchadiens qui ont des réactions épidermiques en pareilles circonstances, les soudanais adoptent, certes en pareils cas une attitude joviale et conviviale en étouffant au maximum leurs impulsions pour atteindre le but recherché ; aussi la rencontre du samedi 05 avril dépasse toute conjecture ! En tout cas chapeau au Dr qui a su se surpasser pour la cause de son pays et de son peuple !

Comme il fallait s’y attendre, la rencontre a été plus que morose pour ne pas dire exécrable ; le plus étonnant c’est l’attitude de Deby face à ses invités. Gonflé comme une ourse, un visage renfrogné sur lequel une marmite de couscous pourrait bouillir, Deby a tendu à peine deux doigts pour saluer la délégation. D’entrée de jeu, il leur a annoncé la couleur en ces termes : « je ne suis pas le médiateur dans le conflit darforien, je ne suis pas non plus mandaté par le Président AL Béchir, mais j’ai répondu aux sollicitations des parents du Darfour qui ont tant souffert des affres de la guerre depuis bientôt plus de 10 ans. » Le Président de Jem n’a pas non plus mis des gants pour lui répondre du tic au tac en le regardant droit dans les yeux : «  Mr le Président, si vous n’êtes pas médiataire ni mandaté par le Président Al Béchir, alors  votre démarche n’a aucun sens, parce que tout simplement nous n’avons pas des problèmes avec les parents où qu’ils se trouvent, par contre nous avons des divergences fondamentales avec le régime de Khartoum sur tout ce qui concerne la gestion politique, économique et sociale du pays. Par manque d’une concertation et d’un dialogue franc et sincère, nous étions obligés de prendre les armes en ultime recours. A présent, tant qu’il n’y a pas une volonté pour un dialogue inclusif franc et sincère de toutes forces de l’opposition, nous continuerons la lutte jusqu’à la victoire inchaâ Allah. » Fin de partie.  Comme il fallait s’y attendre le climat était plus que lourd et inamical, en plus Deby, égal à lui-même n’a pas manqué d’ajouter les siens ; connaissant les prédispositions de ses interlocuteurs à l’attaque, il a adopté une attitude mégalomaniaque et hautaine et surtout par des manœuvres dilatoires, il a voulu écourter au maximum les discussions, ainsi donc son protocole, oubliant les bonnes manières diplomatiques faisait des irruptions brusques en interrompant les discussions pour marmonner à l’oreille du dictateur des inepties inaudibles. Pour une audience de 25mn ils étaient interrompus 8 fois

Contrairement à l’autre leader soudanais qui était reçu en solo et en catimini à une heure très tardive le vendredi 04 avril 2014, le Président de JEM était accompagné de tout le staff de son mouvement composé de toutes les sensibilités régionales, et à la fin de la rencontre, un communiqué officiel coupant court à toutes les supputations, a été publié.

Voilà pour la forme. Au fond, cette rencontre revêt une importance capitale et pour l’opinion soudanaise et tchadienne. D’abord elle permet de mettre fin aux rumeurs, aux chimères et aux suspens entretenus délibérément par Deby  faisant croire à l’opinion tchadienne et soudanaise qu’il est le parrain de la communauté zaghawa où qu’elle se trouve et qu’il est capable de résoudre leurs problèmes. Le monarque tchadien a toujours voulu extirper la substance politique de la lutte du peuple soudanais en la banalisant pour en faire des simples jacqueries tribales et régionales comme il le faisait chez lui avec ses différentes oppositions. Ensuite, cette rencontre permet donc aussi de rendre à César ce qui est à César en d’autres termes, le conflit darforien est un conflit nationale et la solution ne pourrait être que nationale et surtout soudanaise.

Et enfin cette rencontre  permet à l’opinion tchadienne de se poser des questions légitimes sur le comportement désinvolte de Deby. Pourquoi Mr Deby qui n’est ni intermédiaire ni mandaté – selon ses propres propos – se permet allégrement aux mépris de tout bon sens de piller le trésor public pour des initiatives fallacieuses vouées à l’échec par avance ?  Amdjaress1  a coûté plus de 50 Milliards, Amdjaress 2 87 Milliards comptés aux mains propres lui ont été déposés à la veille pour la mission. Arrivé sur place il a distribué plus de 15 Milliards à une dizaine de groupuscules dissidents de JEM ou du MLS qui pullulent au Darfour !    Pour mémoire, avant le pétrole le budget national n’a jamais atteint 100 milliards !

La communauté Béri sait pertinemment pourquoi Deby s’agite de la sorte pour être partie prenante dans le conflit de DARFOUR de même que le Président soudanais, mais ce dernier, n’ayant rien à perdre  feint de le croire  en lui laissant toute la latitude de sombrer dans ses contradictions surtout que la logistique est assurée par lui de l’amont à l’aval ! Selon les témoignages de ses proches, Mr Deby cherche éperdument comme une aiguille dans un panier de foin les positions de l’opposition tchadienne qui serait en gestation au Darfour ; Or comme il a été toujours dit, l’armée soudanaise ne souhaite nullement le déploiement de l’armée tchadienne en territoire soudanais sauf les forces mixtes qui ont une mission précise, celle de surveiller les frontières de part et d’autre.

En définitive, la dernière rencontre met définitivement fin au rôle conciliateur de Deby dans le conflit soudanais ; toutefois, il continuera à tirer les ficelles en entretenant soit des groupuscules sur place ou en créant d’autres dissidences au sein de FRS dont un des membres influents a été longuement reçu  séparément  à Paris. C’est le prélude annonciateur des coups bas dont la facture sera payée par le trésor public, donc au détriment du peuple tchadien.

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad


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