Les Brèves de N’djaména : Salon International des TIC

Un flop sans précèdent !! Deby a invité tous les chefs d’Etat de l’UA, il n’y a eu que le voisin nigérian qui espère avoir l’appui « des mercenaires de Deby » pour combattre Boko Haram, et le Président en exercice de l’UA, le mauritanien Ould Abdel Aziz. Il devient de plus en plus évident que beaucoup des Chefs d’Etat cherchent à éviter le chef de canton autant que faire se peut. Autant il devient infréquentable autant  on aimerait abuser de sa prodigalité pour l’utilisation tout azimut de son armée sans se frotter à lui. C’est une grande gifle diplomatique et politique surtout quand on remarque l’absence quasi unanime des pays de la CEMAC et ceux de Cen-SAD qui sont considérés des pays de la sphère fraternelle du Tchad. C’est une première dans les annales des relations interafricaines.

Insolites ! Le barrage de Kari -Yari – Il se passe des choses bizarroïdes au cantonnât de Deby : On se rappelle qu’aux premières heures  de son arrivée au pouvoir, au moment où le régime tourabiste de Khartoum et le MPS étaient dans une fougue d’alcôve, il fut décidé d’ériger un barrage dans le wadi frontalier de Bahaï. Ce fut l’affaire personnelle des Deby : le président, le DG de SNER et le Chef de canton de Bahaï, mais les financements étaient publics et uniquement tchadiens. Les soudanais qui avaient promis de financer la moitié de l’ouvrage n’avaient finalement rien donné. Ils ont participé en des belles parlottes, dignes des griots du harem du sultan Ali Dinar. Finalement c’est le Tchad qui avait tout financé de bout en bout.

L’ouvrage qui avait connu un début d’exécution difficile fut finalement bien apprécié par les communautés nomades et sédentaires de deux pays, il aurait changé complètement l’écosystème de la région. Mais depuis, les relations entre les deux pays se sont refroidies, l’amour entre les communautés Béris de deux rives de Bahaï a été dégradé par les différentes rebellions. Ajouter à cela la destitution du chef de canton de Bahaï au profit de son grand frère de président. Et comble de lèse-majesté, les populations locales ne se rappellent plus ou feignent oublier que  c’est par la bonté de I. Deby que l’ouvrage a été construit. Alors tout cela a fâché le chef de canton (le nouveau) et a fait démolir purement et simplement le barrage, sans tambours ni trompettes ! Il n’y a plus de barrage de Kari Yari.  Cela fait partie des bonnes œuvres du chef de canton de président de Bilia ! Au grand dam des populations locales des deux côtés du ouadi mais surtout des réfugiés soudanais qui tiraient leur survie en partie de l’exploitation de ce barrage.

L ‘exportation des ânes sur pieds – Est ce qu’on sait qu’il n’y a presque plus d’ânes au nord d’Iriba, en particulier dans le canton de Bilia ? Selon la population locale, c’est depuis un bon bout de temps que Deby aurait décidé que l’âne n’a pas de propriétaire et qu’il appartient à l’Etat. Des lors, tout âne retrouvé quelque part ou chez quelqu’un est immédiatement saisi, mis en fourrière pour quelque temps avant d’être exporté vers le Nigeria. Ça se passe au pays des Deby !

« Nous ne pouvons pas se partager les toyotas land cruiser avec les autres ! » dixit Timan Deby. Traduit en langage compréhensible cela signifie tout simplement que tout le monde ne peut pas utiliser un land cruiser, celui-ci doit être exclusivement réservé comme monture des princes. Selon plusieurs sources, la saisie systématique de tout véhicule Toyota pour diverses raisons fallacieuses, surtout ceux détenus par les ressortissants du canton de Deby, répondrait à cette déclaration faite 4 ans de cela par   Timan Deby. Seuls les membres de la famille de Deby ont droit de circuler en toyota dans l’est du pays.

Par ailleurs on vient d’apprendre qu’après la grogne prise très au sérieux par le sultan, au-delà de la 16ème parallèle il n’y aura pas de saisie de véhicules Toyota, pour le reste l’arbitraire et la résignation font bon ménage.

Mahamat Ahmat
N’djaména – Tchad


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