Contre Boko Haram, le Tchad remporte des batailles mais pas encore la guerre – F24-AFP-Reuters

Un mois après son engagement dans la guerre contre Boko Haram, l’armée tchadienne peut se targuer d’avoir remporté plusieurs batailles. Mais la route reliant N’Djamena à la ville portuaire camerounaise de Douala n’est pas près d’être sécurisée.

Les troupes tchadiennes ont annoncé, lundi 2 mars, avoir chassé Boko Haram de la ville de Dikwa, dans le nord-est du Nigeria, que les combattants islamistes occupaient depuis plusieurs semaines. « Nous contrôlons totalement la ville », a déclaré le colonel Azem Bermandoua, porte-parole de l’armée tchadienne, qui a perdu un soldat dans la bataille. De nombreux combattants de Boko Haram ont également péri, selon ses dires.

N’Djamena a déployé des milliers d’hommes dans des points stratégiques du bassin du lac Tchad, pour tenter de contenir à l’intérieur du Nigeria le groupe Boko Haram, qui mène parfois des opérations transfrontalières. Les efforts du Tchad ont redoublé depuis que l’organisation islamiste a perpétré, en février, une attaque meurtrière dans le village tchadien de Ngouboua.

« L’objectif est loin d’être atteint »

Mais l’objectif principal de l’armée tchadienne reste la sécurisation des routes conduisant à N’Djamena, dont le principal accès à la mer est la ville portuaire camerounaise de Douala. Mais un mois après l’engagement des troupes tchadiennes dans la guerre contre les islamistes nigérians, « cet objectif est loin d’être atteint, concède à l’AFP un militaire camerounais proche de soldats tchadiens déployés au Cameroun. Il faudra encore du temps pour que ce soit le cas. »

L’axe N’Djamena-Douala, qui traverse la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, non loin de la frontière nigériane, est la cible d’attaques répétées de Boko Haram, qui y traque de la nourriture et du carburant. Mais les islamistes essaient également d’établir des couloirs leur permettant de circuler librement entre leurs fiefs du Nigeria et du nord du Cameroun. Par le passé, ils faisaient transiter une partie de leur armement par cette région camerounaise.

Frontière fermée

L’autre axe commercial majeur pour le Tchad, via le Nigeria, est également toujours paralysé par les violences. Et le trafic des camions en provenance du Nigeria et du Bénin n’a toujours pas repris entre les villes camerounaises de Fotokol (à la frontière nigériane) et Kousseri (à la frontière tchadienne).

Le long de la route, de petites bases militaires camerounaises ont été implantées pour sécuriser la voie. Mais la frontière au niveau de Fotokol – par laquelle transitaient biens et personnes en provenance et à destination du Nigeria – reste fermée.

Avec le déclenchement de son offensive terrestre, le Tchad a néanmoins dégagé une partie de la zone frontalière, prenant notamment le contrôle de la ville nigériane de Gamboru, qui était entre les mains de Boko Haram depuis des mois.

Depuis, les Tchadiens ont progressé un peu plus vers l’intérieur du Nigeria et lancent régulièrement des assauts terrestres et aériens pour chasser Boko Haram de ses positions, avec pour objectif de rouvrir la route menant à Maiduguri. La capitale de l’État nigérian de Borno, quasiment assiégée par Boko Haram depuis des mois, est traditionnellement un haut-lieu du commerce régional.

Avec AFP et Reuters


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1 commentaire

  1. ounou

    Même si on n’aime pas le régime, pourquoi certains déshonorent notre armée qui fait des victoires tangibles sur l’ennemi.