Haro sur la Communauté Beri et Deby enfonce le clou.

Rappelons que les Béri constituent une communauté bédouine ou semi-nomade à 80%. Elle incarne de ce fait dans sa vie quotidienne toutes les tares des nomades à travers le monde en général et au Tchad en particulier : vol, assassinats, crimes d’honneurs, etc., mais il y a un fait inconnu dans la culture Béri : le viol. C’est une pratique rarissime pour ne pas dire inexistante, sinon ce serait des batailles inter-claniques interminables. En d’autres termes, violer la fille ou la sœur de quelqu’un est perçu comme une provocation voire une agression caractérisée, un appel à un duel d’une famille à une autre, étant donné que dans ce milieu il n’y a pas des actes isolés ou individuels.

Les Béris ont découvert les délices du sexe à partir des années 1978 quand les combattants de différentes tendances du Frolinat s’étaient déversées dans les villes et découvert avec étonnement la banalité de ce qui est tabou chez eux.

Comme disent les sociologues, le phénomène a pris une « envergure sociétale » avec l’arrivée du MPS dont le Chef en personne avait institutionnalisé le viol suivant les conseils de ses gourous indiens et ouest-africains, et a donc érigé en même temps l’impunité dans ce domaine en mode de gestion de l’Etat. Les vagabondages sexuels, la délinquance sénile et leur corolaire le viol et le kidnapping, au lieu d’être réprimés conformément aux lois du Pays, sont au contraire couverts et encouragés par celui-là même qui se dit être le père de la Nation et garant de la sécurité de ses citoyens et de leurs biens.

Aujourd’hui, le locataire du Palais rose s’étonne que l’opinion s’émeuve pour une affaire banale de quartiers et se dit dans son for intérieur que les gens n’ont en fait rien à faire. C’est un homme sadique et maniaque, il jubile en effet quand le peuple souffre, il suffit de regarder son comportement lors des attentats de Boko Haram au marché central de N’djaména et hier pour l’affaire du viol pour s’en rendre compte. Il ne s’attendait certainement pas que cette affaire prenne une telle tournure. Au lieu de calmer l’opinion par des mesures concrètes, Idriss Deby attise la tension anti communautaire en jouant sur plusieurs tableaux. Pour ce faire :

– Il organise nuitamment des rencontres avec les cadres et les notables des autres communautés dans le but de charger au maximum les membres de sa communauté, les Béris en les traitant de tous les noms d’oiseaux et finir par dire que sans lui les Béris vont brûler le pays parce qu’ils sont une race sans loi et ni foi ; par contre seul lui qui peut les retenir pour éviter les dérapages à grande échelle. Il est donc le salut, le prophète sans tache. Ses interlocuteurs le quittent très impressionnés et ne jurent que par lui.

– A la suite du viol de la fillette, toute la communauté Béri, de toute sensibilité confondue, réunie sous une seule bannière avait rédigé un projet de communiquer dénonçant vigoureusement l’ignoble acte perpétré sur une innocente mineure, la soutenant moralement, et enfin demandant que des mesures adéquates soient prises à l’encontre des malfrats. Contre toute attente Mr Deby a bloqué le projet et a mis en garde les principaux acteurs.

– Fait rare dans les pratiques de la communauté musulmane à N’djaména, lors de la prière du Vendredi (19/02/16), tous les imams de différentes mosquées avaient comme un seul homme vilipendé non pas l’acte de viol mais hélas la communauté Béri. Or sachant donc que toutes ces institutions sont presque sous la coupe du Général-Imam Hissein Hassan, il n’est pas difficile de savoir d’où viennent les instructions.

– Il a été remarqué que tous ceux qui agitent le couteau et l’enfoncent dans la plaie à travers les réseaux sociaux en proférant des insanités au nom des Béris avec des slogans creux et bidons du genre : «ne touche pas à mon ethnie »  ou qui se font passer pour tels, sont en fait presque tous des proches parents du Sultan pour ne pas dire téléguidés par lui. Sans parler que le principal chef de gang qui est un multi récidiviste notoirement connu des services de sécurité est le fils de son neveu, un des chefs de sa garde rapprochée.

Après avoir atteint son objectif à savoir soulever l’opinion nationale contre la communauté et non contre le viol, Deby rencontre discrètement les principaux responsables Béri de l’armée, de la gendarmerie, de la Gnnt et des services de sécurité intérieure, pour leur signifier que les tchadiens ne veulent plus à l’avenir voir un Béri au pouvoir, si jamais ils commettent l’irréparable de ne pas le soutenir comme un seul homme, alors ils vont perdre le pouvoir et seront donc illico les pestiférés de la société.

