Idriss Deby affirme avoir le "contrôle total" du pays – Le Nouvel Obs

C’est la première fois, depuis l’assaut des rebelles, que le président tchadien s’exprime en public. Les dizaines de milliers d’habitants qui ont fui N’Djamena sont appelés à « revenir immédiatement« .

Le président tchadien Idriss Deby a affirmé mercredi 6 février que son gouvernement contrôlait l’ensemble du pays, s’exprimant en public pour la première fois depuis l’assaut lancé par les rebelles contre le pouvoir.

Idriss Deby a reçu des journalistes au palais présidentiel. Nous avons le « contrôle total« , pas seulement de la capitale N’Djamena, mais de tout le pays, a affirmé le président, vêtu d’un uniforme militaire. Il a également déclaré qu’il n’avait pas été blessé.

Mardi soir à la télévision, les autorités tchadiennes ont appelé les dizaines de milliers d’habitants de N’Djamena qui ont fui les combats depuis samedi à « revenir immédiatement » en l’absence désormais de « menace« .

« Nous demandons à nos compatriotes qui ont été inquiétés et obligés de quitter la capitale de revenir immédiatement« , a déclaré à la télévision nationale le général Mahamat Ali Abdallah, commandant des opérations de l’Armée nationale tchadienne (ANT).

Reprise des émissions de télévision

« Il n’y a aucune espèce de menace (…) sur la capitale ou ailleurs« , a ajouté le général en tenue militaire lors du journal télévisé de 20h00.

Ce journal a marqué la reprise des émissions de télévision interrompues depuis samedi, quand les rebelles tchadiens se sont affrontés aux forces gouvernementales au coeur même de la ville qu’ils ont quittée dimanche dans l’après-midi.

Près de 20.000 Tchadiens se sont réfugiés au Cameroun pour échapper aux combats, a indiqué mardi le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) affirme qu’au moins « 30.000 personnes auraient déjà fui » N’Djamena.
Plus de 3.000 Tchadiens se sont également réfugiés au Nigeria voisin, selon des responsables nigérians de l’immigration.

Menace d’une nouvelle attaque

Les insurgés tchadiens ont menacé mardi de lancer une nouvelle attaque contre N’Djamena, alors que la communauté internationale volait au secours du régime.
Les forces rebelles, qui se sont repliées autour de N’Djamena, sont « en mesure de lancer une nouvelle offensive » sur la capitale, a expliqué le général Nouri. Avant toutefois de reconnaître que la prise de la ville serait difficile en présence de l’armée française.

Du côté du régime tchadien, les derniers développements sur le front diplomatique et militaire suscitent un regain d’optimisme. Ainsi, le Premier ministre Nourredine Delwa Kassire Coumakoye était même à deux doigts de crier victoire. « Il n’y a plus de rébellion. Ils ont tous été décimés. Ceux qui restent sont pourchassés à une cinquantaine de kilomètres de la capitale« , a-t-il déclaré sur France-24.

Une position de force qui permet au gouvernement Déby, un temps menacé, d’exclure aujourd’hui tout cessez-le-feu. « Pourquoi un cessez-le-feu? Ils n’existent plus. Avec qui signerait-on un cessez-le-feu? », a demandé le Premier ministre tchadien.

30.000 personnes ont pris la fuite

Mardi, des tirs sporadiques étaient encore entendus à N’Djamena. Après trois jours de combats et l’entrée temporaire des rebelles samedi dans la capitale, des dizaines de milliers de civils ont pris la fuite. Ces affrontements ont fait, semble-t-il, un grand nombre de victimes parmi les civils, même si aucun bilan officiel n’est disponible.

Selon la Croix-Rouge tchadienne, plusieurs centaines de civils ont été tués dans la bataille et 30.000 personnes ont pris la fuite. Une équipe française du HCR qui s’est rendue à Kousséri, ville frontalière camerounaise, a rapporté que près de 20.000 personnes avaient traversé le fleuve marquant la frontière avec le Tchad pour échapper aux combats à N’Djamena.

Mardi, des soldats ont bloqué deux ponts reliant la capitale tchadienne au Cameroun, empêchant plusieurs centaines de civils de fuir les violences. (avec AP)


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