La disparition à terme d’un symbole.

Ce jour du vendredi 7 novembre 2014, Mr Deby a envoyé le préfet de Dar Kobé (Iriba) accompagné de tous ses collaborateurs civils et militaires à Tiné pour signifier et notifier à la population que désormais le marché hebdomadaire de bétail à Tiné est définitivement fermé. De ce fait, à partir de ce jour, ledit marché est transféré officiellement à Amdjeress. Certes la petite bourgade de Tiné n’a pas une bonne réputation, ce qui est d’ailleurs dû à la mauvaise gestion administrative du MPS qui considère que Tiné est une ville martyr où des combats les plus décisifs contre les Fans avaient eu lieu et où les plus téméraires de ses hommes avaient laissé leur vie.

Ainsi donc des opportunistes nostalgiques d’une autre époque et de tout bord ont accaparé le village et l’ont même détaché complètement de la tutelle du département pour l’ériger en zone franc où on a institutionnalisé le faux et la contrebande. Malgré cette mauvaise réputation, Tiné constituait quand même un symbole de la fierté tchadienne ; parce que le village a été créé de toute pièce par un coup de tête de tchadiens en 1976.

Devant les tracasseries et autres humiliations subies par les tchadiens au marché de Tiné soudan, les combattant de la 1ère armée dirigé à l’époque par feu Abderrahmane Diguim Gouni, Abdelrahmane Koyo, Hissene Bouébri, etc., avaient décidé un bon matin d’empêcher toute traversée du bétail en direction de l’autre rive du ouadi où se trouvait le marché du bétail. Par cet acte osé, on avait obligé tous les exportateurs du bétail sur pied vers la Libye de venir du côté tchadien pour acheter surtout les chameaux et en payant- ce qui est nouveau- les taxes. Voilà pour l’histoire comment était Tiné qui ne survivra certainement sans son marché de bétail.

Par ses décisions irréfléchies, Mr Deby vient de rendre gratuitement aux soudanais ce qu’ils avaient perdu depuis 38 ans, car sans nul doute personne n’ira à Amdjeress et le Sultan le sait pertinemment, juste c’est une manière d’assouvir ses phantasmes rancunières.

Par ailleurs, pour les mêmes délires et aux fins de faire payer aux Béris leur entêtement, le Sultan a instruit aussi les autorités de l’Ennedi-Est de procéder immédiatement à la fermeture du camp des réfugiés de Kari-Yari ; ceux-ci ont le choix soit de repartir chez eux au Soudan – ce qui a été toujours le vœu pieux du régime soudanais- ou aller s’installer à Amdjeress.

En voulant ériger en ville un cul-de-sac fantomatique par déverses manières incongrues, Mr Deby écorne de plus en plus le peu de capital qui lui reste dans sa communauté, sachant que tôt ou tard, sa bourgade de « 3 ânes » subira le sort de Syrte ou de Gbadolité !

Correspondance particulière – TINE


Commentaires sur facebook