Tchad: N’Djamena attend, fébrile, une confrontation entre armée et rebelles – Afp

Les habitants de N’Djamena attendaient, fébriles, une confrontation dans la capitale entre rebelles hostiles au président Idriss Deby Itno et armée tchadienne, qui se sont affrontés brièvement vendredi matin à plus de 50 km.

Après une progression des rebelles pendant cinq jours en direction de N’Djamena sans rencontrer de résistance, de violents combats ont finalement éclaté sur le principal axe reliant l’est du Tchad à N’Djamena, peu avant la localité de Massaguet, située à 50 km à vol d’oiseau de la capitale, a-t-on appris auprès des belligérants.

Mais au bout d’environ une heure, les affrontements ont cessé sans que l’on sache pour l’instant à l’avantage de qui.

« Ce (vendredi) matin, les forces de défense et de sécurité ont détruit entièrement cette colonne (rebelle) après 40 minutes de combats. Les rescapés sont en débandade et la poursuite est en cours« , a déclaré l’état-major de l’Armée nationale tchadienne (ANT) dans un communiqué.

« C’est nous qui les poursuivons« , a rétorqué l’un des chefs de l’alliance des trois principales rébellions tchadiennes formée à la mi-décembre, Timan Erdimi. « L’armée nous avait attaqué une quarantaine de km avant Massaguet, mais nous les avons repoussés« .

Un porte-parole de l’alliance rebelle a précisé que ses troupes étaient à la mi-journée à l’orée de Massaguet. Un haut responsable tchadien a confirmé cette avancée, mais des sources militaires tchadiennes ont expliqué que l’ANT contrôlait toujours cette localité.

« Le grand combat aura lieu à N’Djamena« , a martelé Timan Erdimi, qui avait donné la veille jusqu’à ce vendredi au pour engager des négociations en vue d’un « partage du pouvoir ».

Cette offensive rebelle, la plus importante des dernières années, coïncide avec le lancement d’une force européenne (Eufor) censée venir protéger les réfugiés soudanais du Darfour voisin, ainsi que les déplacés tchadiens et centrafricains, dans l’est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique.

Vendredi toutefois, l’envoi de troupes autrichiennes et irlandaises – une soixantaine d’hommes en tout – a été repoussé en raison de l’instabilité du pays, a déclaré un porte-parole de l’Eufor.

Depuis 24 heures, une certaine fébrilité a gagné N’Djamena, où les communications sont compliquées par la coupure, dans la nuit de jeudi à vendredi, des réseaux de téléphonie mobile tchadiens.

Jeudi soir, des sources militaires donnaient les rebelles à 150 km de la ville, d’autres les signalaient beaucoup plus proches, « un peu partout autour« , divisés en plusieurs petits groupes. Les rebelles, eux, assuraient être « aux portes de N’Djamena« .

Alors que l’avancée sur plus de 700 km des groupes armés depuis le Soudan, où ils avaient établi leurs bases, avait été suivie pas à pas par les autorités, qui bénéficient des renseignements aériens collectés par les avions du dispositif militaire français Epervier, les rebelles avaient semblé plus difficiles à localiser au fur et à mesure qu’ils approchaient de la capitale.

Sous couvert de l’anonymat, certains responsables tchadiens ont même soupçonné la France de « cacher » certains renseignements.

Paris a dépêché nuitamment à N’Djamena, depuis Libreville, une compagnie de combat de 126 soldats français en renfort aux 1.100 hommes d’Epervier, officiellement pour assurer la sécurité de ses 1.500 ressortissants au Tchad.

Le ministère français de la Défense a fait savoir que la France s’en tiendrait à « un soutien logistique » et « une aide en matière de renseignement » à l’ANT.

Dans la capitale, les rues, quadrillées par un imposant dispositif militaire et constamment survolées par des hélicoptères tchadiens, étaient moins fréquentées que d’habitude, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le bitume des principaux axes, déjà mal en point, portait les stigmates des chenilles des chars déployés autour des bâtiments stratégiques.


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