Les zaghawa, la chasse aux sorcières ?

Les évènements du 11 novembre ont porté un coup dur à la sérénité de nos gouvernants. Deby lui-même aurait été sérieusement ébranlé. Conséquence immédiate de ce soulèvement populaire, des mots paix, stabilité, sérénité reviennent en chœur comme dans un orchestre philarmonique. Accompagnant cette symphonie, il n’y a pas un seul griot du MPS qui ne commencerait sa prière par ces mots. Après cette date, Mr Deby s’est rendu compte du vide laissé par ses Béris. Apres les avoir utilisés, usés, réduis en paria et à la vindicte à la société, et après avoir publiquement déclaré à maintes reprises à Amdjeress qu’il est certes le sultan de Bilia mais il n’est nullement le président des Béris et à ce titre il n’a pas besoin des Béris. C’était dit péremptoirement. Mais la roue de l’histoire tourne et voilà que ce même Deby, comme une hyène qui se pointe annuellement devant l’enclos de ses proies, cherche à se rapprocher de ses victimes honnies. En effet il revient au village avec une propagande corsée : « si je quitte le pouvoir, les Béris n’auront plus leur place au Tchad, ils seront pourchassés comme des lapins, ce sera la chasse aux sorcières.» Bien sûr que c’est un bluff, destiné à abuser de la naïveté de ses sujets. Les madjingaye, les mbay, les kanembu, les toubous et les goranes, n’ont pas été pourchassés comme des lapins, pourquoi il en serait autrement pour les Béris ?

La chasse aux sorcières est par nature une opération injuste, illégale et discriminatoire. L’opposition plurielle qui combat le régime autocratique de Deby, a pour objectif premier l’instauration d’un Etat de droit, de la justice sociale et de l’égalité des citoyens devant la loi. Si un citoyen doit à l’Etat, celui-ci rentrera dans ses droits par la voie de légale et judiciaire ; si c’est un individu qui avait spolié les biens de l’Etat ou d’autrui, la victime utilisera les mêmes voies pour rentrer dans ses droits. C’est l’essence de l’Etat que l’opposition plurielle veut mettre en place.

Deby peut aller chercher d’autres alibis pour mobiliser ses sujets, si ceux-là n’ont encore rien compris de sa politique qui consiste à dire après moi ce sera le déluge. Au contraire les Béris, qui sont, rappelons-le, en rébellion contre le système depuis 1992, sauront vivre en toute quiétude avec leurs compatriotes. Le maintien de Deby à la tête du pays serait encore une catastrophe pour la communauté Béri qui, croyant bénéficier des prébendes aléatoires du régime ou s’illusionner sur des acquis factices, sacrifie les meilleurs de ses enfants. Certes, les arnaqueurs de la république constituent une minorité au sein même de la communauté mais par ses manières grotesques et abjectes cette minorité a souillé à jamais le nom de la communauté. Malheureusement, l’adage dit : toutes les fourmis sont noires.

Ce pouvoir a été un holocauste pour les Béris en particulier et une épidémie de grandeur nature ; en temps et en nombre, c’est le régime le plus sanguinaire que le Tchad ait connu. En faisant une comptabilité macabre, les victimes des révoltes et ceux qui s’acharnaient à le défendre, on pourrait largement dépasser les victimes accumulés de Tombalbaye, Malloum – Lol –Goukouny-Kamougué-Habré (la guerre de 9mois) et Habré. Combien étaient disparus à la fleur de leur âge contre le MDD, Le MDJT, le FNT, le CNR, le MOSANAT, les FARF1 et les FARF2, et enfin le conglomérat du Darfour ?

Oui, Deby doit dégager pour que les Béris cessent enfin de se comporter comme des légionnaires, de piller les ressources de l’ETAT en toute impunité, d’arnaquer leurs propres compatriotes, et d’apprendre à réclamer leurs droits légitimes : de l’eau potable, des centres des soins primaires, des écoles, des centres veto-sanitaires, des routes ayant accès vers des grands centres régionaux, des marchés structurés de bétail etc. etc.

Correspondance particulière


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2 Commentaires

    • je veux un changement positif au pouvoir svp! plus de recul, plus de violence, plus de mentalité sauvage. la tchadienne que je suis est vraiment sauvage. je dois changer. je dois respecter les règles de DROIT que je sois le chef de l’État ou le chef du gouvernement … ou un simple citoyen dans un État de DROIT qui est bien évidemment le mien, le Tchad.