Les Brèves de N’Djamena – Le calvaire de Mr Salay Deby.

Mr Idriss Deby n’a pas fini de continuer à piétiner son cadet après l’avoir bruyamment terrassé ! En effet coup sur coup il a pris deux décisions très significatives qui sonnent comme une rupture au moins à court terme, ajouter à cela son comportement à l’arrivée de Salay à la place mortuaire de sa sœur défunte. Quand on lui a annoncé l’arrivée de son benjamin accompagné d’une dizaine de policiers, le Sultan s’est promptement retiré dans sa chambre en évitant de serrer la main de son frère ; c’est un geste inadmissible à tous les points de vue et seul un Idriss Deby incorrigible pourrait se le permettre.

  • Après avoir séjourné avec égards et conforts pendant une semaine au bureau du DG de la sécurité, l’ancien DG est transféré sur instruction de son aîné aux cellules de la direction des renseignements généraux. Là-bas, il n’y a ni lit, ni matelas, ni moustiquaires, ni visites accompagnées des divers cadeaux moins encore des plateaux pleins des mets. Non plus il n y a pas des connaissances proches ou lointaines qui, par compassion l’aideraient à se consoler. Les geôliers s’appellent Akhouna WelFanné, Kamiss Kody, Brahim Mamadou Malloumi ou encore Abanga Broumkoukou. Ceux-là n’ont pas beaucoup de sympathie ni de commisération pour un zoulou de taille de Salay tombé par mégarde dans leurs pièges. Cette nouvelle situation aurait réduit l’ex tout puissant DG à sa plus simple expression ; il ne supporterait plus tous les ingrédients d’un prisonnier ordinaire : la faim, les moustiques et la solitude.
  • Selon les sources du village, le Sultan a ordonné les responsables militaires de l’Ennedi-EST de réquisitionner tout le bétail de l’ancien DG/DDI et le mettre à la disposition des différentes unités de la zone pour servir de P.G.A c.-à-d. la bouffe des militaires tout simplement !

Cette nouvelle décision a suscité un malaise dans le milieu maternel de Salay et au-delà le cercle proscrit de Mahamat Itno. Aidés par les sœurs maternelles du détenu, les parents maternels et les cousins Itno ont décidé de demander des comptes au Sultan. Pourquoi cet acharnement, dès lors que toutes les turpitudes de Salay étaient couvertes et soutenues par son grand frère depuis une dizaine d’années ; et ce, malgré leurs nombreuses objections et mise en garde auprès de lui. Donc il n’y a rien de nouveau pour qu’il puisse brimer le petit de la sorte sauf s’il y a des problèmes strictement privés auquel cas ils doivent être associés pour en résoudre. Là Deby fait d’une pierre deux coups : ramasser les biens de Salay mais aussi résoudre les problèmes alimentaires des militaires.

Après quelques agitations habituelles de mépris suivies d’intimidations, le Sultan s’est rendu compte que l’intrusion des sœurs de Salay et la frange Mahamat Itno créeraient des nouvelles fissures dans la famille déjà largement éprouvée. Alors il a donné rendez-vous aux membres du clan maternel de son cadet à Amdjeress dès qu’il sera sur place aux fins d’organiser des grandes funérailles pour sa défunte sœur. Mais le cercle très restreint du milieu a bien remarqué que depuis le transfert de Salay aux R.G, on a renforcé la sécurité de la Présidence, et surtout des réunions se succèdent aux réunions, wait and see !

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad


Commentaires sur facebook

3 Commentaires

  1. Gilbert Diandré

    Trés bon papier

  2. Abou Harba

    Merci Felix. Ceci est tout simplement ubuesque. Ce n’est pas que le cher petit soit digne d’une quelconque sympathie, loin de là. Mais l’affaire, si elle est conforme à la réalité (et RIEN ne permet d’en douter !), confirme que le concept de « gouvernance » est étranger à l’homme qui préside aux destinées du Tchad depuis un quart de siècle. Et qu’ABSOLUMENT PERSONNE dans son entourage n’est en position de rien lui objecter. L’image d’un Idriss Deby OTAGE DE SON CLAN qui l’empêcherait de gouverner le Tchad selon les règles de la probité démocratique s’en trouve quelque peu malmenée. C’est le règne de l’irrationnel absolu. Ce comportement fait penser aux caprices d’un monarque de l’Antiquité gréco-romaine, pharaonienne ou autre obscure époque de barbarie, dans lesquelles le monarque ne faisait que suivre ses coups de tête, ses lubies et son bon-plaisir dans la « gestion » des affaires du royaume ou de l’empire. Selon cette règle du bon-plaisir, ils se permettaient de jeter aux lions affamés à dessein telle concubine dont ils s’étaient lassés des étreintes, tel ministre devenu trop populaire, tel demi-frère aux dents devenues trop longues, et ainsi de suite. En clair, ce qui se passe ici n’a strictement RIEN à voir avec le Tchad. Il ne s’agit pas de punir des indélicatesses commises au détriment du people tchadien. A fortiori, il ne s’agit même pas de corriger le petit (au sens de le rendre meilleur) : il s’agit simplement, pour le Tout-Puissant (majuscules intentionnelles) monarque, de satisfaire un caprice du moment. Parce qu’il en a les moyens. Et peu importe que la victime du moment soit son propre frère de sang. Dieu n’a de comptes à rendre à personne. Il était courant de lire, chez les philosophes du Siècle des Lumières, que les peuples n’ont que les dirigeants qu’ils méritent. Tant que le people tchadien n’estimera pas qu’il mérite d’être gouverné mieux que ça, les Deby et les Habré se succéderont au pouvoir pour longtemps encore…