A la Une: Tchad, la vengeance de Déby – Rfi

L’armée tchadienne a mené une expédition punitive contre les positions des islamistes de Boko Haram en territoire nigérian. Ses forces aériennes sont intervenues sur la frontière entre le Nigeria et le Niger et non loin de la frontière camerounaise.

Etant rappelé que Ndjamena accuse Boko Haram d’avoir perpétré les attentats suicides de lundi dernier, les images de ces attentats prises par une caméra de vidéosurveillance installée devant la direction de la sécurité publique ont été diffusées par la télévision tchadienne avant d’être mises en ligne le journal tchadien Alwihda. Images sans son, sur lesquelles deux silhouettes apparaissent en arrière plan, s’avancent sur un trottoir, interrogent un agent en faction. Et puis c’est l’explosion et la stupeur.

En ordonnant ce double-raid, le président tchadien Idriss Déby a réagi en « fauve blessé », et il n’a pas fait « dans la dentelle », estime au Burkina-Faso le quotidien Le Pays. Qui craint qu’au nom de la lutte contre Boko Haram, l’Etat tchadien ne se livre à une « violation des droits de l’Homme », après l’interdiction du port de la burqa au Tchad. Une « éventuelle » violation des libertés individuelles et collectives n’est « pas à exclure », du fait de l’état de la démocratie au Tchad, prévient le confrère ouagalais, selon lequel la lutte contre la secte ne devrait pas servir d’alibi à Deby pour « régner ad vitam aeternam » sur le Tchad.

Ce double raid aérien tchadien visait, selon Ndjamena, à démontrer la détermination du Tchad à répondre à Boko Haram. Détermination ? « Vengeance », plutôt, énonce Guinée Conakry Info. « Et après ? », interroge le site internet guinéen. « Par orgueil, par devoir et par patriotisme, le président Idriss Déby ne pouvait (pas) ne pas sévir contre ses ennemis jurés (…) Mais, maintenant que le Tchad a fait entendre les armes et assouvi quelque peu sa soif de vengeance, son besoin de représailles militaires dissuasives, les choses sérieuses, pourrait-on dire, commencent. » Car, prévient le journal guinéen en ligne, « telle une hydre ou un serpent à sept tètes, (Boko Haram) pourrait rejaillir quelque part encore, pour frapper aussi fort ».

Boko Haram : l’escalade

Justement,  les islamistes de Boko Haram ont concomitamment attaqué deux villages dans le sud du Niger, dans la région de Diffa. Selon l’hebdomadaire Libération-Niger, « 27 corps ont été enterrés en présence du gouverneur de Diffa, à Lamana, principalement des femmes et des enfants. Les terroristes ont continué sur N’goumaoua, un autre village à quelques kilomètres de Lamana où ils ont fait d’autres victimes et brûlé tout le stock de paille pour animaux. »

Migrants : la route de la mort

Et puis, en prélude à la Journée mondiale des réfugiés qui aura lieu demain, toute la journée, RFI revient ce vendredi sur le drame des migrants. Et en France, le quotidien Le Parisien inventorie les « dictateurs » qui sont, selon lui, à l’origine de la crise migratoire. Le journal en épingle trois, dont deux africains : les présidents soudanais el-Béchir, et érythréen Afewerki. Le premier, c’est « le criminel », lance Le Parisien, qui rappelle les poursuites engagées contre Omar el-Béchir par la CPI à la suite de la guerre au Darfour, conflit qui a fait, rappelle le journal, « deux millions de déplacés ». Le second, c’est « le paranoïaque », fustige ensuite Le Parisien, qui accuse Issayas Afewerki d’avoir construit un « Etat totalitaire, sorte d’immense camp de travail forcé où les habitants font figure d’esclaves ».

Mais avant de parvenir aux frontières de l’Europe, les migrants bravent nombre de périls. Le désert nigérien notamment, qui est, avec la mer Méditerranée, « l’autre tombeau des migrants africains », souligne Libération, après la découverte, la semaine dernière, de 18 corps sans vie de migrants près d’Arlit, et de 30 autres lundi, près de Dirkou. Les premiers venaient du Mali, de Côte-d’Ivoire, du Liberia, de Centrafrique, du Burkina Faso et du Sénégal. « Ils étaient en route vers l’Algérie », note Libé. Ceux de l’autre convoi, venus du Burkina Faso et du Sénégal, « se rendaient sans doute en Libye », complète-t-il.


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