Au Tchad, Hollande parlera-t-il des droits de l’homme? – RFI

Le président François Hollande effectue cette semaine une tournée africaine, qui le mènera en Côte d’Ivoire, au Niger et au Tchad, où il rendra visite aux troupes françaises. Les associations de défense des droits de l’homme tchadiennes craignent que cette visite se concentre sur les questions sécuritaires, et n’occulte la situation sociale et politique du pays.

A Ndjamena, le chef de l’Etat rendra visite aux troupes françaises. Il aura également un entretien avec son homologue tchadien Idriss Déby pour parler de questions de sécurité, alors que le commandement des troupes françaises au Sahel doit prochainement être installé à Ndjamena. Une visite placée sous le signe des questions de défense, donc, ce qui préoccupe une partie de la société civile tchadienne.

Le président de l’Association sociale des jeunes pour la défense des droits de l’homme (ASJDH), Eric Hervé Pando, craint ainsi que le président français n’oublie la question des droits de l’homme et des conditions de vie des Tchadiens : « La situation des droits de l’homme au Tchad, la question de l’impunité, le népotisme, la gabegie, la situation sociale des Tchadiens… il faut que Hollande prodigue des conseils à son homologue. Nous vivons mal. Les gens ne sont pas payés convenablement. Les droits de l’homme sont violés par le régime, par les plus proches du régime. C’est cela qui nous tient à cœur. »

Eric Hervé Pando aimerait notamment que le président Hollande demande que toute la lumière soit faite sur la disparition de l’opposant tchadien et membre de l’internationale socialiste Ibni Oumar Mahamat Saleh. Ce dernier a été arrêté par des militaires tchadiens en 2008, et n’est jamais réapparu depuis : « Il faut que ces hommes-là [disent] pourquoi Ibni a été enlevé, pourquoi il a été tué. Qui a orchestré ? Il faut que la justice aboutisse, qu’elle ait la liberté de travailler en toute indépendance, qu’elle ne soit pas dévouée au pouvoir. »

L’intervention de François Hollande sur le sujet pourrait faire avancer les choses, d’après le président de l’ASJDH, car les autorités tchadiennes tirent, au moins en partie, leur légitimité du soutien français : « Les autorités ici sont fortes parce qu’ils n’ont pas de pression extérieure. Il faudrait que Hollande – comme ils s’entendent – fasse injonction pour faire avancer le dossier Ibni. »

Au-delà de l’affaire Saleh, l’enjeu est celui du crédit apporté au régime Déby par la visite française, observe encore Eric Hervé Pando : « Cela nous met mal à l’aise que Hollande donne de l’importance à notre pays ou aux autorités tchadiennes, et honore les autorités tchadiennes, qui ne respectent pas les droits de l’homme, jusqu’à venir installer sa base militaire de commandement à Ndjamena. »


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1 commentaire

  1. Korei Djimi

    Toutes nos félicitations et encouragements à Eric Hervé Pando président de ASJDH pour ses contributions à la lutte pour les droits de l’homme au Tchad. Nous avons un petit message pas seulement à Mr F. Hollande, le président de la France Libre mais à toute la Communauté Internationale: Voulons-nous la paix et la quiétude, particulièrement en Afrique? Aidez-nous à nous débarrasser des dictateurs parce qu’ils croient et prouvent qu’en étant à la fois pompier et pyromane dans les violences, les crimes et atrocités contre l’humanité, des violations graves contre les droits humains contre leurs propres peuples, etc., ils continueront à être soutenus par la France et la Communauté Internationale.