Deby recule, de nouveau.

À force de vouloir chercher à piétiner et à humilier les autres, Deby était à un doigt de l’être à son tour ! En effet, la fameuse affaire des orpailleurs a failli, pour une fois, emporter Deby, son régime et toute sa cliquaille. Pour revenir à cette histoire au risque de se répéter, les agissements rocambolesques de Mr Deby répondent à une seule préoccupation : la hantise de revivre la reconstitution des rebellions du Darfour. En d’autres termes, ces ex-rebelles, qu’il a humiliés en les déshabillant publiquement à Moussoro, se reconstituent d’une manière ou d’une autre sous couvert de la recherche des pierres alluvionnaires et s’enrichissent ; en conséquence en trouvant suffisamment de l’or qui leur permette de s’acquérir sans difficultés des Toyota tout terrain au sud libyen voisin. C’est inadmissible pour le Sultan qui a voulu que ces effrontés, après les avoir radiés sans concession quelconque, les avoir faits marcher à pieds et bouffer de la poussière, ils se renaissent là où il ne s’y attendait guère : le don du Seigneur Clément et Miséricordieux ! Cela ne fait pas naturellement l’affaire de Deby et la suite, on la connait.

Le régime étant bâti sur un soubassement clanique notoire, l’affaissement d’un pan de l’édifice entraîne sans nul doute l’écroulement de toute la bâtisse ; c’est ce qui a failli se passer.

Dans ses étourderies sans limites Mr DEBY a bousculé un tabou auquel l’instinct humain se rebiffe spontanément : les intérêts. Pour la première fois depuis 25 ans, le clan a senti que ses intérêts sont sérieusement menacés par le Sultan qui n’était pas allé sur le dos de la cuillère pour toucher tout le monde y compris sa famille in situ. Alors c’était la révolte générale et généralisée ; cette grogne a atteint tous les milieux y compris ceux des militaires qui ont, au cours d’une des nombreuses réunions, osé poser en haute voie la question sacrilège que personne n’a jamais faite, même en rêve: « mais si Deby n’est plus le président du Tchad, est ce que le soleil va se lever à l’ouest et se coucher à l’est ? » La question a été reprise en chœur. Informé, Deby panique, fonce sur N’djamena, se terre au palais et file le bébé au PM.

Mais pour autant l’affaire n’est pas terminée. Les nombreux cousins conseillers, les sœurs et les neveux se relaient depuis une semaine pour trouver une porte de sortie à un Deby hébété et redescendu sur terre. Comme d’habitude, des décisions contradictoires et incohérentes ont commencé à se mettre en place. La mission du Gal Okki Daggache est apparemment mise fin et il aurait été demandé à OKI et sa suite de rentrer à N’Djamena ; les véhicules des membres du clan (13% sur les 1137 répertoriés) seront indemnisés (comme il est interdit aux civiles de posséder les toyotas pick up, ces derniers ne seront pas retournés) ; l’or pillé par les militaires sur ordre personnel de Deby et le matériel détruit seront remboursés (uniquement aux membres du clan) ; toutes les personnes déportées dans les différents bagnes seront libérées. Des cas des personnes tuées par les militaires ou les populations, des personnes mortes de soif, disparues, etc., sont à l’étude.

Voilà comment fonctionne l’Etat sous Deby, des différentes décisions pour les mêmes citoyens mais à échelle variée !

Correspondance particulière
N’djamena – Tchad

 


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