Tchad : Le gouvernement au chevet de la Compagnie sucrière menacée par la fraude – Xinhua

Le gouvernement tchadien a décidé de créer un comité interministériel sous la présidence du Premier ministre, afin de revoir les difficultés réelles auxquelles est confrontée la Compagnie sucrière du Tchad (CST) et en trouver des solutions idoines, selon le compte-rendu d’un conseil extraordinaire de ministres tenu mercredi dans la capitale.

Le gouvernement a également décidé de « renforcer la lutte contre la fraude pour permettre à la CST d’écouler son sucre à travers des mesures strictes sur l’ensemble du territoire national « , ajoute le texte dont Xinhua a obtenu copie.

Le marché du sucre au Tchad en 2013 a dépassé les 120.270 tonnes, soit une consommation moyenne de 10,5 kg/hab/an.

Ces besoins nationaux ont été satisfaits à 30% par la production de la CST (dont le gros du capital est détenu par SOMDIAA, la multinationale française de l’agroalimentaire), et à 70% par des produits issus de la fraude et de la contrebande qui profitent de règlementations favorables des pays d’origine et d’une faible contrainte fiscale à l’entrée.

A cause de cette concurrence déloyale, la Compagnie sucrière a dû, l’année dernière, fermer son agglomérerie et sa confiserie de Farcha, à N’Djaména, licenciant du coup 380 agents.

Elle a également arrêté la production du sucre en pain et en morceaux, ainsi que l’importation.

Aujourd’hui, même la production du sucre en conditionnement est menacée. L’entrepôt de l’usine de Banda, au sud du Tchad et d’une capacité de stockage de 7.000 tonnes, est aujourd’hui débordée, le sucre est stocké dans la cour ou dans des entrepôts servant de garage ou d’atelier.

Depuis deux ans, les dirigeants de la CST ne cessent d’appeler le gouvernement à assujettir tous les acteurs du secteur à la même réglementation fiscale en vigueur, et à créer un ordre de régulation du marché sucrier qui devra décider de la marge à importer, de qui va importer et fixer les autres règles du jeu de la concurrence.

Aujourd’hui, ce cri est entendu.

« Le gouvernement facilitera et appuiera la CST pour son installation dans le Bahr Sara », conclut le compte-rendu.

En effet, la CST qui, en dix ans, a déjà fait un retour sur ses investissements est prête à implanter, au sud du pays et pour 426 milliards F CFA (environ 852 millions USD), une nouvelle usine capable de produire 173.000 tonnes de sucre (soit la consommation annuelle du pays), d’ici 2022.


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