Boko-Haram s’est implanté au Tchad

Ainsi donc Deby a fait entrer et installer durablement Boko-Haram dans le Pays : en deux semaines, 3 opérations et plus de 80 morts (selon des sources fiables).

Avant l’opération du 29 juin, une certaine unanimité s’est dégagée dans l’opinion tchadienne. Le régime de N’Djamena était en perte de pouvoir sur le plan national, en perte de notoriété et de leadership sur le plan international. Il (le régime de N’Djamena) voyant s’accumuler les difficultés socio-économiques, aurait fabriqué lui-même les attaques du 15 juin. L’attitude nonchalante, désinvolte et presque détachée du chef de l’Etat et la cacophonie des services des renseignements, avaient fortement corroborée cette impression. Le gouvernement, pour redorer son blason, qui est en train de ternir, a créé l’évènement.

Avec les évènements du 29 juin les avis semblent modérément évoluer. Mais on continue à croire que le Gouvernement est directement responsable des malheurs actuels de la population. Faut-il le rappeler, et on ne se lassera jamais de le répéter, que Deby a énormément contribué à la création de Boko-Haram avec son ami et partenaire en affaires le célèbre SAS (Senator Ali Sherif). Boko-Haram avait pignon sur rue à N’Djamena.

Et puis, comme à son habitude, Deby changea de fusil d’épaule et sans prévenir ses amis de Boko-Haram. Contre toute logique (économique, sociale, politique et morale), Deby s’est mis à combattre son allié d’hier. Cet allié est son voisin direct et il n’y a pas de pire situation que de vouloir combattre celui qui vous connaît très bien.

Durant les 25 ans de règne, à l’insu des tchadiens, Deby a créé un important ingrédient, voire un catalyseur propice aux activités terroristes au Tchad. Comme tout le monde le sait le pouvoir MPS de Deby est arrivé dans les mallettes du régime tourabiste du Soudan. Les occidentaux s’étaient inquiétés que le régime MPS fasse basculer le Tchad dans le giron des islamistes et que le Tchad devienne le centre névralgique des activités islamistes. Ils se sont alors précipités à créer et mettre à la disposition du nouveau régime des boucliers. Chacun de ces partenaires occidentaux se proposa de former des contingents anti-terroristes, des contingents de la protection présidentielle, etc… Et en un laps de temps le Tchad a eu le nombre le plus important des anti-terroristes formés dans les meilleurs centres européens et israéliens, une garde prétorienne formée aux meilleures méthodes de protection des personnalités. Contre toute attente, Deby se débarrassait au fur et à mesure qu’on lui fournissait ces éléments. Il répétait inlassablement, «un anti-terroriste est un terroriste en puissance, un soldat formé pour la protection est une menace permanente pour la personne à protéger.» Et, Deby de s’entourer des gens sans aucune qualification. Résultat, les tchadiens meurent massivement par incompétence et manque de professionnalisme. Et surtout par la méchanceté de leur chef suprême qui ne veut que des résultats et uniquement des résultats au mépris de l’art militaire qui privilégie avant tout la vie des soldats.

Lors des évènements du 29 juin, c’est le manque du professionnalisme qui a causé la mort des 15 personnes : on ne s’invite pas bêtement et sans précaution aucune dans un nid où les terroristes sont en réunion !

Aussi donc, au Tchad d’aujourd’hui, on trouve de nombreux éléments formés et passés à la trappe et prêts à être utilisés par n’importe qui et pour faire n’importe quoi. C’est pourquoi les tchadiens en général et les NDjamenois en particulier sont sceptiques des explications contradictoires données par les autorités. Aucun élément réellement identifié Boko-Haram n’a été présenté à la presse et aussi étrange que cela puisse paraitre Abubakar SHEKAU et son organisation n’ont jamais revendiqué les attentats de N’Djaména !

Par son goût excessif de l’argent et par sa recherche effrénée d’une notoriété internationale imméritée, Deby a entrainé Boko-Haram dans la maison : le constat est sans appel. Désormais Boko-Haram est au Tchad par sa faute.

La présence de Boko-Haram au pays signifie que Deby a réalisé ce que les musulmans du Tchad avaient obstinément, opiniâtrement et savamment évité depuis des lustres : que le Tchad ne devienne pas un terreau de propagation du djihadisme médiéval et obscurantiste. Le Tchad, de part sa situation géographique, va devenir le centre d’exportation du terrorisme dans le reste de l’Afrique subsaharienne. Tous les anciens régimes avaient su gérer l’élément religieux, en déconnectant totalement de l’élément politique. La tolérance inter religieuse au Tchad était citée en exemple.

Face à Boko-Haram, les tchadiens seront surpris d’être seuls, eux qui ont accouru partout en Afrique pour combattre Boko-Haram ou assimilés, ils risquent d’être seuls chez eux pour y faire face. Déjà le Cameroun a répondu du tic au tac au renvoi de ses citoyens du Tchad. Le Nigeria n’avait pas du tout apprécié les déclarations mensongères du Tchad sur les bombardements fictifs sur son territoire. Quant aux amis français, ils ont disparu des écrans !

C’est pourquoi les tchadiens doivent se mettre debout, debout comme un seul homme pour bouter ce régime pourri, dirigé par un prédateur prêt à vendre son âme et le pays au premier venu. Ce régime qui a privatisé toutes les ressources du pays au profit personnel de Deby et celui de sa famille. Ce régime est le seul responsable de ce qui se passe actuellement au Tchad.

C’est la chute de ce régime qui favorisera l’arrêt du djihadisme au Tchad et la disparition de Boko-Haram du pays.

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad


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