Boko Haram. Le Tchad dans l’œil du cyclone – courrierinternational

Alors que le pays est encore sous le choc du double attentat suicide du 15 juin contre le commissariat et l’école de police de N’Djamena (au moins 38 morts et plus de 100 blessés), le groupe terroriste a perpétré, le 29 juin, une nouvelle attaque. L’analyse du quotidien burkinabé L’Observateur Paalga.

Le 29 juin, un nouvel attentat a fait dans un quartier de N’Djamena, la capitale du pays, 11 morts, soit cinq policiers et six terroristes présumés.

Cette attaque intervient deux semaines, jour pour jour, après le double attentat, toujours à N’Djamena, contre un commissariat central et une école de police et dont le bilan s’est établi à au moins une trentaine de morts et une centaine de blessés. Une action terroriste dont le mode opératoire, usage d’engin à deux-roues, a vite conduit les autorités tchadiennes sur la piste du “Chacal”, ainsi qu’on surnomme le chef de la secte islamiste nigériane, Abubakar Shekau.

Mais depuis cette opération kamikaze, une véritable battue est organisée dans tout le pays. Sans nul doute que “Super” Deby, dont les troupes ont causé d’énormes pertes à Boko Haram au Nigeria, a vécu cette intrusion sanglante sur ces terres comme un véritable affront.
Il faut s’attendre à des désagréments

Certes, on peut trouver à redire sur certaines mesures de sécurité édictées par le gouvernement. Comme sur celles portant sur l’interdiction du port de la burqa, ou du renouvellement des pièces d’identité. Mais face à un péril qui menace la stabilité de toute une nation, il faut s’attendre à des réponses susceptibles d’engendrer un tant soit peu quelques désagréments.

Et malgré la deuxième attaque, on ne peut pas dire que cette opération de ratissage, déclenchée il y a deux semaines, a été infructueuse. En effet, dimanche dernier [28 juin], les forces de sécurité ont mis la main sur un individu suspecté d’être l’âme damnée de l’infâme Shekau pour le Tchad ainsi que sur plusieurs de ses hommes de main.
Attentats suicides : le port de la burqa interdit

Le 29 juin, c’est un véritable arsenal de guerre dont des sacs d’explosifs, des têtes d’obus et d’importants documents qui a été saisi. Sans compter les téléphones portables dont les relevés ont permis l’interpellation d’une soixantaine de personnes de nationalités camerounaise, nigériane, malienne et tchadienne.

Tout porte à croire que Boko Haram a décidé d’exporter la guerre sur le territoire de son pire ennemi, Idriss Deby, afin de le contraindre à rappeler ses troupes à la rescousse. Mais on sera toujours loin de ce retour urgent des combattants tchadiens à la case départ, à condition que la force conjointe des Etats membres de la Commission du bassin du lac Tchad ne laisse aucun répit à un ennemi qui met en péril la stabilité de toute une sous-région.


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