ALI A. Haggar face à l’arrestation du Gal Béchir A. H

Mr Ali Abdelrahmane Haggar, actuel recteur de l’Université du Tchad a écrit à son grand frère le Gal Béchir Ali Haggar, incarcéré à la prison de Moussoro (Bahr El ghazal), une longue lettre et l’a postée sur les réseaux sociaux.

De l’avis général, Ali Abdel Rahman est un homme des lettres et un écrivain, aussi il serait un peu difficile pour un néophyte de déceler, entre les lignes, la vraie teneur du message adressé à son grand frère. Cependant, il faut relever deux points:

– 1) Dans sa lettre, AAH souligne l’injustice du jugement dont a été victime son grand frère; certes, même si Mr AAH n’est pas rentré dans les détails, on ne pourrait être que d’accord sur ce point.

– 2) Mr AAH semble accepter le verdict au nom du respect des lois de la république et appelle en conséquence les membres de sa famille HAGGAR à respecter aussi le verdict du procès au nom du même principe. Sur ce deuxième point, il serait très difficile voire indécent d’être d’accord avec Mr AAH ni sur la forme moins encore dans le fond. On ne peut jamais s’accommoder à l’injustice et le pire est que Mr AAH appelle ses frères à la résignation et à la soumission.

Au 21ème siècle, quel que soit la férocité du régime dictatorial on ne doit pas s’en accommoder et moins encore justifier ses dérives. L’appel de Mr AAH à la résignation ressemble donc fortement à une justification du mutisme effarant et l’attitude «caputilatoire» observés par les membres de la famille depuis la condamnation et l’incarcération d’un de leurs dans le bagne de Moussoro. En effet, un proverbe de chez-nous ne dit-il pas que : «on ne peut pas courir quand on a les poches pleines d’œufs ».

Depuis ce déni de la justice, seuls les enfants du Gal s’agitent désespérément dans un environnement déserté par leurs parents. Aucune voix familiale n’est venue à leur secours. En désespoir de cause, les enfants accusent, pèle mêle, tout le monde y compris les ADH de non-assistance à personne en danger. Mais curieusement ces mêmes enfants évitent soigneusement de faire cas de l’attitude de leurs parents, des membres de leur large famille.

Il faudrait rappeler que l’arrestation du Gal Béchir sera un cas d’école sur le plan social. En effet, dans la partie septentrionale du Tchad, la Famille Haggar, sultan du Dar- zaghawa, serait peut-être la plus nombreuse, la plus scolarisée et la plus riche. Mais aucune réaction réprobatrice d’aucun membre de la famille (à l’exception de quelques réunions de façade des jeunes) ne s’était manifestée contre cet affront. Dans ces conditions à quoi servirait donc d’être au Tchad membre d’une large famille et de surcroit nantie ? Une large famille ne serait-elle pas synonyme de puissance sociale et économique?

Certes, Le Gal Béchir n’est pas la seule victime de l’injustice du pouvoir des Itno, loin de là ; des centaines des tchadiens sont arrêtés sans aucun procès, sans aucune visite d’un juge ou des parents et jetés dans les différents bagnes du Tchad dans l’indifférence totale. Est ce qu’on sait qu’il y a aujourd’hui des ressortissants du centre et du sud dans le nord et l’extrême nord du pays depuis plus de 30 ans, mi- militaires, mi- esclaves? Mieux, on ne saura jamais le nombre exact des prisonniers décédés dans le bagne de Korotoro? Selon un ancien bagnard, le nombre des tombes dépasse celui des détenus du bagne.

Deby arrête qui il veut, quand il veut et comme il veut et obtient sans aucun bronchement le sceau

approbateur d’une justice instrumentalisée et sous ordre. Toutes les institutions judiciaires exécutent sans gêne les volontés machiavéliques et sinistres du monarque. Il n’y a au Tchad ni une justice équitable ni des juges crédibles. Pourrait-on compter les différents actes hors la loi exécutés par le système judiciaire sous l’injonction du monarque ? Jamais ! Mais on pourrait citer certains qui ont fait date. On se rappelle du feu vert donné par la Cour suprême pour l’exécution de 11 personnes dont Adouma Ali Hassane ; des condamnations à mort et à perpétuité des chefs des mouvements rebelles sans qu’aucune cour ne fût réunie ne serait-ce que pour la forme ? Depuis 3 ans, sur ordre du président, aucune décision de la justice relative à l’indemnisation des victimes de l’Etat n’est exécutée. Plus récemment encore, la justice a dissout un parti politique créé par un zaghawa, parce que tout simplement le monarque, se considérant le sultan de tous les Béris refuse qu’un des sujets parle un autre langage que le sien !

