Les évènements du 11 Novembre 2014 dévoilent la trahison de quelques membres du MPS.

Les évènements du 11 novembre 2014 n’ont pas été à la mesure des intentions et des ambitions fantasmagoriques, schizophréniques et lancinantes de quelques opportunistes tapis en Europe ou aux USA et qui se sont enflammés en travers des réseaux sociaux en faisant parler sans pudeur et sans retenue leurs souhaits inavoués que la réalité du terrain. Ce que l’opinion a lu sur les réseaux sociaux a de quoi s’inquiéter sur le niveau politique des tchadiens soi-disant de l’opposition ; il n’y a rien en effet de décent que de vouloir chercher à récupérer à des desseins politiciens des revendications légitimes d’une population complètement lessivée par un pouvoir rapace.

Il faut rappeler que ce mouvement – bien canalisé au sud et spontané à Ndjaména – est d’abord et avant tout l’expression d’une situation insupportable à tout point de vue dont la population tchadienne dans son ensemble est victime. La prédation a atteint des proportions telles qu’aucun esprit sain ne pourrait imaginer et accepter. Dans ces conditions, l’élan de solidarité devrait être plus conséquent, mais malheureusement, une fois encore des pesanteurs sociologiques et de reflexes identitaires ont incontestablement amoindri la ferveur annoncée et pesé sur le cours des évènements.

Si passagers et éphémères fussent-ils, les évènements du 11 novembre ont permis de faire un certain nombre de constats ayant valeur de leçons pour des éventuels soubresauts dans l’avenir : Au sud du pays, l’exaspération était latente depuis presque deux semaines et toute la classe politique s’attendait à quelque chose ; malheureusement, le mutisme des médias dans leur ensemble aidant le pouvoir a joué à l’autruche. Aussi la volonté d’affronter le régime était palpable dans tous les cercles. En tout cas la population du sud n’a absolument rien à perdre ; pendant 35 ans de pouvoir nordiste le sud n’a broyé que du noir et ce, malgré toutes les différentes sortes des ressources qu’il recèle. Alors la population était sortie en masse et plus déterminée en se disant « autant mourir héroïquement que par la diète noir » !

Cette population déterminée n’a pas bénéficié pour autant d’un soutien massif à la hauteur de leurs attentes de la part de l’autre partie de la population : celle du nord. Cette franche qui a complètement paniqué et prise au dépourvu n’a pas voulu sauter dans l’inconnue. L’exemple de Burkina aidant, les nordistes se sont déjà vus pourchassés de leurs sublimes maisons, leurs somptueux véhicules caillassés et devenir des parias à la minute après. Par reflexe ils s’étaient d’abord claustrés chez eux ensuite aider timidement les forces de l’ordre à contenir les manifestants.

En revanche des jeux subtils ont été observés du côté des partis politiques et surtout du côté de MPS. Si d’une manière générale la société civile et les partis d’opposition avaient adopté un profil bas pour éviter de politiser des revendications syndicales – ce qui est d’ailleurs à leur honneur – en réalité, dans les coulisses il s’est formé deux groupes qui se disent tous deux légitimistes et qui se sont bien battus en sourdine. Le 1er groupe s’était constitué autour du Chef de l’opposition qui soutient mordicus que le Tchad n’est pas le Burkina, il y a , selon lui, beaucoup des paramètres inodores et incolores qui couvent encore le paysage politique tchadien, de ce fait il est inopportun de pousser prématurément Mr Deby vers la porte avant les échéances légales ; au contraire, dit-il, il faut mettre à profit le temps qui reste pour le dissuader de se présenter en 2016 en lui octroyant le maximum de garanties judiciaires, administratives et sécuritaires et l’accompagner vers son savonnier avec une bonne escorte de sa milice, ne serait-ce que pour un temps. Partant de cette logique, le Chef de l’opposition n’a pas non seulement encouragé le mouvement du 11/11 au contraire il a cherché, selon son entourage à l’étouffer. Les observateurs déduisent que, malgré ses déclarations incendiaires, il n’est pas exclu que le Chef de l’opposition et le Sultan « se sont donné la bouche » comme on dit au village d’autant plus que le 1er se voit depuis quelques temps le successeur tout désigné du roi ; c’est pourquoi il ne ménage aucun effort pour le conduire sans accrocs jusqu’ aux termes de son mandat et en mettant sans vergogne tout le passif de Deby dans la rubrique « pertes et profits », le P.P des comptables.

Par contre, du côté de MPS les choses ne s’étaient pas passées calmement ; on avait remarqué une effervescence effrénée dans le sillage des militants MPS et pour cause ! Un grand nombre des militants dont des députés de poids avaient vu « le Burkina » se pointer déjà devant leur porte. Alors un groupe s’est rapidement constitué autour du Président de l’Assemblée pour canaliser les choses ; ce groupe ne fait que répéter comme un disque usé le mot « légitimité, légitimité, légitimité », en d’autres termes le sultan étant mis définitivement hors-jeu, le Président de l’Assemblé Nationale assurerait l’intérim conformément à la constitution, ce qui serait admis et accepté par toute la communauté internationale et la France en premier ;cette dernière assurerait la sécurité des institutions. Ce qui est frappant chez ces hommes et femmes du MPS, c’est la rapidité avec laquelle ils voudraient tourner la page Deby ; et pourtant parmi les agitateurs il y a toutes les espèces du régime, censées d’être des cadres capables de discernement et prendre des décisions adéquates aux moments difficiles que puisse traverser le pays ! Cet épisode de tragi-comédie dans les milieux de MPS est conté aujourd’hui comme un récit anecdotique. Un des ténors de cette agitation, pourtant un homme assez mur sur tous les plans, raconte en rigolant que lui et ses camarades étaient envoutés par « l’autre partie » sinon comment expliquer ce comportements d’amateurs inconscients. Tout ce qu’il nous intéressait, dit-il, c’est d’occuper la chaise et se faire entourer par l’armée française ; tout le reste est secondaire, surtout qu’on a oublié deux choses très importantes : que faire du colis empoisonné ? Et que faire aussi de la milice ethno-clanique qui détient tout l’arsenal accumulé depuis un quart de siècle ?

Correspondance Particulière
N’djaména – Tchad


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1 commentaire

  1. TURNE BUYE

    Cessons de fantasmer sur nos rêves parfois très primaires et proposons des solutions qui peuvent nous avancer .Il ne sert à rien d’imiter ce qui se passe ailleurs; les enjeux ne sont pas partout les mêmes.