Les Brèves de N’djaména: L’insécurité généralisée dans le Dar Tama

Comme il a été rapporté à plusieurs reprises, Deby a laissé à Mahamat Nour la gestion administrative et militaire de la région de Wadi Fira (Biltine) et de la Préfecture de l’Asongha. Ces forces ne sont intégrées à aucune force de l’Etat et ne répondent qu’à Mahamat Nour ou à ces lieutenants devenus des Généraux depuis. Elles s’attaquent à tout ce qui n’est pas Tama ou n’appartenant pas aux Tama.

Leurs cibles préférées sont les populations goranes et beri, considérées comme viviers importants de la rébellion et, sur ordre express de Deby, semble-t-il. D’ailleurs une de leurs principales missions est d’empêcher les ralliements aux rebelles. Ces populations qui se font appelées « les bergers », se sont organisées en milices d’autodéfense. Les affrontements du début de l’année ont tourné en faveur des « bergers » et il s’en est suivi une accalmie ; mais depuis deux semaines, les affrontements ont repris de manière plus violente qu’auparavant. « Les bergers » auraient délogé les forces de Mahamat Nour de plusieurs de leurs camps. Selon des sources concordantes, les forces de Mahamat Nour ont subi des pertes humaines et matérielles importantes. Eparpillées un peu partout dans toute la région, elles se sont retirées et regroupées à Guéréda.

La situation dans le Dar Tama a crée une réelle tension entre Le Ministre de la défense et le Gl Abderahim Bahar, le vrai CEMGA. Le Ministre a demandé à ce que les forces armées stationnées à Adré et Tiné prêtent mains fortes à ses éléments pour faire face aux bergers. Le CEMGA a dit « pas question! ». Il a, en revanche, demandé à ce que les éléments du Ministre cessent de s’en prendre aux populations civiles, et par la même occasion, intègrent les forces armées. Le Ministre est passé outre les réserves de son CEMGA et a donné l’ordre aux militaires de bouger, mais les militaires, dont les chefs sont des parents des bergers ont préféré s’adresser au CEMGA ; celui-ci leur a dit de ne pas bouger. On attend la fin des cérémonies de deuil du fils du Président pour recourir à son arbitrage.

MJE, la désintégration continue – On se rappelle qu’à mi-juin, une soixantaine d’éléments du MJE, à bord de 7 véhicules, ont faussé compagnie au reste de la troupe et rentrés au Tchad. Ces éléments qui ont été exfiltrés par Deby comme on s’y attendait, sont jusqu’à ce jour en négociation avec les émissaires de Deby. Deby leur aurait promis monts et merveilles s’ils faisaient défection du MJE ; mais une fois arrivés au Tchad, Deby tarde à tenir promesse. Au début de la semaine, c’est autour du CEM du MJE de rentrer au Tchad à bord de 3 véhicules. En vérité, c’est toute la composante tchadienne du MJE qui est en train de faire défection sous l’instigation de Deby et alors, bientôt il ne restera rien du MJE au grand bonheur du gouvernement soudanais.

Beremadji Félix
N’djaména


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