Tchad : "La Croix" évoque une participation militaire directe de l’armée française – Le Monde

Selon le quotidien La Croix daté de vendredi 8 février, les troupes spéciales françaises ont pris part aux combats la semaine dernière à N’Djamena contre les rebelles.

Le journal catholique affirme qu’un détachement d’assistance militaire et d’intervention a été envoyé quelques semaines avant le début des affrontements au Tchad et a « coordonné l’attaque menée le 1er février par l’armée tchadienne » contre une colonne rebelle à Massaguet, au nord-est de N’Djamena, une attaque qui s’est conclue par l’échec de l’armée tchadienne et l’avancée des rebelles vers la capitale. Le lendemain, poursuit les journalistes de La Croix, « des éléments du commandement des opérations spéciales français se [sont] impliqués dans les combats de N’Djamena, avec une stratégie qui se révélera payante : épuiser les rebelles, bientôt à court de munitions« .

Le quotidien pointe le rôle essentiel joué par l’armée française en protégeant l’aéroport international de N’Djamena des attaques rebelles : l’aéroport aurait joué un rôle « stratégique » non seulement pour l’évacuation des 1 200 ressortissants étrangers, mais également pour l’armée tchadienne, servant de base à ses hélicoptères d’attaque.

DES MUNITIONS LIVRÉES PAR LA LIBYE

La Croix ajoute que la France « a aussi fait livrer des munitions par la Libye, notamment pour les chars T-55 de fabrication russe qui ont permis à Idriss Déby de laminer ses opposants à N’Djamena« . Citant une source proche du dossier, le quotidien précise que la seule fois où le président Déby « a paru tendu au téléphone, lors de ses conversations avec Nicolas Sarkozy le week-end dernier, c’est lorsqu’il a constaté qu’il était à court de munitions« . « Après quelques coups de téléphone, plusieurs tonnes de munitions sont en effet arrivées de Tripoli« , écrit-il.

Au-delà de l’appui militaire, c’est « l’activisme politique » de Paris qui a été décisif, toujours selon La Croix, notamment auprès du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a adopté, lundi 4 février, une « déclaration » condamnant les attaques rebelles et apportant son soutien au gouvernement d’Idriss Déby. Une déclaration « non contraignante » mais qui fait peser sur les rebelles la menace d’une éventuelle intervention de forces étrangères.

Dans son édition parue le 7 février (datée du 8), Le Monde affirmait déjà que la France avait fourni des renseignements à l’armée tchadienne et que les soldats français avaient empêché les rebelles de s’emparer de l’aéroport de N’Djmaena, le 2 février, jouant un rôle crucial dans l’issue de la bataille. Il indiquait aussi que Paris avait fait appel à la Libye pour qu’elle livre des pièces de munitions pour les chars de l’armée tchadienne.

PARIS DÉMENT

Interrogée vendredi matin, sur les informations publiées dans La Croix, Rama Yade a démenti toute intervention de l’armée française. « Si vous voulez me faire dire que les soldats français sont intervenus pour chasser les rebelles hors de N’Djamena, je vous réponds que non« , a déclaré la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, sur RTL. « Nous apportons une aide logistique. A aucun moment nous ne procédons à l’application d’un accord de défense qui n’existe pas« , a-t-elle ajouté.

Le ministère de la défense a, lui aussi, démenti : « Aucune force spéciale ni aucun soldat francais n’ont été engagés dans les combats« , a indiqué le général Christian Baptiste, porte-parole adjoint du ministère. « En revanche, les soldats français ont mené des opérations de protection de ressortissants francais et de la communauté internationale. »

La France entretient un millier de soldats au Tchad dans le cadre de l’opération Epervier. Depuis plusieurs jours, le chef d’état-major de l’armée française nie toute implication dans les affrontements et reconnaît seulement avoir fait usage de la force en état de légitime défense, notamment pour protéger l’aéroport international.


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