La nouvelle trouvaille de Mr DEBY : Le concept culturel.

Les téléspectateurs de Télé Tchad ont certainement retenu la nouvelle rhétorique que le Sultan se démenait à l’employer en boucle comme un mauvais casting d’une mauvaise séquence d’un mauvais film lors de l’audience qu’il a accordée au Comité Islamique après la grande prière d’Aid Aladha : La culture de nos ancêtres !

En effet au cours cette audience, Mr Deby a abordé trois sujets pour fustiger les uns et les autres.

  • Au premier point il s’en est pris violemment aux occidentaux en général et aux français en particulier les qualifiants des grands pilleurs des biens africains, lesquels biens avaient constitué le soubassement et la source principale de la construction et le développement de l’Europe ; en d’autres termes, si les européens sont sincères pour combattre les biens mal acquis, il faudrait qu’ils commencent d’abord à nous restituer ce qu’ils avaient pillé pendant des années durant, avant de nous donner des leçons de probité en la matière. Dans la même ligne de mire, le Sultan s’est attaqué à ceux qui font toujours le pied de grue devant les ambassades pour colporter des mensonges et des médisances sur les frères, selon lui ; cela ne fait pas partie de notre culture de s’aplatir de la sorte devant les blancs a-t-il martelé ! Seigneur pourquoi cette sortie abracadabrantesque contre ses mentors ?

On sait que Mr Deby est un individu qui a tendance à l’extraversion, tendance à charger les autres de ses propres turpitudes; en ce sens qu’il n’a pas des leçons à donner en matière d’aplatissement devant ses blancs si on se rappelle comment il s’est aplati devant l’ancien Président français pour évacuer le dossier de « arche des Zoés » et ce, au détriment de sa propre personne, des hautes responsabilités qu’il incarne et surtout au détriment des droits des victimes et de leurs familles ! Pour répondre à la question ci-dessus posée, il faut rappeler qu’aucun valet africain n’a le droit de marmonner contre ses mentors ; si tel est le cas, ceux-ci ne tardent pas à s’en débarrasser sans aucun état d’âme ; tel a été le sens de tous ces coups d’Etat postindépendance que nous avions vécus ou tout récemment le cas Sankara et Morsy. Alors quel sens donné aux jérémiades d’un Deby au bord de l’explosion ? En despote vigilant, le locataire de Djambalgato a le flair; en fait, il sent que sa bérézina risque de prendre fin par manque des nouvelles missions et par la résurgence d’une nouvelle offensive de plus en plus appuyée par les forces de gauche contre lui, contre la faillite de son administration en matière de gouvernance et surtout contre son système de manière globale, lequel tend vers un népotisme sans pareil. Dans ces conditions, il risque d’être congédié pour « manque des nouvelles commandes». Or il en est très conscient qu’en dehors des missions périlleuses qu’on lui confie et qu’il excelle pour l’exécution, il n’a aucun intérêt vénal. Alors il s’agite, gesticule et ronronne pour signifier à ses mentors qu’il existe et qu’il leur servirait toujours.

Justement pour les observateurs, il n’y aura pas nécessairement à court terme d’autres missions à lui confier sachant que l’épopée malienne est, en ne point douter, à sa limite. La mauvaise gestion du contingent tchadien par la hiérarchie du MUNISMA et la désinvolture du Président malien envers les troupes, ont agacé au plus haut point l’opinion tchadienne et l’Etat-major tchadien qui réclament un retrait immédiat de nos troupes. Du côté centrafricain l’alerte est au maximum dans tous les pays de la CEMAC pour parer aux éventuels coups fourrés venant de l’autre côté du Chari, et pour ce faire, les troupes françaises étant pour une fois avec les Bantous, tous les faits et gestes directs ou indirects du tchadien sont scrutés scrupuleusement et signalés « partout où besoin sera » ; ainsi aucune fausse note ne sera tolérée dans toute la zone. Quant au dossier libyen, la parenthèse a été brutalement fermée à la demande sèche d’un partenaire qui a été toujours considéré comme soft et malléable, le Soudan. Les occidentaux qui avaient espéré que l’intervention directe ou indirecte des tchadiens changerait la donne en faveur du Général HAFTER viennent de revoir complètement leur stratégie en défaveur de leur poulain libyen. Ainsi donc aucune perspective ne se pointe à l’horizon qui puisse permettre au Sultan de se faire congratuler par ses mentors, d’où sa sortie fulgurante devant le Conseil Islamique.

  • Deuxième point non moins incongru évoqué à cette audience : la prostitution. Devant une assistance désarçonnée, le Sultan a posé la question de la prostitution dans les milieux musulmans à N’djaména en insistant avec force que cela ne fait pas partie de notre culture. On a appris par les frères lacustres que le poisson pourri par la tête ! Entendre Mr Deby pérorer sur la prostitution est un sens pour un responsable dont l’essence de son pouvoir repose sur la dépravation des mœurs. En effet aux élections de 2001, les charlatans lui ont signifié que pour la pérennisation de son pouvoir il faudrait qu’au moins 70 saintes vierges passent sur son lit. En dehors de cette pratique rituelle, il est notoirement connu que la délinquance est une seconde nature dans tout son entourage direct. Comment pourrait-on imaginer de ce fait qu’un pouvoir qui a érigé la délinquance comme support d’accession à tous les échelons de l’administration et banalisé le vagabondage sexuel et la dépravation des mœurs, puisse se rappeler par un effet magique que la prostitution ne fait pas partie des pratiques culturelles tchadiennes ? Par ailleurs, en demandant aux petits marabouts des quartiers de faire cesser la prostitution, Mr Deby oublie pratiquement qu’il est le Chef de l’Etat de ce pays et qu’il y a des institutions spécialisées avec des outils préventifs et coercitifs pour combattre un tel fléau ! Voilà comment le pays est géré par des individus qui oublient ce qu’ils sont ! En réalité quand un individu oublie ce qu’il est, on dit qu’il atteint de maladie d’ALZHEMEIR donc inapte de remplir convenablement ses fonctions, tel est aujourd’hui le cas Deby.
  • Dernier point évoqué par le Sultan, une menace à peine voilée en direction des journalistes. En s’adressant aux journalistes, Deby leur a fait savoir qu’insulter gratuitement les gens innocents ne fait pas partie de notre culture ; désormais les journalistes sont avertis, les écarts de langage et d’écrits ne seront plus tolérés dans son royaume.

IL devient évident de tout ce qui précède qu’il vaudrait mieux d’instituer la révolution culturelle, mais seulement ceux qui l’ont institutionnalisée avaient payé de leur vie !
Madji Ngon Madji


Commentaires sur facebook

1 commentaire

  1. Mahamat

    Tout est arrivé avec le MPS, prostitution, délinquance (d’ailleurs ses ministres font le gaada), braquage a main armée, tueries. Avant notre pays était saint, Deby en premier a tué nos cultures et mœurs, je connais personnellement certaines des 70 filles qu’il les a utilisé comme des jouets sexuels par l’entremise des ses proxénètes.