Les Brèves de N’djaména: Les délires de Deby.

Deby a été frappé chaos debout par les événements de Burkina Faso. Mais alors complètement sonné ! Il serait indécent de rapporter ici la réaction de Deby quand un de ses conseillers lui a chuchoté à l’oreille, lui apprenant la chute de son mentor au milieu de sa cour. Après une petite période de passage à vide, Deby avait ramassé ses clics et clacs et s’est précipité à N’Djamena. Selon plusieurs témoins oculaires, il était réellement plongé dans le vide ; ses interventions incohérentes, décousues et ressemblaient à des délires qu’à des paroles destinées à expliquer une situation. Les péroraisons de Deby devant les cadres civiles et militaires choisis uniquement du Canton Bilia tournent autour d’un seul point: La conservation du pouvoir. En effet, au cours de cette retrouvaille familiale, le Sultan a fait la réflexion suivante : « Le plus grand ennemi de l’homme c’est la vieillesse et je me sens vieux physiquement et mentalement, c’est pourquoi je pense remettre le pouvoir à quelqu’un d’entre vous et venir me reposer sous ce savonnier mais je me pose toujours la question de savoir si vous êtes aptes de pouvoir continuer à gérer ce Pays». Et puis il s’éternise sur sa tirade avec les mêmes refrains sans queue ni tête.

En réalité, Deby se moque de la nativité de son auditoire: Tous ceux qui l’ont approché ou collaboré le savent : Jamais au grand jamais, de son vivant, il ne remettra le pouvoir à personne, ni à un des enfants, ni à un membre de son auditoire du moment et moins encore à Adoum Younousmi dont le nom est souvent cité. Puis, Deby est un autocrate qui a un mépris indéniable des institutions, c’est pourquoi, il pense qu’il pourrait donner le pouvoir à qui il veut et quand il veut comme on donne des cacahuètes à un petit garçon ; or il oublie une chose ou feint de l’oublier : bien qu’elle ait subi des tripotages bien ajustés, la constitution de la République est toujours valable et prévoit des procédures de passation du pouvoir au moment opportun que le monarque veuille ou non !
Compte tenu de l’environnement national et international, il est probable que Deby ne renouvelle pas son mandat après 2016 ; dans ce cas, toutes ces jérémiades ont pour objectif de préparer sa cour familiale et faire élire un bouffon ou son fils à sa dévotion qui lui permettra de se reposer sous le savonnier d’Amdjeress sans aucun dérangement, entouré de sa garde prétorienne intact, aux frais de l’État
D’ailleurs beaucoup de signes suggèrent que Deby est en train de bluffer: à peine il a fini avec sa cour, il a ordonné séance tenante le recrutement de 7000 éléments, strictement de la
région du BET.

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad

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