BAD: Elections du président, derniers pronostics – Lesafriques

A 48 heures du vote qui va désigner le nouveau président de la Banque africaine de développement (BAD), rien n’est encore joué. Les tractations se poursuivent et les spéculations vont bon train. Mais selon les pronostics et les bruits de couloir, trois candidats font figure de favoris.

L’élection du nouveau président qui doit succéder à Donald Kaberuka à la tête de la BAD se tient ce jeudi 28 mai à Abidjan. Les indiscrétions et les bruits de couloir permettent de dégager différents scénarios possibles. D’ores et déjà, trois candidats semblent mieux placés pour l’empoter ce jeudi.

Le candidat du Mali : Birama Boubacar Sidibé

Le candidat malien, vice-président de la Banque islamique pour le développement (BID), peut compter sur les intentions de vote des pays de l’Uemoa et plus largement ceux de la Cedeao. Certains estiment qu’il aurait même rallié à sa candidature au moins 11 pays africains, dont la Côte d’Ivoire qui a un poids significatif à la BAD.

S’il est élu, Birama Boubacar Sidibé pourra faire bénéficier la BAD de son carnet d’adresses dans les banques islamiques et arabes et apporter à la BAD une ouverture supplémentaire sur les pays du Golfe notamment.

La candidate du Cap-Vert : Cristina Duarte

La ministre des Finances et du plan du Cap-Vert, Cristina Duarte, seule femme candidate pour la présidence de la BAD a aussi toutes ses chances pour l’emporter. En Afrique, elle n’a pas encore réuni un grand nombre d’intentions de vote malgré son bon réseau relationnel, mais elle pourrait toutefois créer la surprise. En effet, selon les bruits de couloir, sa candidature aurait séduit les pays membres non africains (pays occidentaux), qui détiennent 40% du capital de la BAD et autant de droit de vote. Certains voient en elle une « Christine Lagarde africaine», c’est-à-dire une femme expérimentée et très compétente, et qui peut s’imposer dans une institution financière internationale, à l’ère de la promotion du genre en Afrique et dans le monde.

L’Ethiopien Sufian Ahmed

Selon les analyses de certains participants à cette assemblée générale de la BAD à Abidjan, le ministre des Finances et du développement économique de l’Ethiopie Sufian Ahmed pourrait aussi s’imposer le 28 mai à la tête de la BAD. Il a notamment le soutien de plusieurs pays de l’Afrique de l’Est et peut-être de l’Afrique australe également.

Par ailleurs, il faut souligner que les autres candidats non plus ne sont pas à négliger, notamment le Tunisien Jaloul Ayed et le Nigérian Akinwumi Adesina. Le tunisien pourrait compter sur le soutien des pays comme la Libye et peut-être aussi l’Algérie, qui sont influents lors du vote du fait de l’importance de leur participation dans le capital de la banque. Le Nigérian peut, quant à lui, compter sur son pays le Nigéria, premier actionnaire de la BAD. Mais selon les analystes, les autres pays membres ne voient pas d’un bon œil un Nigérian à la tête de la BAD, car cela risque de donner beaucoup trop de pouvoir au Nigéria au sein de l’institution.

Une remarque qu’on peut faire à la veille de cette élection cruciale, c’est que les pays de la Cedeao se pénalisent d’une certaine façon dans cette course, puisqu’ils partent avec trois candidats (Nigéria, Mali, Cap-Vert), au lieu de s’accorder pour soutenir un seul et ainsi augmenter leurs chances de l’emporter. Par ailleurs, les autres candidats, qui font figure d’outsiders pour beaucoup d’analystes, peuvent tout aussi créer la surprise, puisqu’au rien n’est encore joué. Wait and see


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