Tchad, un Etat en faillite.

C’est un euphémisme mal placé de dire que le Tchad est mal gouverné; en effet le pays est très mal gouverné. Mr Deby a non seulement bradé les ressources pétrolières (10%) réservées pour les générations futures mais est en train d’assombrir l’avenir de ces mêmes générations en mettant le pays dans une situation financière exécrable. Depuis bientôt deux ans, il a entièrement privatisé toutes les régies financières au profit des membres de sa famille, rien ne rentre donc au trésor public venant de ces régis. Les différentes gymnastiques destinées à détourner l’argent du trésor public ont atteint le paroxysme et ont commencé à s’effilocher, voire définitivement cessé ; alors on passe à l’étape supérieure en détournant purement et simplement les régies sous forme de privatisations. Le premier élément à subir les contre-coups de ces dénis de l’administration financière est sans aucun doute les finances publiques et naturellement cela crée un étiage des flux des liquidités au niveau du Trésor Public. Alors pour faire fonctionner l’état et payer les salaires, on a recourt aux emprunts auprès des banques locales et des pays amis. Cela se fait en dehors de tous les circuits administratifs et les rouages de l’état ; tous les corps de l’administration assistent en spectateurs impuissants devant ces pratiques de non État. Ce qui est encore plus grave est l’attitude des institutions financières internationales; malgré l’état désastreux des finances publiques du pays, les prêts affluent (FMI, BDEAC, BID, etc.) lesquels prêts sont allègrement détournés au vu et au su de ces mêmes préteurs. Que cela ne tienne, mieux encore ils poussent le Tchad à signer davantage des accords qui ne seront jamais respectés. A leur instigation, le Tchad avait signé avec le pool des bailleurs des fonds un accord appelé « point d’achèvement » qui fixe quelques critères de performance à atteindre avant que le Pays accède aux crédits concessionnels. Après avoir été repoussé par deux fois, le dernier délai était fixé au 31 décembre 2014, après des interventions appuyées des parties françaises compte tenu du rôle qu’on lui a assigné pour ses opérations contre le terrorisme mondial. Depuis lors, la situation s’est empirée davantage et comme il fallait s’y attendre, le Tchad a violé plusieurs conditionnalités dont la principale, à savoir : « le Tchad n’est pas autorisé à contracter des prêts non concessionnels avant la fin de la revue. ». Or, des prêts hors normes économiques et financiers ont été non seulement contractés mais le produit a mystérieusement disparu.

Ajouter à cela le cri d’alarme du pool bancaire à l’endroit de l’État et des bailleurs; en effet depuis plus de quatre mois, le Ministère des Finances payait le salaire des fonctionnaires sur prêts empêtrés des banques locales, malheureusement ces emprunts restent non remboursés ce qui met en mal la solvabilité des banques et risque d’hypothéquer l’avenir immédiat de quelques banques de la place.

Selon plusieurs sources du Ministères, si d’ici le 31 décembre 2014, aucune issue miraculeuse n’est trouvée, le Tchad sera immanquablement déclaré État insolvable. Toutefois, tous les regards se tournent vers la France et de son Président pour soutenir leur allié le plus malléable et corvéable à leur cause bien sûr avec la complicité bienveillante des bailleurs des fonds qui, pour des raisons mafieuses, continuent à soutenir un système dont la légitimité se repose sur le pillage systématique des ressources nationales pendant que de jour en jour la population se meuve dans la misère.

C’est un pays exsangue que Deby veut léguer aux générations futures, il est temps de le stopper.

Correspondance particulière
N’Djaména – Tchad


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