Est du Tchad: 12 tués dans des violences intercommunautaires – Afp

Douze personnes ont été tuées mercredi dans des affrontements entre communautés de la région de Guéréda, dans l’est du Tchad, à une cinquantaine de km de la frontière soudanaise, a indiqué jeudi une source militaire tchadienne à l’AFP.

« Cet affrontement a opposé la communauté tama (…) à la population zaghawa (…) faisant un mort côté zaghawa et 11 morts du côté tama« , a précisé cette source, ajoutant que le calme était revenu jeudi, après l’intervention de l’armée tchadienne.

Un différend entre un Tama et un Zaghawa aurait dégénéré en affrontement meurtrier, suivi de représailles, selon la même source.

Depuis le début 2007, les incidents armés se sont multipliés dans l’est du Tchad entre les communautés tama, d’une part, et zaghawa ou gorane d’autre part, faisant de très nombreuses victimes.

Ces tensions intercommunautaires ont débuté après le ralliement fin décembre au régime du président Idriss Deby Itno d’une faction dirigée par le capitaine Mahamat Nour Abdelkerim du Front uni pour le changement (Fuc), rébellion tchadienne à majorité tama.

Depuis leur ralliement, les ex-rebelles du Fuc ont été chargés par le régime tchadien de sécuriser, avec l’armée tchadienne, la zone frontalière du Soudan, où sont toujours actifs plusieurs groupes rebelles dont une rébellion à majorité zaghawa.

Les tensions déjà existantes entre communautés tama et zaghawa soudanaises au Darfour voisin, en raison de la guerre civile qui sévit depuis 2003 dans cette province de l’ouest du Soudan, ont en outre débordé dans l’est du Tchad.

Le gouvernement tchadien s’est inquiété jeudi de « cette situation d’insécurité qui perdure et risque d’embraser toute la région avec des conséquences imprévisible », selon le compte-rendu du Conseil des ministres.

L’ancien chef du Fuc devenu ministre de la Défense, Mahamat Nour Abdelkerim, qui se trouve déjà sur le terrain, a été chargé « d’engager les forces de défense et de sécurité déployées dans la zone afin de rétablir l’ordre et la quiétude par tous les moyens« , poursuit le communiqué.

Le gouvernement a également sommé « tous ceux qui disposent illégalement d’armes de guerre, (de) les remettre immédiatement aux autorités militaires, administratives ou traditionnelles« .

« En cas de non respect de ce rappel à l’ordre, les forces de défense et de sécurité doivent désarmer par la force tous ceux qui possèdent illégalement des armes à feu et surtout de guerre« , a souligné le conseil des ministres.


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