Tchad: Ahmad Alhabo en campagne pour le PLD de Mahamat Saleh – Rfi

Au Tchad, 8 ans après l’enlèvement et la disparition du n°1 de l’opposition Ibni Oumar Mahamat Saleh, son parti, le PLD – le Parti pour les libertés et le développement – redescend dans l’arène politique et présente un candidat à la présidentielle du 10 avril 2016. Il s’agit de l’ancien ministre et ancien ambassadeur Mahamat Ahmad Alhabo. Au lendemain de la journée ville morte observée par de nombreux citadins du Tchad, l’opposant Alhabo répond, depuis Ndjamena, aux questions de Christophe Boisbouvier.

« Nous nous opposons à la politique que le président Deby mène depuis 25 ans au Tchad. Nous sommes contre l’injustice sociale, la mal gouvernance et surtout la répression. »


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3 Commentaires

  1. Mbodou Mahamat Ousman

    la résistance non violente mais soutenue de 90% de la population solidaire, sans distinction d’origine ou de religion, est l’arme fatale par excellence qui dépasse de loin les hélicoptères français. Dans ce combat sans armes autre que la non-violence, quel hélicoptère peut sauver ou extirper quelqu’un? J’insiste sur les mots « soutenue »
    mais j’insiste aussi sur le mot « solidaire » sans vouloir donner une leçon quelconque à qui que ce soit.

  2. Abou Harba

    La récupération systématique des cadres du pays est l’arme naturelle de toutes les dictatures. D’abord, elles s’empressent d’étouffer toute voie alternative qui puisse constituer un contre-poids économique (et, partant, politique) à l’Etat : elles maintiennent, sciemment, le secteur privé à l’état d’embryon permanent par une politique économique contraire aux lois du marché (tracasseries administratives décourageantes pratiquées à des fins de dissuasion, taxes excessives, opacité  dans l’attribution des marchés publics, non-garantie du respect de la propriété privée et de la sécurité des personnes et des biens, inégalité des chances dans le commerce en général, etc.). Conséquence immédiate et logique : les investisseurs prennent leurs jambes à leur cou et les décideurs prennent leurs distances ! Et l’Etat, super-employeur sans concurrent, exerce une main-mise implacable sur les talents et compétences de toute une nation pour s’assurer de la docilité de concurrents potentiels. Etant donné sa nature dictatoriale, c’est tout naturellement qu’il les utilise à mauvais escient : pour se pérenniser au pouvoir, ce qui est LA SEULE préoccupation d’une dictature. Sans vergogne, il offre aux meilleurs cadres du pays ainsi qu’aux ambitieux de tous bords un marché indécent, cynique et inique : tu veux faire avancer ta carrière ? obtenir une promotion ? occuper des postes prestigieux dans l’appareil de l’Etat ? Facile comme bonjour…mais à deux conditions : 1) Ne pense même pas en rêve à devenir le prochain président de la république ! 2) Promets de manger et de LA FERMER ! Si tu acceptes de remplir ces deux conditions, tous les autres espoirs te sont permis ! Au reste, ouvre les yeux et vois : JE SUIS INCONTOURNABLE ! C’est ainsi que des citoyens sans mauvaises intentions au départ se retrouvent embarqués. à leur corps défendant, dans ce wagon de toutes les turpitudes. Il est vrai que beaucoup s’y sont brûlé les ailes, vendant ce qu’ils ont de plus intime – leur âme – au diable. Mais beaucoup d’autres ont résisté de leur mieux avant de prendre leurs distances lorsque la pression est devenue trop forte… Dans ces conditions, Monsieur Boisbouvier, avec qui ferait-on marcher le pays si l’on devait écarter sans discernement tous ceux qui, à un moment de leur carrière, ont dû servir un régime vieux de 25 ans en voulant servir leur pays – ou simplement faire vivre leur famille ? Il serait plus juste de procéder au cas par cas et de considérer les points positifs et/ou négatifs du parcours de tous les candidats à l’après-Déby. Mahamat Ahmat Alhabbo, pour en venir au vif du sujet, j’ai eu l’occasion de travailler sous ta supervision (quoique pour un temps bien court – le temps d’une session de Baccalauréat dont la présidence du jury t’échut en 1991, alors que ce régime cherchait encore ses marques et jouissait encore du bénéfice du doute de la part de la majorité des Tchadiens). Le souvenir que j’ai gardé de toi est celui d’un homme volontiers intransigeant dans sa détermination à imposer la transparence dans la gestion d’une institution (le BAC tchadien) à la crédibilité fortement entamée – pour employer un euphémisme – tant en luttant contre les cas de « fuites », de « fraudes » et autres transactions opaques qu’en préconisant l’homogénéisation des programmes scolaires francophones et arabophones… Le tollé que cette attitude souleva et le calme imperturbable que tu y as opposé sont restés partie intégrante de ce souvenir. Il est vrai que depuis, nous nous sommes perdus de vue et que je n’aurais rien à dire sur l’évolution posterieure de ta carrière. Je sais seulement qu’elle devint plus politique, te menant au gouvernement puis à la co-fondation du PLD – que je n’ai suivie que de loin, et avant de quitter carrément le pays… Une remarque s’impose cependant : ton parcours est fortement similaire à celui du regretté Ibni Oumar (que j’avais connu dans des circonstances identiques !). Si donc le parti que vous avez fondé ensemble t’a jugé digne de prendre le flambeau pour poursuivre le combat au nom du Tchad, c’est vraisemblablement que tu l’as mérité. Des fins fonds de ma diaspora, je te dis que je crois encore en toi et te souhaite bon courage. Puissent ton courage – et ce calme imperturbable – avoir survécu au péril des compromissions de tous genres et du cynisme. Ces temps que notre pays traverse en ce moment-même sont, comme aurait dit le sage Confucius, « intéressants » – prometteurs et périlleux tout à la fois. C’est dire qu’il faudra des hommes et des femmes capables de les gérer avec toute la hauteur d’esprit et la clairvoyance requises pour en tirer le meilleur parti possible pour le Tchad. Tu es, à mes yeux, de ce nombre.