Des grâces "différenciées" pour les membres de l’Arche de Zoé ? – Reuters

Les six membres de l’organisation humanitaire L’Arche de Zoé qui purgent une peine de huit ans de prison en France pour tentative d’enlèvements d’enfants pourraient bénéficier d’une grâce différenciée du président tchadien Idriss Déby, croit savoir RTL.

Le président de L’Arche de Zoé, Eric Breteau, 37 ans, verrait sa peine réduite mais resterait en prison, tandis que sa compagne Emilie Lelouch, 31 ans, les logisticiens Alain Péligat, 56 ans, et Dominique Aubry, 50 ans, le médecin Philippe Van Winkelberg, 48 ans, et l’infirmière Nadia Merimi, 31 ans, pourraient sortir.

Le président tchadien s’est dit prêt jeudi à gracier rapidement les six membres de l’association, à condition toutefois que Paris le demande.

L’Elysée a reçu immédiatement les demandes individuelles des six personnes et elles seront transmises au Tchad ce vendredi par le Quai d’Orsay, a dit sur RTL la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme Rama Yade.

Elle a expliqué que le président tchadien était entièrement libre de sa décision. « Toutes ces modalités appartiennent souverainement au président Déby et nous ne pouvons pas les moduler dans un sens ou dans l’autre« , a-t-elle dit.

Les condamnés n’ont comme seul espoir qu’une grâce du président tchadien, car Nicolas Sarkozy n’a pas de pouvoir sur l’affaire. La libération conditionnelle n’est elle possible qu’après plusieurs années de détention, environ à mi-peine, soit dans quatre ans.

Le dossier est traité alors que Déby vient d’échapper à une offensive d’une guérilla partie du Soudan, et dont les éléments sont parvenus le week-end dernier jusqu’aux abords de son palais présidentiel.

L’offensive a avorté et la France, suivant une déclaration de l’Onu, lui a exprimé son soutien. Le ministre de la Défense Hervé Morin s’est rendu à N’Djamena mercredi.

Arrêtés le 27 octobre dans l’est du Tchad alors qu’ils s’apprêtaient à emmener en France 103 enfants, les six membres de L’Arche de Zoé ont été condamnés en décembre à huit ans de travaux forcés par la cour criminelle de N’Djamena pour tentative d’enlèvements.

Ils ont été transférés en France le 28 décembre où leur peine a été convertie en huit ans de prison. Ils sont actuellement incarcérés à la prison de Fresnes (Val-de-Marne), où ils purgent leur peine.

Emilie Lelouch, Philippe Van Winkelberg et Alain Péligat sont par ailleurs mis en examen dans un dossier distinct ouvert à Paris pour « aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers, escroqueries et exercice illégal de la profession d’intermédiaire en vue de l’adoption« .

Thierry Lévêque


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