Les en-dessous du conflit CNPCI/Etat tchadien.

A travers la configuration des services qui gèrent le dossier pétrole et partant les produits subséquents, on s’aperçoit sans trop d’efforts que c’est tout un réseau maffiosi autour de la première Dame qui tire toutes les ficelles du dossier du pétrole de l’amont à l’aval (vente du brut, octroie des permis, transactions mafieuses, hypothèques, « gageage » etc.). Selon plusieurs sources, Mr Deby est complètement hors circuit en la matière, et c’est la première Dame qui suggère ou décide et le ministre du pétrole est chargé uniquement et strictement à conférer aux dossiers les formes juridiques et administratives requises.

Le staff de la haute magouille est composé du TPG (beau fils de Deby), de Seid Deby (fils de l’autre), de Brahim Hissene Bourma (petit frère du TPG et beau-frère de la première Dame), Directeur commercial de la SHT dont le bureau est délocalisé à Dubaï et enfin du DG de SHT (beau frère du TPG). Comme on pourrait le constater ce sont des maillons d’une même chaîne ; elle a la haute main sur tous les circuits du brut, des permis jusqu’aux ventes du pétrole tchadien. Selon les mêmes sources, la mafia a presque tout dilapidé et toutes les sources sont en voie de tarissement : les parts du brut ont été hypothéquées, l’argent est perçue d’avance, tous les permis y compris les rendus du consortium ont été bazardés. Alors Les ressources pétrolières commencent à manquer et comme on savait que les principales entrées ne proviennent que du pétrole, la bande n’a pas d’autres choix que de s’attaquer aux chinois qui ne sont pas très prolixes vis-à-vis de la maffia organisée, comme les autres postulants aux permis.

Comment comprendre sinon qu’un conflit entre deux contractants puisse être réglé à coup des décrets ? La sécurité juridique, financière et administrative du pays d’accueil étant des conditions sine qua non pour qu’un investisseur franchisse le pas, et ce qui vient de se passer est un très mauvais signal envoyé à tous les futurs potentiels investisseurs au Tchad. La bande était convaincue qu’elle ne pourrait pas agir les chinois, comme elle avait l’habitude de le faire avec les autres compagnies et elle savait aussi que les permis actuellement détenus par les chinois sont les seuls potentiellement viables à moyen et à long terme, alors elle a décidé de passer par des petites portes totalement illégales afin d’exproprier les chinois et brader les permis ainsi récupérés ; C’est le seul et unique objectif de ce branle à bas des décrets complètement illégaux. La bande a alors utilisé les méthodes des Etats voyous, des régimes dictatoriaux qui piétinent leur propre législation et font fi des accords et des traités établis avec les tiers. En matière de contrat entre des partenaires, les outils de règlement des conflits, de conciliation, des sanctions et d’éventuelles amandes, sont contenus dans ce même contrat et cela se règle devant des tribunaux. Toute autre méthode qui se rapproche de « l’effet de prince » est tout simplement illégale et propre aux régimes mafieux.

Le régime de Deby est un habitué en matière d’arnaque des investisseurs : ce fut le cas avec le Projet SIDIGUI, où au moins 4 investisseurs ont été arnaqués ; on se rappelle qu’il y a eu même mort d’homme. Jusqu’à ce jour SIDIGUI n’a pas été exploité parce qu’il est le fond de commerce de Deby, l’objet des perpétuelles spéculations. Pour le seul SIDIGUI, Deby et sa famille aurait reçu plus de 460 millions des dollars US.

Les taïwanais sont aussi passés par là ; seuls les concernés et Deby connaissent le montant dont ils ont été spoliés en investissements ou en bakchich.

Aujourd’hui, c’est apparemment le tour des chinois et il semble que les investissements sont extrêmement importants et les chinois ne sont pas des petits amateurs en la matière, ils feront payer cher le Tchad, sauf si leur politique tiers- mondiste est mise en avant.

Cette habitude d’arnaque érigée en conduite quotidienne avec les partenaires, non seulement détruit la crédibilité et l’image du pays mais aussi laisse une ardoise salée aux tchadiens. Les différents spoliés rentreront dans leurs droits à un moment où à un autre, au détriment du contribuable tchadien. Mais pour Deby et sa bande, après eux advienne qu’adviendra : le déluge ou autres calamités.

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad

 


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