Eufor: déploiement au Tchad de premiers éléments de la force européenne – Afp

Une vingtaine d’Italiens de la force de l’Union européenne (UE) au Tchad et en Centrafrique, chargés de la mise en place d’un hôpital de campagne à N’Djamena, sont arrivés dans la capitale tchadienne, a-t-on appris mardi de source militaire européenne.

« Les Italiens qui doivent installer l’hôpital à N’Djamena ont commencé lundi à acheminer leur matériel », a déclaré à l’AFP un officier de l’opération Eufor Tchad-RCA, précisant qu’il s’agissait pour l’instant d’une vingtaine de personnes.

En tout, une cinquantaine de membres de l’Eufor sont déjà présents dans la capitale, où ils installent une base arrière logistique, et une cinquantaine à Abéché, principale ville de l’est du Tchad, où sera situé le poste de commandement opérationnel.

Outre des Français, qui constitueront l’ossature de la force avec environ 2.100 des quelque 3.700 hommes attendus à terme, quelques Suédois, Irlandais et Néerlandais sont sur place.

« Il s’agit pour l’essentiel de +forces d’entrée en premiers+, chargés de préparer le déploiement du reste des éléments, de faire de la reconnaissance », a expliqué l’officier.

Selon Vienne, un détachement d’une quinzaine d’Autrichiens doit également arriver cette semaine.

Le général français Jean-Philippe Ganascia, qui commandera la force sur le terrain, depuis Abéché, est également arrivé au Tchad et devrait donner cette semaine le coup d’envoi local à l’Eufor, qui a obtenu lundi le feu vert définitif de l’UE, selon des sources militaires européennes.

L’arrivée du gros des troupes s’étendra ensuite sur plusieurs semaines, mais sera théoriquement achevée en juin, avant le début de la saison des pluies qui rend les déplacements dans l’est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique, zone de déploiement de l’Eufor, plus complexes.

Un demi-millier de Français du dispositif Epervier, présent au Tchad depuis 1986, doivent notamment basculer vers la mi-février sous mandat de l’Eufor, selon des sources militaires françaises.

Dans le nord-est de la Centrafrique, la force européenne prendra également sous son mandat les quelque 220 Français de l’opération Boali, qui disposent d’une « antenne chirurgicale avancée », auxquels s’ajouteront des éléments d’autres pays européens censés « multinationaliser » ce détachement.

A N’Djamena, le « camp Europa » qui doit accueillir la QG arrière de la force sera bientôt prêt, selon une source militaire européenne. A Abéché, le camp européen sera situé face à la base d’Epervier, de l’autre côté de la piste d’atterrissage de l’aérodrome, mais les travaux n’ont commencé qu’il y a une dizaine de jours.

Le poste de commandement avancé sera donc dans un premier temps basé auprès des installations d’Epervier.

Outre la France, les principales nations contributrices sont l’Irlande et la Pologne avec 400 éléments chacune, la Suède (200) et l’Autriche (160). Neuf autres pays ont promis aussi des contributions, parfois à confirmer: Belgique, Espagne, Finlande, Grèce, Italie, Pays-Bas, Portugal, Roumanie et Slovénie.

L’Eufor devra veiller à la sécurité de 241.000 réfugiés soudanais du Darfour dans l’est du Tchad et de 3.000 autres dans le nord-est de la Centrafrique, ainsi que des 179.000 Tchadiens et 20.000 Centrafricains déplacés, à l’intérieur de leurs pays respectifs, par les violences.


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