La communauté Toubou évite sagement le piège tendu par Deby.

Quand il y a deux semaines, le problème d’orpailleurs commençait à peine à prendre de l’ampleur, une équipe des douaniers conduite par Saley Deby a procédé d’une manière tonitruante et avec un excès de zèle indescriptible, aux rafles, avec leurs chargements, de tous les véhicules de transport des marchandises et des personnes, qui effectuent des navettes entre le sud libyen et le BET. La raison principale évoquée est que ces véhicules sont utilisés dans des opérations frauduleuses. Si tel est le cas, la législation douanière en la matière est explicite : si les marchandises sont prohibées elles sont purement et simplement confisquées et les contrevenants passe devant la justice, dans le cas contraire, en sus de dédouanement classique une amande proportionnelle à la taille du délit est infligée auxdits fraudeurs. Il est bien entendu que toutes ces opérations devraient se faire sur place étant donné que le bureau de Bardai est un bureau principal.

Le tout puissant directeur des douanes ne s’encombre pas de ces détails inutiles qui n’intéressent que les gratte-papiers. Il a conduit les véhicules et leurs chargements directement à N’djaména où tout s’est évaporé comme de la fumée ! En réaction de ce déni de justice, les toubous saisissent à Sebha plus de 9000 dromadaires appartenant aux commerçants tchadiens et destinés aux marchés libyens. Ils demandent donc la restitution pure et simple de leurs biens sinon ils se feront justice en vendant les dromadaires. C’était une réaction inattendue à laquelle N’djaména n’avait pas pensée et garda un mutisme gêné jusqu’à la dernière visite du Sultan à Bardai. Après avoir chargé les Béris et autres goranes « étrangers à la région et qui veulent piller les ressources locales », le Sultan a déclaré, devant un parterre des notables stupéfaits, qu’il a donné l’ordre à ceux qui ont saisi les chameaux de les bazarder et indemniser ainsi les propriétaires des véhicules saisis par Saley !! La nouvelle était tellement incongrue qu’elle s’est répandue comme une trainée de poudre d’un fusée ; elle a atteint naturellement les propriétaires des véhicules à SEBHA mais encore au-delà et au-delà encore.Les notables n’en reviennent pas; on vend aux enchères les biens des pauvres commerçants pour dédouaner les actes d’un trublion zélé ?? Après le départ de Mr Deby, les notables ont appelé tout ce qui se dit Toubou et qui vit encore sur cette terre : de la diaspora e, passant par des hommes politiques (l’intervention de l’un d’eux a été très décisive) des sages et des notables de deux côtés (libyen et tchadien) de la frontière. De cette concertation à grande échelle, il ressort ceci :

– D’abord, tous les chameaux n’appartiennent pas aux seuls Béris, au contraire plus de 80% appartiennent à des petits et grands commerçants bien connus installés depuis des décennies à Biltine, à Abéché et à Om Hadjer et dont l’exportation des chameaux sur pied vers la Libye constitue leur principale activité. Ensuite, soit même si la totalité des chameaux appartiennent aux Béris, est-il logique, licite et légal que les toubous fassent payer à l’ensemble de la communauté les actes commis au nom de l’Etat par un responsable de l’administration en mission officielle ??

-De ce qui précède il a été décidé unanimement- y compris les chefs de guerre entretenus par Deby par le biais du DG/ANS- de relâcher de tous les chameaux sans exception. Ce qui fut fait ce samedi 16 aout 2014.

C’est une position politiquement correcte et socialement sage qu’il faut saluer à sa juste valeur. Mais au-delà de cette péripétie tragicomique, la grande question que tout le monde se pose dans la région est la suivante : pourquoi Mr Deby s’évertue-t-il à réveiller les vieux démons et déploie tant d’efforts physiques que matériels à vouloir attiser la tension dans la zone après des tentatives similaires mais vouées à l’échec au Darfour, et surtout chercher à opposer les toubous aux zaghawas ? De l’avis de beaucoup d’observateurs et de son entourage direct, deux mobiles dicteraient ce comportement satanique : soit le monarque cherche à se dédouaner de ses dérapages génocidaires commis dans la région et sur les populations civiles pendant la révolte de défunt Y. Togoimi en doigtant les zaghawas comme seuls responsables des mauvais traitements subis par la population locale à l’époque, soit, en maniaque schizophrénique il chercherait à créer des révoltes qui lui permettraient de détourner l’attention de l’opinion sur sa faillite politique, économique et sociale à tous les échelons de l’Etat. Cela lui permettra aussi de prendre des décisions illégales et extrajudiciaires pour s’adonner à ses jeux favoris à savoir l’arbitraire et la violence, mais aussi de puiser sans pudeur et vergogne de ce qui resterait encore des ressources du Pays.

