Le calvaire des soldats orpailleurs.

La situation des orpailleurs tchadiens au Nord du Tchad, du Niger et même au sud de l’Algérie se dramatise. Comment en est-on arrivé à cette situation ? Au Tchad, s’il y a un problème qui n’a jamais trouvé d’issue depuis plus de 30 ans jusqu’aujourd’hui c’est le problème de réinsertion des éléments armés issus de nombreuses révoltes. C’est une situation sciemment entretenue par les différents pouvoirs surtout par Mr Deby lui-même pour deux raisons : d’abord, si rancunier qu’il est, il n’a jamais toléré de bon cœur la présence au sein de sa milice ceux qui lui ont donné des sueurs froides ; ensuite dans les milieux initiés on emploie un jargon qui signifie en dialecte « laissez-les, qu’ils usent leurs savates », en d’autres termes il faut mettre ces anciens rebelles en diète noire en les poussant à l’extrême paupérisation jusqu’à ce que le manque des besoins les plus élémentaires les pousse à venir s’agenouiller devant le dictateur avec leur mea culpa sur le plateau de repentance. Or toute sensibilité confondue les ex-rebelles avaient unanimement refusé de s’assujettir à ce supplice obligé. Et ils se sont dits : « Allah Kerim ».

Naturellement les voies du seigneur sont nombreuses. La découverte de l’or au Nord du Tchad en est une ! Avec des détecteurs des mines, ils trouvaient des filons qui leur rapportaient des centaines des milliers de CFA. C’était alors la ruée vers le nord ; au début il s’agissait des radiés de l’armée et surtout des éléments des ex-rebellions marginalisés par le régime, mais très rapidement ce fut le tour des jeunes chômeurs frappés par le marasme économique engendré par la mauvaise gouvernance du système, de prendre le chemin du Nord. Pour ce régime, incompétent dans tous les domaines, incapable de gérer des évènements sociaux, la découverte de ce don de Dieu qui permet aux pauvres de se passer de ses largesses est simplement inconcevable et intolérable.

Alors Mr Deby a d’abord instruit les autorités locales d’interdire l’accès dans les différentes zones de prospection, ensuite il a personnellement supervisé le déguerpissement en envoyant une unité de sa protection qui a utilisé comme il fallait s’y attendre ses moyens habituels : la violence physique contre les orpailleurs ; ceux-ci se sont vus déposséder de leur matériel de prospection, leurs moyens de communications arrachés et brulés, et sont sommés de quitter les lieux. Les jeunes gens se sont tout simplement déplacés de l’autre côté de la frontière, dans le territoire libyen et continuer leur travail. D’autres plus nombreux sont rentrés dans le territoire nigérien sur la même bande géographique. Le gouvernement nigérien aurait accueilli à bras ouverts les tchadiens, des structures d’accueils ont été mises en place, et des comptoirs d’achat sous la supervision des éléments de la direction des taxes et impôts, installés.

Selon des infos recueillies, la moisson était fructueuse, alors c’est la désertion en masse au sein de la garde rapprochée de Deby. Ceux qui sont sur place encourageaient leurs frères à jeter les kalache dans le Chari et les rejoindre immédiatement. « On ne va pas rester ici à garder un individu avec la faim au ventre, », telle fut le mot d’ordre. Du Colonel à l’homme du rang, c’est qui sera le premier à être sur place, sous les encouragements de ceux qui y sont déjà. Certains sont même partis avec les véhicules de service.

Informé de la défection massive des éléments de sa garde rapprochée, Deby aurait téléphoné directement au président nigérien (qui ne peut rien refuser à IDI) et lui aurait demandé d’expulser tous les tchadiens orpailleurs et lui aurait donné par la même occasion la ferme autorisation d’ouvrir le feu en cas de résistance. Et on connaît la suite.

Correspondance particulière (N’Djamena)


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1 commentaire

  1. A. Donadji

    Mr Nanguita, où voyez-vous de la passion dans cet article? Ou encore de la haine? C’est peut-être la lecture des traits psychologiques du sieur Deby  sous la plume de l’auteur (qui semble bien le connaître) qui vous fait voir les choses de cette façon. Quant au parti pris…l’on peut vous faire remarquer que ce site n’est pas celui du « journal » Le Progrès.
    Cela dit, OUI, il faut livrer l’information et débattre objectivement, sans passion, sans haine.