Un mensonge grossier et éhonté –

Dans un ouvrage intitulé «  les grandes mystifications de l’Histoire, » le journaliste et romancier Patrick Pesnot avait recensé les principaux mensonges du passé et du présent de l’Histoire et qui se sont pérennisés comme des vérités historiques, par exemple la date de naissance du prophète Jésus, la légende de Jeanne d’ARC ou plus récemment les armes de destruction massive de Saddam Hussein. Mr Deby qui est pourtant connu pour un être un piètre lecteur s’est probablement inspiré de cet ouvrage pour couvrit la tendance insurrectionnelle de son armée envoyée derrière Boko Haram. En effet le monde entier a appris la nouvelle du retrait des troupes tchadiennes du territoire nigérian à la demande des autorités de ce pays. Cette information a été relayée curieusement par les plus grandes agences de presse de renommée internationale. A la suite de cette demande, selon Mr Deby, les troupes tchadiennes s’étaient repliées et regroupées à l’intérieur du Cameroun, tandis que celles du nord, à l’intérieur des iles tchadiennes. Or, selon des infos obtenues des principaux acteurs, le Nigeria n’a jamais demandé l’évacuation des troupes tchadiennes même si les autorités militaires mettent trop du sel dans leur collaboration avec l’armée tchadienne. Certes après la libération de DIKOA, les nigérians avaient demandé à l’armée tchadienne de mettre de bémol dans ses extravagances.

C’était donc un grossier mensonge destiné à cacher une situation alarmante au sein même de la troupe tchadienne.

Le problème est strictement interne à l’armée tchadienne; c’est un méli mélo conflictuel assez grave qui a failli faire capoter définitivement la mission : une partie des troupes (des 2 fronts) avait commencé à refuser obstinément de se battre et à désobéir frontalement au commandement. Et les questions sur toutes les lèvres furent : pour quoi et pour qui on meurt ? Pourquoi sommes nous au Nigeria alors que l’armée nigériane n’y est pas là, pourquoi les militaires ne reçoivent absolument rien de ce qui a été promis sur le plan financier avant le départ etc. Les questions sont devenues répétitives et nombreuses, et on s’acheminait inexorablement vers une situation de mutinerie. Cette situation a obligé le gouvernement tchadien à évacuer les troupes des deux fronts et à coup des pétrodollars, des destitutions, des menaces, des chantages, des rappels au pays, le gouvernement a pu stabiliser et mettre de l’ordre dans les rangs des tchadiens. Depuis le début de la semaine écoulée les troupes tchadiennes opèrent de nouveau en territoire nigérian sans qu’aucune voix contradictoire ne se fasse entendre ; en même temps les victoires remportées de nouveau à Gambaru et Damasak sont passées inaperçues, puisqu’on ne souhaite pas se ridiculiser.

Dans le microcosme du palais rose, cette histoire fait beaucoup jaser : des officiers supérieurs connus pour leur rôle dans la défense du régime de Deby, longtemps laissés sur le carreau et appelés en express pour le besoin de la cause, viennent de démissionner et rentrer à N’Djamena, d’autres qui semblent avoir été les meneurs de la grogne, ont été rappelés et mis aux arrêts, etc.

L’heure n’est plus aux you-you qui ont accompagné les troupes aux fronts camerounais et nigérians, la situation est beaucoup plus morose au sein de la troupe. On saura d’avantage la suite de la situation dans les prochains jours. D’ailleurs un document signé par 62 officiers de deux fronts

circule depuis deux semaines sous le manteau à N’Djamena et dans les milieux bien indiqués. Ce document décrit minutieusement l’état déliquescent dans lequel se trouve l’armée tchadienne déployée dans les zones opérationnelles, et ce, malgré sa détermination de vouloir sauver l’honneur du Tchad et de sauvegarder sa renommée. Les officiers se posent la question suivante pourquoi nous sommes devenus des marchandises à la disposition du bon vouloir de Deby. ? La copie du doc circule déjà dans les différents milieux de la capitale et le sultan a été alerté par les siens. Comme dans tout pouvoir clanique ou familiale, ayant appris l’existence du document en question, le Sultan s’est précipité ce jour 22/03/15 au domicile de son grand frère situé en face de TIT de 16h à 22h et au retour il a fait escale chez son fils Mahamat Kaka. Selon un proche de la famille d’IDI, qui a requis l’anonymat, « il y aurait une vaste concertation dans la famille, une majorité écrasante des généraux serait contre sa manière de gérer les affaires de l’État, tandis que les hommes d’affaires trouvent que c’est désormais risqué de suivre le président. » Toutes ces allées et venues impromptues ne présagent en rien de bon. L’avenir très proche dira de quoi demain sera fait.

Correspondance particulière (N’Djamena)


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