Boko Haram: au Tchad et au Cameroun, un week-end sanglant – Rfi

Le groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest, mieux connue sous le nom de Boko Haram, a frappé ce week-end. Au Tchad d’abord, avec une quintuple attaque kamikaze survenue samedi dans une localité sur les rives du lac et qui a fait 43 morts, dont les kamikazes, ainsi qu’une quarantaine de blessés selon le dernier bilan disponible. Puis, dimanche dans le nord du Cameroun, un double attentat-suicide a visé la localité de Kangaleri, près de Mora. Bilan : 11 morts dont les kamikazes, et une trentaine de blessés.

Au Cameroun, le double attentat a eu lieu tôt le matin dans le village Kangaleri, près de Mora. Les deux kamikazes, comme souvent, ont profité de l’affluence en ce jour de marché pour perpétrer le forfait qu’on leur avait attribué. Dans ce cas, il s’agissait de deux fillettes de 12 et 13 ans, selon les informations communiquées par le gouverneur de la région. Les kamikazes, au moment d’actionner leurs explosifs, avaient été aperçues avec des plateaux de beignets sur la tête. Une technique de camouflage, selon un officier.

Le gouverneur de la région a confié que plusieurs autres attentats avaient pu être déjoués tout le long de la semaine, grâce aux dénonciations de la population et le maillage territorial des comités de vigilance. Il a par ailleurs indiqué que les autorités militaires et administratives avaient été prévenues des risques élevés d’attentats, suite aux pressions que subit la secte islamiste au Nigeria. Les attentats de Kangaleri ont porté le total des attaques-suicides à 15 en territoire camerounais.

Tchad et Cameroun frappés dans le même week-end ; les jihadistes poursuivent leur nouvelle stratégie, multiplier les attaques terrorristes pour frapper les populations civiles, surtout dans de petites localités mal défendues, plutôt que s’assurer le contrôle d’un territoire. Le porte-parole du gouvernement camerounais, Issa Tchiroma Bakary, estime que Boko Haram n’est plus en mesure de se confronter aux forces armées régionales. Et pense qu’il faut développer les comités de vigilance citoyenne : « C’est à la société civile de prendre le relais, la relève, là où les forces de défense et de sécurité ne peuvent pas agir puisque Boko Haram, désormais, ne se présente pas. »

Boko Haram voudrait qu’on parle d’eux. Ils sont en quête de publicité. Vous savez qu’ils ont fait acte d’allégeance à l’Etat islamique. Il faudrait donc qu’ils donnent des gages à l’Etat islamique de leur existence
Issa Tchiroma Bakary, porte-parole du gouvernement camerounais


Commentaires sur facebook