Les rebelles encerclent N’Djamena et disent vouloir négocier – Reuters

Les rebelles tchadiens ont annoncé vendredi que leurs forces avaient pris position autour de N’Djamena et ont sommé le président Idriss Déby de négocier en vue d’un partage du pouvoir sous peine d’attaquer la ville.

Les habitants racontent que le climat est tendu dans la capitale tchadienne. Les employés ne sont pas allés travailler et les rues sont quasiment désertes hormis des patrouilles et des checkpoints de l’armée. Des hélicoptères survolent la ville.


L’armée s’est déployée jeudi pour défendre les accès à N’Djamena, située dans l’ouest du pays, après l’annonce de l’avancée d’une colonne rebelle de 300 véhicules en provenance de l’Est, près de la frontière avec le Soudan.

Le gouvernement tchadien accuse le Soudan d’armer et de soutenir les rebelles. Ceux-ci luttent depuis des années contre Déby, qui s’est lui-même emparé du pouvoir en 1990 en lançant une révolte de l’est du pays.

Les rebelles semblent chercher à remporter une victoire rapide avant le déploiement, attendu à partir de la mi-février, de l’Eufor dans la zone frontalière avec le Darfour soudanais.

Interrogé sur Radio France Internationale, Timane Erdimi, dirigeant du Rassemblement des forces pour le changement (RFC), a déclaré que les rebelles avaient progressé jusqu’à 250 km de la capitale, puis s’étaient divisés et avaient pris position autour de la ville.

« Même aux portes du palais, nous sommes prêts à négocier un vrai partage du pouvoir », a-t-il dit. « Sinon, eh bien, nous serons forcés de lancer des hostilités pour chasser M. Déby du pouvoir. C’est simple », a-t-il ajouté. « C’est à M. Déby de choisir entre la guerre et la paix. »

TELEPHONES COUPÉS

Le gouvernement tchadien n’a pas réagi officiellement à ces informations et les positions des forces rebelles n’ont pu être confirmées de sources indépendantes.

Mais selon des sources militaires gouvernementales, l’armée a mis en place un cordon de sécurité tout autour de la ville. La dernière attaque rebelle dans la capitale remonte à avril 2006. Elle avait fait plusieurs centaines de morts dans les faubourgs et les rues de la ville.

Le palais présidentiel à N’Djamena est placé sous haute surveillance, indiquent les habitants. Les réseaux de téléphonie mobile ont été coupés et les habitants envoient leurs informations par email.

Les ambassades ont été invitées à conseiller à leurs ressortissants de rester chez eux et d’éviter les déplacements.

L’Eufor va déployer 3.700 soldats, dont la moitié de Français, dans l’Est du Tchad dans les semaines à venir.

L’un des commandants français de la force, le général Jean-Philippe Ganascia, a déclaré à RFI que les derniers événements devraient légèrement retarder l’arrivée des troupes européennes sans perturber énormément son déploiement.

Moumine Ngarmbassa, Version française Jean-Stéphane Brosse


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