Lutte contre Boko Haram: Seule, l’armée tchadienne ne peut pas tout – Lepays

Depuis l’entrée en scène de l’armée tchadienne dans la lutte contre Boko Haram, les lignes bougent. Les offensives contre la secte islamiste se sont multipliées. La dernière en date est celle lancée le 3 février dernier, depuis Fotokol au Cameroun, et qui a permis aux troupes tchadiennes d’entrer, pour la première fois, en territoire nigérian. L’opération s’est soldée par la reprise de la localité de Gamborou. Cette avancée significative, en si peu de temps, est à louer et pour cause :  les populations des zones libérées peuvent enfin pousser un ouf de soulagement, souffler l’air de la liberté. Cela dit, dans la traque de Boko Haram, qui nécessite assurément de grands moyens, il faut multiplier les offensives, de sorte à ne laisser aucun répit à l’adversaire. Les islamistes doivent être poussés jusque dans leurs derniers retranchements. Et c’est bien faisable, la secte islamiste ayant montré qu’elle n’est pas aussi forte qu’elle voulait le laisser croire. La preuve est que l’armée tchadienne avance pendant que Boko Haram recule, en témoigne le coup dur qu’elle lui a porté hier 4 février 2015, en massacrant des centaines de djihadistes. Mais jusqu’à quand et jusqu’où les islamistes vont-ils continuer à reculer ? Reprendront-ils du poil de la bête ?  Et pour cela, n’est-t-il pas temps, pour les pays concernés de près ou de loin par la menace de Boko Haram, de s’unir pour porter l’estocade à cette secte?

Il reste à souhaiter que l’organisation panafricaine se secoue davantage

En tout cas, au regard de la complexité de la situation, il est évident que seule, l’armée tchadienne ne peut pas tout faire. Or, tout se passe comme si on lui avait refilé la patate chaude; comme si Boko Haram était seulement l’affaire du Tchad.  Erreur !  Car, la secte, comme une araignée, a eu le temps de tisser sa toile aussi au Niger, au Cameroun, au Mali … C’est dire s’il y a nécessité à agir vite et en synergie. Le Nigeria, en particulier et plus que jamais, doit prêter main forte à  l’armée tchadienne qui vient de franchir son territoire. Agir vite, c’est ne pas permettre à Boko Haram d’avoir le temps de peaufiner de nouvelles stratégies en vue de contre- attaquer ; agir vite, c’est faciliter l’entretien des soldats, faciliter la logistique déployée sur le terrain ; et surtout, c’est ne pas laisser l’armée tchadienne s’offrir en chair à canon. Cela d’autant qu’elle fait  face à une guerre asymétrique et non conventionnelle. Déjà, en autorisant l’intervention des Tchadiens sur leur sol, les autorités nigérianes ont fait preuve de sagesse.  Mais il faut aller bien au-delà.

La sortie de l’Union africaine, appelant les autorités nigérianes à accepter sur leur sol l’armée tchadienne, est à saluer. Reste maintenant à souhaiter que l’organisation panafricaine se secoue davantage pour déployer sur le terrain la force d’intervention multidimensionnelle, dans l’optique de soutenir les efforts des éléments de Idriss Déby. Il  faut agir vite, venir en soutien  aux troupes tchadiennes. Autrement, elles pourraient finir par crier leur ras-le-bol, après le constat amer qu’elles livrent, en solo, un combat qui devait pourtant être l’affaire de tout un continent.

Adama SIGUE


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1 commentaire

  1. Le Tchad tout comme d’autre pays d’Afrique,vrai que l’armée Tchadienne peut combattre a seul les sectes be Boko-haram mais je demande au pays d’Afrique de venir soutenir le Tchad et faire régner la paix sur la terre de l’Afrique.