Françoise Claustre s’est éteint – Libération

L’ethnologue et archéologue française est décédée dimanche à son domicile de Montauriol à l’âge de 69 ans. Elle avait été enlevée en 1974 et détenue pendant 33 mois au Tchad.

Françoise Claustre est morte dimanche, à son domicile de Montauriol, dans les Pyrénées-Orientales. Derrière cette ethnologue et archéologue, chercheuse au CNRS à Toulouse, c’est une des plus longues prises d’otage politique du XXe siècle qui revient en mémoire.

Née le 8 février 1937 à Paris, elle est chargée de mission au Tchad, pour le compte du CNRS, quand elle est enlevée, le 21 avril 1974, par des rebelles désireux de couvrir leur retraite, après des affrontements avec le régime en place. Son mari, Pierre Claustre, directeur de la Mission de réforme administrative au Tchad, sera à son tour fait prisonnier le 26 août 1975.

Ce n’est que le 1er février 1977 que les époux Claustre seront libérés à Tripoli, en Libye, grâce à l’entremise du colonel Kadhafi. Après sa libération, Françoise Claustre a continué à travailler au Centre d’anthropologie de Toulouse jusqu’à la fin de sa carrière.

«La captive du désert»

Son aventure, sur laquelle elle restera très discrète, fera l’objet d’un film de Raymond Depardon, «La captive du désert», en 1989. Le photographe et cinéaste a salué la mémoire d’«une des rares femmes à travailler sur le terrain». Il avait rencontré Françoise Claustre à plusieurs reprises lors de sa captivité dans le désert tchadien. Et avait réalisé en août 1975 «une interview filmée qui est passée au journal télévisé et qui a obligé Valéry Giscard d’Estaing à relancer les négociations». Selon lui, «c’était une femme déterminée qui a été très malheureuse de ne plus pouvoir retourner au Tchad, qu’elle adorait».


La photographe Marie-Laure de Decker, qui l’a également connu captive aux côtés de Raymond Depardon, s’est souvenu de «la plus délicieuse, la plus adorable, la plus merveilleuse, la plus courageuse des femmes».


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