Le Tchad s’impose au sommet de l’Union africaine après le Kenya – Afp

Le dossier du Tchad, où l’armée affronte de rebelles près de N’djamena, s’est imposé en urgence vendredi au sommet de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba, dont l’ordre du jour avait déjà été bouleversé la veille par la crise au Kenya.

« Nous étions déjà fort préoccupés par la situation au Kenya qui jetait son ombre sur les débats, mais cette attaque du Tchad nous inquiète d’autant plus qu’elle hypothèque le déploiement de la force européenne« , l’Eufor, a indiqué à l’AFP un fonctionnaire de l’UA en marge des débats.

« Pour notre force hybride (UA-ONU) au Darfour, le déploiement de l’Eufor (dans l’Est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique) était un soulagement, mais cette attaque remet tout en question », a commenté cette source.

Le président tchadien, Idriss Deby Itno, ne participe pas au sommet d’Addis Abeba. Il dirige les opérations de son armée qui tente de contrer des rebelles arrivés jusque une cinquantaine de km de la capitale.

Le chef de la délégation tchadienne au sommet, le ministre des Affaires étrangères Amad Allam-Mi, a lui passé la matinée de vendredi en consultations, notamment avec certaines délégations européennes.

Une réunion d’ambassadeurs de l’Union européenne (UE) consacrée à la situation tchadienne s’est également tenue vendredi matin dans la capitale éthiopienne, a-t-on appris auprès de l’un des participants.

L’envoi de troupes autrichiennes et irlandaises dans le cadre de l’Eufor, lancée cette semaine au Tchad et en Centrafrique, a été repoussé en raison de l’instabilité actuelle dans ce pays, a annoncé vendredi un porte-parole de l’Eufor.

Cristina Gallach, porte-parole du diplomate en chef de l’UE, Javier Solana, a elle lié l’offensive soudaine des groupes rebelles au lancement de l’Eufor, qui d’ici mai doit déployer quelque 3.700 militaires, dont 2.100 Français, 400 Irlandais et 400 Polonais.

Rattrapés par l’actualité tchadienne, les dirigeants africains n’avaient fait aucune déclaration officielle vendredi en début d’après-midi sur la crise au Kenya qui avait mobilisé le sommet la veille.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, après avoir pris par au sommet jeudi, s’est rendu vendredi à Nairobi pour appuyer les efforts des médiateurs dirigés par son prédécesseur, Kofi Annan.

La crise kényane, provoquée par la contestation de la présidentielle du 27 décembre, a déjà fait en plus d’un mois près de 1.000 morts et plus de 250.000 déplacés.

Toujours au chapitre des crises et conflits sur le continent, l’UA a également organisé une réunion d’urgence au niveau ministériel après les déclarations du président de l’Union des Comores, Ahmed Abdallah Sambi, qui a dit vouloir intervenir sur l’île autonome d’Anjouan « incessamment pour restaurer l’intégrité de l’Etat comorien« .

« Nous comprenons sa frustration, mais il faut tout de même poursuivre les négociations, d’autant que le pays +leader+ de notre force sur place, l’Afrique du Sud, n’accepte pas pour l’instant le principe d’une opération armée« , a indiqué un responsable du département paix et sécurité de l’UA.

Le colonel Mohamed Bacar, réélu président d’Anjouan le 10 juin 2007 à la suite d’une élection rejetée à la fois par l’UA – qui a une mission miliaire aux Comores- et l’Etat fédéral, refuse depuis d’organiser de nouvelles élections.

Absorbés par ces crises multiples, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA, devaient néanmoins se déterminer sur la succession d’Alpha Oumar Konaré à la présidence de la Commission de l’UA, organe exécutif de l’organisation qui aura notamment pour tâche de consolider son implication dans la résolution des crises africaines.


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