Tchad: des manifestants dénonçant un viol brutalement dispersés par la police – Afp

Plusieurs centaines de jeunes Tchadiens manifestant lundi à N’Djamena contre le viol d’une jeune fille, dont des images la montrant en larmes avaient été diffusées sur des réseaux sociaux, ont été violemment dispersés par la police anti-émeutes, selon des manifestants et la police.

L’un des protestataires serait décédé lors de la dispersion de la manifestation, a affirmé à l’AFP un manifestant, sous couvert de l’anonymat. Le porte-parole de la police, le colonel Paul Manga, a assuré qu’il n’y a avait pas eu de victime et que deux des présumés violeurs avaient été arrêtés.

Une jeune fille identifiée sous le nom de Zouhoura à été enlevée ce week-end et violée par cinq jeunes hommes, issus de familles d’officiers supérieurs, selon les manifestants.

Après avoir commis leur forfait, ils ont mis en ligne une vidéo – retirée depuis – sur les réseaux sociaux montrant la victime en larmes.

Lundi matin, ses camarades de lycée et d’autres jeunes se sont rassemblées devant le domicile de la victime pour marcher en direction du palais de justice pour réclamer réparation pour Zouhoura.

Les manifestants ont marché dans la capitale munis de banderoles sur lesquelles on pouvait lire « Justice pour Zouhoura » ou « Nous sommes tous Zouhoura, notre dignité bafouée » et en entonnant l’hymne national.

« Lorsque nous sommes arrivés non loin du palais de justice, la police a tiré contre nous des gaz lacrymogènes. Il y a eu aussi des tirs à balle réelle », a raconté l’un d’eux à l’AFP.

« ll s’en est suivi une course poursuite contre nous à travers la ville, et c’est au niveau du lycée de la liberté qu’un de nos camarades est tombé fauché par une balle », a-t-il affirmé.

« Nous avons maîtrisé la situation, il n y a pas eu d’arrestation et pas de victime à ma connaissance », a assuré à l’AFP le colonel Paul Manga, porte-parole de la police.

« Nous avons arrêté deux des violeurs, mis à la disposition du procureur pour la suite de l’enquête », a-t-il ajouté.

Le 6 février, une vingtaine de manifestants qui marchaient « contre la répression » de la jeunesse dans N’Djamena avaient été arrêtés par la police, avant d’être libérés deux jours après.


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