Dans ce sombre tableau peut-on vraiment parler des lois et des procès républicains auxquels il faut se soumettre ou appeler les siens à les accepter ?

A l’heure actuelle, il y a beaucoup des tchadiennes et tchadiens, au risque de leur vie, s’opposent quotidiennement, à leur façon et selon leurs moyens, à la dictature et à la décrépitude de l’Eta tchadien. Une autre catégorie des tchadiennes et tchadiens, en exile, s’emploie aux mêmes tâches. Une dernière catégorie, s’emploie les armes à la main sous les arbres, la faim de le ventre pour atteindre les mêmes objectifs. Si, on ne se retrouve pas dans ce contexte de révolte généralisée et qu’on n’a pas le courage moral, et surtout intellectuel d’en faire partie de ces hommes courageux, alors le silence serait d’or ! Tout simplement. Et l’hymne de l’empire du Wassulu ne disait-il pas : «Si tu ne peux dire la vérité en tout lieu et en tout temps, fais appel aux hommes les plus courageux».

Mr Idris Deby a fait une grosse erreur en voulant donner un vernis judiciaire à sa hargne personnelle contre le Gal Béchir. On se rappelle qu’il avait rasé un carré entier à Ridina juste pour raser la maison du Gal Béchir. Le président aurait du prendre le Gal et le jeter dans le bagne de Korotoro comme il le fait quotidiennement avec tous les tchadiens et ça serait passé comme une lettre à la poste ; mais le faire juger comme un agent de la DDS au même titre que les autres, frise le ridicule et révèle, s’il en était besoin, aux tchadiens et au monde entier que le système judiciaire tchadien est factice, à son service et sous ses bottes exclusifs.

Oui, Mr Deby a un besoin viscéral pour faire arrêter le Gal Béchir, le juger, et le faire condamner, pour plusieurs raisons principales et ce, malgré son innocence flagrante et avérée. (Pour l’histoire, les 15 ans écopés par le Gal ont été dictés personnellement par M. Deby au procureur).

1 – Le Gal Béchir est l’un des rares militaires de la partie septentrionale qui a une formation militaire solide et complète. Lauréat de l’École des officiers de N’Djamena, de l’École des officiers parachutistes d’Antsirabe (Madagascar) et de Pau en France où il avait eu comme co-chambrier un certain Blaise Compaoré; du centre des para commandos de Gbadolité et des plusieurs Écoles et centres de formation européens, c’est un militaire qui a une grande expérience du terrain et de l’administration militaire ; il a des relations à travers toute l’Afrique avec des promotionnaires. Cela le cœur de Deby ne veut et ne peut jamais l’accepter ou le tolérer.

2 – Le Gal Béchir connaît parfaitement et trop bien même Mr Deby qui a été son bleu à l’école des officiers à N’Djamena en 1975-76. Mais la faute du Général est qu’il en fait de cette connaissance sa causerie monotone. Et il en parle partout, dans les réunions, dans les assemblées traditionnelles, dans la rue, dans les bars, il parle trop ! Et Deby entend cela puisqu’on le lui rapporte tout. Pour le dompter il l’a nommé à plusieurs reprises à de grands postes de responsabilité. Malheureusement  ce ton nasillard du Gal Béchir continue à le vilipender à tous les coins des rues. Son refrain quotidien est de dire que M. Deby n’a aucun diplôme à part le BEPC ! Et le Gal était allé trop loin selon Deby en le traitant de tous les noms d’oiseaux lorsque ce dernier s’est ingéré dans des problèmes internes de succession de la famille Haggar.

