Arche de Zoé : les demandes de grâce partent aujourd’hui – Libération

Le ministère des Affaires étrangères va transmettre dans la journée la requête de grâce des six condamnés au président tchadien Déby, a annoncé ce matin Rama Yade.

Les choses s’accélèrent pour les six membres de l’Arche de Zoé. Leurs demandes de grâce seront transmises ce vendredi à la présidence tchadienne. C’est ce qu’a déclaré la secrétaire d’Etat française aux Droits de l’homme sur RTL : «Aujourd’hui, le ministère des Affaires étrangères les (ces demandes) transmettra au président Déby.» Rama Yade a précisé que ces demandes avaient été remises à la présidence française, et que leur transmission à N’Djamena relevait du ministère des Affaires étrangères.


Interrogée pour savoir si Idriss Déby pourrait accorder une grâce collective aux six condamnés, ou s’il pourrait moduler sa décision selon les cas, Rama Yade a répondu qu’il s’agissait d’une «décision appartenant souverainement au président tchadien». Pas davantage d’informations sur la date à laquelle Déby rendra sa décision.

Les avocats des six condamnés à huit ans de travaux forcés, qui ont vu cette peine transformée le 28 janvier en France en huit ans de prison ferme, ont tous affirmé jeudi avoir formulé directement auprès de l’Elysée une demande de grâce pour leurs clients. Jeudi, Idriss Déby s’était dit sur Europe 1 «prêt à pardonner le moment venu si le gouvernement français en fait la demande». Une bonne nouvelle pour les proches des membres de l’Arche de Zoé qui intervient alors que le pouvoir tchadien vient de mettre en échec une tentative de coup d’Etat – provisoirement promettent les rebelles – avec un coup de pouce de la France.

Vendredi, Rama Yade a démenti toute intervention de l’armée française contre les rebelles. «Si vous voulez me faire dire que les soldats français sont intervenus pour chasser les rebelles hors de N’Djamena, je vous réponds que non». Dans son édition de vendredi cependant, le quotidien La Croix affirme au contraire que «des troupes spéciales françaises ont pris part aux affrontements de la semaine dernière».

La veille, l’envoyé spécial de France Inter au Tchad précisait la nature du soutien français à Idriss Déby : les soldats de l’Opération Epervier ont fourni «vivres, soins et carburant». Mais le plus important a été le renseignement grâce à des avions Mirage F1 et Atlantique 2 qui ont été «les yeux et les oreilles de l’état-major tchadien». Les légionnaires français ont ainsi défendu l’aéroport de N’Djamena, attaqué par les rebelles, avec les forces spéciales. «Le peloton a riposté avec l’ensemble de ses moyens» explique un militaire. Les ressortissants étrangers ont ainsi pu être évacués et les hélicoptères tchadiens ravitaillés.

Mardi, Nicolas Sarkozy avait lui aussi démenti toute participation directe des militaires français aux récents combats à N’Djamena, alors que les rebelles avaient accusé mardi l’aviation française d’être intervenue, faisant selon eux de nombreuses victimes. Selon le président français, «il n’y a eu aucun tir de l’armée française si ce n’est pour protéger nos compatriotes […] Ils étaient en état de légitime défense».


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