Quand Mme Hinda et son mari ratent la coche.

Les malheureux évènements du 8 février ont dévoilé et étalé au grand jour l’incompétence, l’incapacité et l’amateurisme du gouvernement. On s’est aperçu que ces rigolos qui font office des membres du gouvernement et qui prétendent nous gouverner ne sont en fait que des prédateurs vertébrés mais qui sont prêts à s’enterrer dans leur gîte au moindre alerte.

IL faut rappeler que dans la maison de Mr Deby, le kidnapping et la séquestration des mineures est une ancienne pratique qui est passée à la normalité. Combien de jeunes filles ont été directement enlevées et souillées par le Sultan en personne? Quelques-unes d’entre elles étaient pourtant proches de ses épouses. D’autres, soupçonnées d’être prématurément en grossesse non désirée, avaient disparu de la scène publique sans laisser aucune trace, assassinée ou déportée seul le Seigneur en sait quelque chose. Tout le monde dans la maison s’adonnait vaillamment et sans aucun remord à cet exercice ; il s’est instauré ainsi toute une structure criminelle au sein même du pouvoir dont un des conseillers le plus connu et le plus en vue veillait en personne pour cibler les éventuelles victimes dans tous les milieux et dans toutes les régions aux fins de les rabattre dans leur guêpier et les présenter comme menu au Chef.

De ce fait le phénomène est connu et toléré par le système clanique. Après le père ce sont d’abord les enfants, les neveux, les petits-frères qui se relaxaient à cœur joie et enfin les filles qui mutilaient sexuellement et scarifiaient avec les marques de leurs chameaux les prétendues copines de leur maris. En 2015, l’une des victimes de la première fille du Sultan avait succombé de ses blessures. Le plus choquant est que tout ceci se pratique au nez et à la barbe de toute l’opinion tchadienne, de toutes sensibilités politiques – y compris les associations des droits de l’homme -régionales et religieuses confondues. Quelle est donc cette amnésie qui frappe la conscience collective de tout un peuple face aux pratiques criminelles qui se passent au sein même des résidences du Pouvoir régalien du Pays?

L’arrivée de Mme Hinda en remplacement de Mme Wazina à la Présidence avait donné un air d’atténuation du phénomène sans pour autant l’endiguer ; en fait, la nouvelle épouse n’avait pu qu’arrêter les incessants va-et- vient des gamines et leurs bourreaux à la Présidence. Or, les enfants qui ne pourraient plus trainer leurs proies à la Présidence, avaient continué avec l’aide des copains dans les quartiers, dans des maisons louées pour la circonstance.

Pour revenir à l’évènement du jour, Mr Deby a été informé par ses services de sécurité de l’enlèvement suivi du viol de la fille le même jour mais comme un fait divers et anodin en minimisant la portée. Tout comme le Ministre de la sécurité a trouvé que c’est un fait banal et quotidien. Le dicton populaire dit que « le bœuf qui n’a pas de queue, le seigneur s’en charge pour lui éviter les mouches ». Ici le seigneur c’est le Facebook qui a capté les images ignobles que les délinquants ont par arrogance balancées. C’est une bombe qui a éclaté dans l’opinion nationale et au-delà avec un effet d’électrochoc vibrant et assourdissant.

Pareille situation interpelle d’abord le chef de l’Etat et son gouvernement ; tout l’appareil de l’Etat devrait se mettre en alerte maximale pour circonscrire le problème dans les minutes qui suivent. Pour ce faire le Chef de l’Etat, garant de la sécurité des citoyens et de leurs biens devrait s’adresser à la nation pour calmer les esprits et rassurer la population que le problème est traité à son niveau ; ensuite il devrait se rendre au domicile de la victime pour la réconforter. Pendant ce temps, les forces de sécurité déjà mobilisées doivent traquer les délinquants et les arrêter et les remettre illico au Procureur de la République. Fin de première partie.

C’est à la deuxième partie qu’intervient le rôle combien important de la 1ère Dame. Elle devait en faire de cette situation son problème au propre comme au figuré ; Non seulement elle devrait passer assez du temps auprès de la victime, mais elle aurait dû être la marraine de toute la mobilisation contre les sévices faits aux femmes en tant que 1ère Dame et à ce titre, protectrice de toutes les femmes tchadiennes. Malheureusement elle s’est mue dans un mutisme déconcertant et avec elle toutes les grandes dames. En fait où sont les Ministres femmes, les femmes députés, les femmes des arts et de la culture (Miss Tchad, les artistes . . .) plus grave encore l’absence des réactions des femmes de la société civile !

Rien de tout cela dans le sillage du Sultan et de son épouse, au contraire c’est le Ministre de l’intérieur, avec ses extravagances habituelles qui était allé extirper au domicile la fillette encore sous le choc pour la forcer à dire devant les médias nationales ce qu’elle ne souhaiterait nullement dire. Pire encore donner la parole aux bourreaux pour justifier leurs actes ! Un geste abominable et inconsidéré. C’est lorsque la mobilisation a pris des proportions inattendues que le Sultan fait semblant à peine de simuler un geste le plus incongru : s’adresser à la nation à travers Facebook (une nouvelle retrouvaille, que même beaucoup d’internautes se posent la question sur la véracité) en tant que père de famille et sans aucun mot de compassion pour le jeune Abachou !!! Non l’opinion publique et surtout la jeunesse tchadienne ne voudraient pas entendre Mr Deby comme père de famille, tout simplement parce que c’est un mauvais exemple, mais ils souhaiteraient en pareilles occasions voir et entendre le Chef suprême des forces de défense et de sécurité, garant de leur sécurité se manifester avec toutes les prérogatives que lui sied la République Malheureusement pour le Tchad, aux grands moments il a toujours manqué des grands hommes. Et Mme Hinda rata aussi l’occasion d’être grande.

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad


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