3 – Même si les Béris appartiennent à des régions administratives différentes, le sultanat de Kobe était incontournable chez tous les Béris du Tchad, à des degrés différents. Le sultanat était une puissance locale qui avait certes des relations souvent mitigées avec les uns et les autres, mais son rôle dans la société Béri et la place historique qu’il occupait, lui ont donné une référence qui transcende les frontières géographiques de Dar-Zaghawa. Cela a permis à beaucoup des membres de cette famille d’occuper des hautes fonctions dans l’administration tchadienne. Cela a certainement engendré un mythe d’invincibilité et d’intouchabilité dans l’esprit de certains. Cette attitude agaçait profondément Mr Deby qui n’a en réalité jamais eu des relations intimes et d’estime avec la Famille Haggar  Nonobstant cette méconnaissance de la famille, sans nul doute Mr Deby traine dans son subconscient les sentiments mitigés et les conflits larvés qui existaient entre les communautés Kobe et Bilia au temps de ses grands parents et qui n’existent plus aujourd’hui. Mais en homme perpétuellement rancunier et désaxé il en fait une de ses préoccupations majeures au détriment de la gestion du pays. Il voudrait refaire l’histoire, se venger, casser la famille Haggar, la dompter, l’humilier. Tels étaient quelques-uns des objectifs de Mr Deby depuis son arrivée au pouvoir. L’assassinat de Bichara Digui suivi du manque total de réaction de la part des membres de la Famille, a donné un avant-goût. Et la destitution de Bokhit et l’arrestation du Gal Béchir sont les points finaux du processus de démolition de la famille Haggar, selon le monarque d’Amdjeress..

La condamnation du Gal Béchir est aussi un bras d’honneur en direction de Daoussa Deby et à toute sa famille maternelle. Chez les Béris, il y a un proverbe qui dit que«si on veut provoquer son frère germain, il faut s’attaquer à sa belle famille, par contre si on veut provoquer son demi frère, il faut s’attaquer à sa famille maternelle,» le vieux Ali Haggar est l’oncle maternel direct de Daoussa, donc Béchir son cousin direct. Et Mr Deby en arrêtant et condamnant injustement le Gal Béchir, nargue Daoussa et sa famille maternelle qui est localement une communauté importante.

Mahamat Ahmat
N’Djamena – Tchad


Commentaires sur facebook

12 Commentaires

  1. daoussa

    Malgres tout, c’est aussi grace a Idriss Deby Itno que ces tarres sont devenus ce qu’ils sont aujourd hui. que ca soit le(s) generale(s). les plus riches beris et autres je ne sais quoi. vous devez remercier Mr I D Itno, bande des laches. il a bien merite son sultana de beris,

  2. abou moussa

    Hum,encore est-il qu’il faut que l’on vous révèle les faces cachées de ces deux HAGARDS.

  3. daoussa

    Liste des inculpés mis en accusation par la décision de la Chambre d’instruction de la Cour d’appel de N’Djaména en date du 23 octobre 2014 :

    1. SALEH YOUNOUS ALI, ancien directeur de la DDS (1983-1987)
    2. MAHAMAT DJIBRINE dit El Djonto, ancien coordinateur des services de la DDS, membre présumé des commissions chargées de la répression contre les membres des ethnies hadjarai et zaghawa ;
    3. WAROU FADOU ALI, ancien chef de la Sécurité fluviale, membre présumé de la commission chargée de la répression contre les membres de l’ethnie zaghawa ;
    4. NODJIGOTO HAUMAN, ancien directeur de la Sureté nationale, membre présumé de la commission chargée de la répression contre les membres de l’ethnie zaghawa ;
    5. SABRE RIBE, ancien agent de la Brigade spéciale d’intervention directe (BSIR), bras armé de la DDS, membre présumé de la commission chargée de la répression contre les membres de l’ethnie hadjarai ;
    6. MAHAMAT WAKAYE MAHAMAT, ancien directeur adjoint de la Sureté nationale, membre présumé de la commission chargée de la répression contre les membres de l’ethnie hadjarai ;
    7. ABDELKADER HASSANE dit RANGERS, ancien chef du service des étrangers de la DDS ;
    8. IBEDOU ABDERLKERIM, ancien agent des sources ouvertes de la DDS et ancien chef du service de liaison militaire extérieur de la DDS ;
    9. BRAHIM DJIDDA, ancien directeur de la sureté nationale ;
    10. NBANG HANAN, ancien chef du service formation et recrutement de la DDS, membre présumé de la commission chargée de la répression contre les membres de l’ethnie zaghawa, présumé décédé ;
    11. MAHAMAT DJOUNG DJOUNG, ancien chef de la DDS à Mongo, présumé décédé ;
    12. HISSEIN CHAHAD, ancien directeur du service exploitation de la DDS, présumé décédé ;
    13. MBODOU BOUKARI MOUSSA, ancien chef d’antenne de la DDS et de la sécurité fluviale ;
    14. MBAÏKOUBOU LAOUTAYE NESTOR, ancien contrôleur de la DDS et ancien directeur adjoint de la DDS,
    15. CHERIF HALIKI HAGGAR, ancien chef de sécurité de la DDS à l’aéroport de N’Djaména ;
    16. HADJI ADDA, ancien agent pénitencier ;
    17. ABBAS ABOUGRENE DAOUD, ancien chef de la Sécurité fluviale et du service recherche de la DDS ;
    18. YALDE NAFFIMBAYE, ex SAMUEL, ancien chef adjoint du service de renseignements de la DDS et ancien chef du service exploitation de la DDS ;
    19. MAHAMAT MBODOU, ancien agent de la BSIR ;
    20. NODJINAN MAYADINGAM JEROME, ancien chef adjoint du service exploitation de la DDS en 1988-1989 ;
    21. KHALIL DJIBRINE, ancien chef de service de la DDS dans le sud en 1983-1984 ;
    22. KOCHE ABDELKADER, ancien directeur de la Sureté nationale ;
    23. ALI MAHAMAT SEÏD dit ALI YEC, ancien agent de la Sécurité fluviale et de l’aéroport de N’Djaména ;
    24. OUMAR SOUNI CHAHA, ancien commandant de la BSIR ;
    25. TOKE DADY ancien directeur de la DDS, actuellement recherché ;
    26. MOUSSA OUTMANE ABDERAMAN, ancien chef du service intérieur et extérieur de la DDS ;
    27. MAHAMAT ATTEÏB ABAKAR, ancien chef d’antenne de la DDS ;
    28. BECHIR ALI HAGGAR, ancien commandant de zone au Moyen-Chari en 1984 ;
    29. ISSA IDRISS, ancien commissaire à la police judiciaire et aux Renseignements généraux.

