Les Brèves de N’djamena: Entre les rebelles et Deby, ce n’est pas encore fini

Face aux chars de l’armée française, Les rebelles ont échoué de prendre le palais rose. A Addis Abeba, beaucoup des collègues de Deby avaient bonne note de sa chute, certains même aurait déclaré soulagés ; même la France jusqu’à dimanche soir se cherchait, hésitait ; mais la forte pression du Conseiller militaire et de l’Ambassadeur de France et les difficultés des rebelles de prendre le palais face aux chars de Deby, elle a décidé de faire intervenir ses chars le dimanche matin pour faire éloigner les rebelles aux alentours du palais.

Pour ne pas subir après les foudres des Deby, Bongo, Sassou, etc., et voir tarir la manne financière françafricaine, la Francafrique à tout fait pour obtenir une déclaration des NU, qui satisfait tout le monde : la France, les roitelets africains et l’opinion française.

Les rebelles se son retirés en ordre dans la périphérie de Ndjamena où ils sont entrain de reprendre de l’énergie et du souffle après plus de dix jours de marche et des combats et attendre leurs renforts, 1700 à 2000 combattants à bord de 80 véhicules, selon nos informations. Deby quant à lui attend les toroboro qui sont déjà arrivés à Ndjamena et la déclaration du Conseil de Sécurité dont la France veut se couvrir pour intervenir militairement. Ainsi le décor est planté et l’affrontement franco tchadien est inévitable dans les jours qui suivent.

Le Conseil de Sécurité n’a pas donné le mandat à la France d’intervenir au Tchad – Le Tchad par son absence et la France par son zèle se sont bien ridiculisés au Conseil de sécurité. La France a demandé au Tchad de saisir le Conseil de Sécurité ; la lettre de saisine a été rédigée par l’Ambassadeur de France au Tchad et soumise à Deby pour signature, ce qui fut faire ; ensuite c’est l’Ambassadeur de France qui envoie la lettre supposée du Tchad au Représentant de France aux nations Unies et c’est donc la France qui a parlé, agir au nom et pour le compte du Tchad. Certains membres du Conseil de sécurité ont souris quand ils ont découvert le contenu du projet de résolution soumis par la France : « le Tchad demande au Conseil de sécurité de demander à la France d’utiliser tous les moyens pour aider le Tchad pour contrer l’agression étrangère, etc. » Le Représentant de la Russie a demandé mais pourquoi toute cette gymnastique de la France et que cache la démarche française, et d’ailleurs pourquoi le Tchad ne demande pas directement des NU pour faire à cette soit disant agression ? C’est ainsi que la résolution fut repoussé et à la place il y a une déclaration. Avec ou sans résolution, avec ou sans déclaration, la France est déjà pleinement engagé dans les combats contre la rébellion ; aux NU la France cherche tout simplement à se prémunir des éventuelles critiques de son opinion publique.

Mais où est Deby ? Deby n’a ni parlé, ni apparu publiquement depuis le début des événements. Pour qui connaît Deby, ceci est très étrange, car l’homme aime se mettre au devant de la scène, n’aime pas que quelqu’un parle en son nom, il aime se vanter et se glorifier. Le fait que jusqu’à ce jour il n’a pas pris bain de foule, habillé en tenue de Gl, vainqueur des mercenaires, dans les rues de Ndjamena, le fait qu’il n’a pas tonné à la RFI pour vilipender le Soudan et déclarer que les mercenaires ont été exterminés sans l’intervention de la France, etc., etc., tout cela fait dire que soit Deby est encore, soit essoufflé après la course poursuite avec les rebelles entre Massaguet et Gassi et suffisamment sonné pour dire mot, soit Deby est vraiment indisponible et la France est entrain de faire un bébé sur le dos des tchadiens. Dans tous les cas, il y a quelque chose qui cloche chez Deby.

Selon une source Deby serait bel et bien au palais, obligeant tout le monde à le tenir compagnie, menaçant ceux-ci, éliminant ceux là, toujours sous l’effet des stimulants. Dans ces conditions, il y a de quoi à s’inquiéter sérieusement sur la sécurité des leaders politiques arrêtés.

La redaction


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