Pourquoi Salay Deby a été limogé ? 1ère Partie

Tout est parti de l’histoire de la maison que Salay s’est fait construire en face de l’Hôtel Chari. Ce palais serait construit suivant un plan architectural importé d’un pays du Maghreb et ce avec l’avis du Sultan, le grand frère de Salay. Quand le palais fut construit, le Sultan a commencé à le lorgner. Il faisait un appel de pied et avec beaucoup d’insistance pour que le cadet le lui gratifie ou qu’il le lui revende. Plus tard cette demande fraternelle est devenue une menace qui pourrait se transformer en réquisition au profit de l’Etat dès lors que cet investissement s’est fait avec le produit des deniers publics. Après plusieurs tractations Salay accepte de vendre le palais et se rebiffe et traite le Général Sultan Président de tous les noms d’oiseaux et finit par lâcher : «chacun de nous est en train de bouffer sa part des biens communs, Daoussa, la SNER et les TICs, toi le pétrole et moi les douanes, le pouvoir est commun à nous tous, nous avons perdu les mêmes frères, donc je n’ai rien pour toi, laisse les autres tchadiens se plaindre et s’agiter.» Et puis ajoute-t-il, «je regrette de le dire mais grand frère, malgré le rang que le Bon Dieu t’a donné tu es trop petit de cœur et d’esprit face aux biens matériels.»

Intervient ensuite le voyage de Paris et IDI en revient très fâché d’avoir été sommé par le président français de mettre de l’ordre dans les régies financières avant de prétendre à une quelconque aide bilatérale ou multilatérale avec la caution de Paris. Les caisses de l’Etat sont vides et des tracts circulent pour un soulèvement populaire. Mettre de l’ordre dans les régies voudrait dire le renvoi de Salay des douanes sans nul doute, mais le Sultan hésite et consulte sa cour et ses bouffons. Alors il appelle son cadet pour l’en informer mais celui-ci refuse de répondre. Il fait intervenir Mr Daoussa Deby qui arrive à faire venir le bambin devant son grand. Avec beaucoup des balbutiements et des circonvolutions le Sultan arrive à prononcer la phrase fatidique : «les blancs m’imposent de te déplacer de la douane.» Ouf, merci, la langue n’a pas fourché ! Salay, imperturbable, lui répond: «fais ce qui te semble bon, mais je te suggère d’apprêter le dia pour le prochain titulaire du poste» et sur ce, il claque la porte. Une fois arrivé à son bureau, Salay rappelle son grand frère et l’injurie proprement tout en lui proférant des graves menaces.

Le Sultan décide de convoquer une réunion de famille et fait le récit de ses démêlés avec Salay et les injures et les menaces que ce dernier lui a proférées et que le renvoi de Salay est une exigence du Président français et demande à ce que Salay soit arrêté et conduit en prison. Devant ses frères Deby a toujours utilisé deux armes : les larmes de crocodile et la démission. Il a pris sa plus belle voix et déclaré : ou que Salay soit mis en résidence surveillée ou que lui IDI démissionne de sa fonction de Président de la République.

Démission ? Non pas question, répond en cœur toute la fratrie. Donc Salay ira en prison. Après plusieurs conciliabules, Salay sera accompagné et installé royalement dans le bureau du Commissaire Central. IDI 1, Salay 0.
Dès cet instant l’étau se resserre autour de Salay. IDI mobilise les moyens de l’État, met les forces spéciales en alerte, renforce sa protection, encercle et fouille les maisons (plus de 58) et le bureau de son petit.
Les crimes et délits commis par Salay sont quantifiés. Des plaintes sont suscitées (plus de 100 parait-il). Des missions à l’étranger sont envoyées pour fouiller ses comptes bancaires. Communiqué du gouvernement, plainte du SGG, décret de nomination d’un remplaçant et tout le tohu-bohu qui s’en est suivi. Il serait transféré du Commissariat aux cellules de R.G.

Les services du procureur sont réquisitionnés. Ils travaillent nuit et jour pour établir des PV. La machine est mise en marche pour broyer définitivement le petit ingrat ! Apres un procès dicté il sera transféré au bagne de Korotoro. IDI jubile, Fin de série ! Un exemple à méditer par tous les autres membres de la fratrie.

Correspondance particulière
N’djaména – Tchad


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2 Commentaires

  1. Abou Harba

    @Mas Le Grand Kemtofils : Le bois mort alimente le foyer pour assurer le chauffage et la cuisson.

  2. Que voulez vous que le président avance comme raison concernant le limogeage de son frère! S’il dit enrichissement illicite ceci est monnaie courante dans notre pays, il peut encore dire détournement des deniers publiques alors c’est une tradition à laquelle tout tchadien est habitué à entendre, alors vaux mieux ne pas donner de raison de peur de se ridiculiser à la face de toute la nation