    • taq

      daoussa si tu ne connais pas la liste des DSS aller chercher commande de zone ne rien dire de la  DSS deby est un cemga et brahim itno ministre iniaiteur de DSS  deby ne nest pas ammene  MPS qui ont ammene MPS sont morts

  4. Hissein

    Mr daoussa le tchadactuel est un réseau social et débat donc si tu n’a pas un argument solide pour te défendre ce pas la peine d’insulter les gens d’ailleurs le Gal bechir est un militaire de formation ni un policier pour être à la DDS. Un commandant de zone est le représentant de l’état major dans un localité quelconque. Mr daoussa on connaît ta position donc arrête des chantages.

  5. MS

    Un peu de Tchadvision chers compatriotes de tchadactuel ! 

  6. abou moussa

    Mais mr Tag,  il s’agit justement des massacres de 1984 à Sarh où ton parrain assure le commandement donc recoupement  exact.

  7. daoussa

    Mr taq et Mr hissein, je ne fais pas des chantages, c’ est comme vous avez des arguments solides, que c’est le president Idriss Deby Itno qui est derriere l’ inculpation de Mr Bechir Haggar dans l’ affaire Habre,au contraire c’est la justice qui l’a ratrappe, vous pouvez consulte le rapport de HRW ( plaines des mortsLe Tchad de Hissène Habré
    1982-1990,  Reperession et les crimes dans le sud du Tchad, pages 283,284,285,286
    Écrit par Olivier Bercault en collaboration avec Reed Brody) 
     alors que l’ affaire Habre n’est pas seulement les agents de la fameuse DDS Hissein Habre est inculpe,des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et tortures, et autres répressions sous son regimes, ceux qui avaient travaillé avec Hissein Habré en l’espèce soit en tant qu’auteurs, coauteurs soit comme complices, ont aussi contribues aux crimes commis (les exactions commises) sous Hissein Habre. tous ceux qui ont perpetre diverses infractions et autres delis, devront repondre  leurs actes devant la justice sur la base d’un proces just et equitable. Le proces  Habre a commence, mais beaucoup de verites se reveleront. just  wait and see.

  8. taq

    daoussa tu nest pas encore compris l’affaire de  general Bechir a ete  inculpe a la derniere munite pour dure que tu es complice nest la liste de DDS

  9. Alpha

    Au tchad la justice est morte paix à son âme. Ensevelie et enterrée par son président dans son palais à la ffaveur de l’injustice.  C’est fini pour le tchad d’aujourd’hui !

    • youssouf

      Mr daousa sa veu dire quoi ?         « Malgres tout, c’est aussi grace a Idriss Deby Itno que ces tarres sont devenus ce qu’ils sont aujourd hui. que ca soit le(s) generale(s). les plus riches beris et autres je ne sais quoi. vous devez remercier Mr I D Itno, bande des laches. il a bien merite son sultana de beris »                                                                                                les amis considéré le juste comme un  illettré et griot de son maître.En effet ces types de personnes ne son pas des personne digne.En fin ce leurs mode de vie.