Attiser et fomenter des coups imaginaires dans son propre pays pour se pérenniser au pouvoir est un vieux disque dont le formatage s’avère maintenant impossible. D’abord aucun Béri ne s’hasardera encore dans les grottes de Tibesti à la poursuite des Toubous ; déjà la première ardoise a été très salée pour cette communauté et ce d’autant plus que Mr Deby, égal à lui-même, a mis dans la rubrique « pertes et profits » tous ceux qu’il a prestement poussé au mouroir dans les grottes du Tibesti et in fine sans aucun égard à leurs veuves et orphelins. Ensuite Mr Deby souhaite sectoriser la révolte du peuple tchadien en la clanisant comme il avait bien reçu au Darfour, qu’il se détrompe tout indique la communauté Teda n’est pas dupe d’entreprendre une telle aventure en solo. Le cas Deby est devenu national et global.

En bon monarque au crépuscule de son règne, Mr Deby multiplie les provocations en direction de sa communauté pour leur montrer qu’elle n’est rien sans lui, or si amnésique qu’il est, il oublie l’histoire récente de son parcours. Il a été porté au-devant de la scène par la pression exercée sur Hissene Habré par les combattants de Béri des FAN alors que, nouvellement rentré de son stage, il hésitait entre l’exil et les FAT de Gal Kamougué. Depuis lors les Béri ne se sont jamais lassés de le porter sur leurs faibles épaules et de le supporter ; quant à lui, il les a considérés comme son « remote control » en les utilisant, les abusant et en les usant au maximum. Pourtant Ils l’ont suivi partout de la sale guerre de 1980 entre les frères ennemis en passant par celle contre la Libye, celles qui lui sont propres à savoir celle du MPS, du MDD, du FNT, du MDJT, FARF, CNND, FUCD et enfin celle de Darfour. Combien des Béris s’étaient faits massacrés pour maintenir Deby dans son fauteuil ? Heureusement que les Béri ne font pas dans la dentelle en matière de mariage ; illégal ou légal, licite ou illicite, ils ne cherchent pas les détails, cela assure certainement le renouvellement démographique de la communauté ; sinon Mr Deby les aurait décimés complètement.

Les Béris ont deux dictons caractéristiques pour désigner un semblant de pouvoir dont ils ne bénéficient de rien : « se salir de la sauce d’une boule qu’on n’a pas mangé » en d’autres termes être victime d’un pouvoir dont on n’a pas goûté les délices. Et « être comme un chien dont la tête est aspergée de sauce » c.-à-d. on sent l’odeur sans arriver à la lécher. Contrairement à ce que l’opinion publique tchadienne pense de la communauté, plus de 80% de Béri sont dans ces deux situations. Il est en conséquence que l’opinion se départît de cet amalgame en culpabilisant toute la communauté Béri laquelle doit se rapprocher des autres pour mener un combat national pour   dégager le despote.

Correspondance particulière
N’djaména – Tchad

 


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1 commentaire

  1. Mahamat

    Oh les Beris, arrêtez de pleurer, le temps de razzia et de vols de chameaux que vous faisiez dans le temps est révolue. Vous vous êtes trop enrichis avec Deby et vous racontez toutes ces histoires parce qu’il est maintenant contre vos intérêts. Deby est le fruit inlassable des vos efforts, nous avons subi et vécu pendant 23 ans ce que vous avez juste commencé a subir. Vous nous avez amené ce diable et l’avez maintenu et entretenu pendant des années et ce même diable s’est retourné contre vous car le diable est un diable et mangera ses propres enfants un jour.