Des rebelles arabes du Darfour se disent eux aussi victimes – Reuters

Des rebelles arabes du Darfour accusent le gouvernement soudanais de fomenter des tensions ethniques dans la région ravagée par la guerre afin de diviser pour mieux régner, et rejettent l’assimilation fréquente des Arabes aux redoutés miliciens « djandjaouids« .

Le Front des forces révolutionnaires unies (URFF), groupe à dominante arabe opposé au gouvernement de Khartoum, dit avoir essuyé un nombre croissant d’attaques de l’armée au Darfour ces dernières semaines, notamment un raid opéré le 11 août et au cours duquel il affirme avoir capturé douze soldats.

« Le gouvernement du Soudan cherche à séparer les Arabes des Africains, à les dresser les uns contre les autres« , a déclaré à Reuters le secrétaire général de l’URFF, Mohamed Ibrahim Brima, lors d’une interview au Tchad voisin.

Le conflit du Darfour oppose des rebelles souvent issus de communautés agricoles noires aux troupes gouvernementales et à leurs alliés djandjaouids, miliciens en majorité arabes accusés d’attaques sanglantes contre des villages qui ont chassé de chez eux une grande partie des 2,5 millions de déplacés du Darfour.

« Oui, Khartoum a créé des milices – mais d’autres groupes ethniques sont impliqués autant que des Arabes (…) Les Arabes font partie eux aussi du Darfour et nous souffrons autant que les autres« , a dit Mohamed Brima.

« Nous ne sommes pas aux côtés des milices – nous sommes contre tous ceux qui attaquent la population du Darfour (…) nous sommes contre ces gens, même si ce sont des Arabes, a-t-il ajouté. Les gens du Darfour forment une seule nation, on ne doit pas les séparer.« 

« Le gouvernement du Soudan croit qu’il ne pourra gagner que par la guerre, aussi devons-nous être prêts à nous défendre. »

L’URFF, l’un des groupes les moins connus de la nébuleuse insurrectionnelle du Darfour, fait partie de l’Armée du front populaire démocratique (DPFA), alliance rebelle arabe qui a revendiqué l’enlèvement de douze soldats le 11 août au village de Souja, dans l’ouest de la région.

Khartoum a démenti tout enlèvement de soldats.


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