Les Brèves de N’Djamena – La BAD, une gifle pour Deby

Les tchadiens dans leur majorité ont soutenu le candidat du Tchad, mettant entre parenthèse provisoirement leurs contradictions et oppositions. Bedoumra est le meilleur candidat que le harem du sultan peut proposer à la BAD et la place occupée est plus qu’honorable, mais l’échec est là : le Tchad ne dirigera pas la BAD. Il reste aux tchadiens de digérer la défaite et épiloguer sur les raisons de celle ci.

– La question : comment peut on vouloir briguer la présidence de la BAD sans avoir l’appui inconditionnel des pays comme le Nigeria, le Cameroun et le Mali, des pays avec lesquels le Tchad a des relations de sang ?? Le Nigeria à lui seul détient 9.22% des voix, 2 fois celles de toute la CEMAC ! La CEDEAO est une entité assez compacte et solidaire, ne pas avoir sa caution et surtout l’appui de son président en exercice, c’est tout simplement passé à coté.

– A la BAD, les non régionaux (les européens et les USA) possèdent 40% des voix, or notre sultan, croyant que seul l’accord de la France suffisait largement, a dormi sur ses lauriers, ignorant royalement les autres pays ; la France n’a que la voix de ses actions et n’a aucune influence sur celles des autres pays européens contrairement à ce qu’auraient pensé nos néo colonisés.

– Apparemment les voix des européens ont été déterminantes et le Nigeria aurait raflé la quasi totalité. La raison est simple, c’est une question d’intérêt. Il n’y a pas de comparaison entre le Tchad et le Nigeria en matière du poids et les intérêts économiques des occidentaux. Il n’y a pas non plus comparaison entre un despote président à vie dont la mal gestion est patente dans tous les domaines, pourfendeur invétéré des droits de l’homme, faisant partie du top 10 dictateurs et dont la famille a pris en otage le pays, ses habitants et ses ressources, et un président notoirement connu pour sa probité, sa rigueur et qui vient d’être élu de la manière la plus transparente. Et enfin il n’y a pas comparaison entre un cadre aux bottes et à la dévotion de son président, complice de toute la gabegie, incapable de gérer son département qu’à coups des micmacs, baissant toujours la tête vis à vis des parents analphabètes du sultan dont il est cosignataire de leur nomination et continuerait certainement à recevoir des instructions de ce même président une fois élu, et un ministre reconnu pour sa compétence et son intégrité, qui a fait doubler la production agricole du Nigeria en 4 ans, nommé l’homme de l’année par le magasine « Forbes » ! Il n’y en a pas de comparaison.

L’échec du Tchad et par ricochet celui de Bedoumra fait des heureux et des malheureux. Des malheureux d’abord : selon des rumeurs persistances, la majorité des cadres du ministre auraient souhaité de le voir partir. Les agents du ministère seraient ecoeurés non seulement de la gestion catastrophique du département mais surtout des nombreuses couleuvres que le sultan et son harem font subir au ministre au vu et au su de tout le monde. Les heureux, sont les agents de la BAD ; Bedoumra étant un ancien cadre responsable de la maison, il n’avait pas du tout laissé l’image d’un bon gestionnaire ni de probité dans ses relations avec les États membres et puis quelqu’un de la maison aura toujours des cas personnels à régler, alors son échec serait retentit au sein de la maison comme un soulagement.

Aujourd’hui, dans le harem du sultan Bedoumra Kordjé est un des rares à avoir la stature d’un homme d’État. Il est toujours élégamment habillé, il a un langage et des locutions économico financiers assez riches, une maîtrise parfaire de la langue de Molière, une posture et un gestuel agréables à le voir et l’écouter. Mais ce ne fut pas suffisant pour gagner la confiance des gouverneurs de la BAD.

BF


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