Il faut rappeler que ce langage vicieux, il le tenait depuis des années, «  je suis le rempart contre le génocide, moi ou l’hécatombe pour les Béris, etc. » mais aujourd’hui, les Béris ne sont pas dupes. Il est entendu que le comportement communautaire reflète toujours celui de ses dirigeants ; si à l’heure l’actuelle une partie de l’opinion en veut aux Béris, c’est dû essentiellement aux quotidiens de Mr Deby qui a démissionné de ses prérogatives régaliennes pour adopter un mode de vie qui ne sied pas à son statut : Il a lâché les membres de sa propre famille suivis de leurs affidés comme des chiens enragés contre la population civile avec un sauf conduit d’impunité sans commune mesure dans un Etat de droit. C’est pourquoi ces parents dans leur ensemble surtout la jeunesse devraient savoir que le pogrom ou l’hécatombe contre les Béris n’est pas après Deby mais avec Deby. L’hécatombe est déjà là pour la communauté en particulier et pour les tchadiens en général : de 1990 à nos jours, combien des Béris et des tchadiens sont morts dans les différents foyers de guerre ou ailleurs allumés par Idriss Deby en personne; combien des veuves et des orphelins qu’il n’a jamais osé poser même un seul regard de compassion en leur endroit. Que toute la communauté sache que pour éviter d’être stigmatisée, elle doit absolument penser à tourner la page Deby pour ne pas être demain aux bancs de la société, si ce n’est pas déjà le cas.

Car pendant plus de 25 ans, la communauté s’est systématiquement identifiée à lui et à son régime, participer directement ou indirectement à sa politique de déchéance morale, d’appropriation des biens de l’Etat et ceux des citoyens. Ainsi donc le Maître de DJAMBALBAHR a usé et abusé de ses parents gratuitement pendant toute cette période; il a partagé avec eux sa gestion calamiteuse de l’Etat et ses extravagances indignes et immorales. Dans la petite histoire du Tchad, l’opinion publique a l’habitude de confondre le régime du Président à sa communauté sinon à sa région ; mais aucun Président tchadien ne s’est investi personnellement dans cette œuvre machiavélique comme l’a fait Mr Deby pour exposer sa communauté à la vindicte populaire.

Pour ne pas abuser de la tolérance légendaire des tchadiens, la communauté Béri doit prendre conscience. D’ailleurs tous les indices indiquent que l’après Deby se pointe déjà l’horizon. Ainsi donc sa jeunesse ne doit pas rater le rendez-vous de l’histoire pour des raisons fallacieuses injectées par un régime au crépuscule de son règne ; elle doit au contraire jouer coude à coude avec le reste de la population pour œuvrer à préparer l’après Deby pour un Tchad nouveau.

Certes le Tchad se construirait peut-être sans les Béris mais nullement contre eux. L’avenir radieux appartient à tous les tchadiens, le combat contre l’arbitraire devrait être aussi commun. De même les forces de sécurité qui appartiennent en majorité à cette communauté doivent jouer leur rôle d’encadrement des manifestations et se garder à utiliser la chienlit comme d’habitude, car au Tchad de demain chacun passera devant le juge pour rendre compte de ses actes, et autant y passer avec un passif moins lourd.

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad

 


Commentaires sur facebook

10 Commentaires

  1. Mahamat

    Une très bonne analyse, le mal est commun à tous les tchadiens sans exception. Nous voulons un Tchad sans clanisme sans sectarisme et sans regionalisme. 

  2. Très bon article. Cependant cette phrase « mais il y a un fait inconnu dans la culture Béri : le viol. » aurait eu plus de portée si elle avait été complétée ainsi : « Le viol, inconnu dans la culture béri et aussi inconnu dans toutes les cultures communautaires du Tchad ».

  3. Abou Harba

    Encore du bon travail, Felix : excellente analyse du contexte ; remarquable effort de clarification pour tordre le cou aux amalgames créés et entretenus ; puissant message à la communauté dite béri pour l’inviter à ouvrir les yeux sur les enjeux reels qui se dessinent à l’horizon tchadien et à « rectifier le tir » pendant qu’il est encore temps… Le pire c’est que, comme toujours, il a probablement suffi d’une poignée de brebis galeuses pour contaminer le reste du troupeau. C’est dire qu’il existe beaucoup de Béris raisonnables dont la voix est en train d’être étouffée par le chœur des bêlements d’une majorité grisée par les délices coupables d’un si long règne de l’arbitraire absolu. Il leur appartient de se mettre désormais debout sur leurs deux pieds et de faire entendre leur voix : celle de la raison, donc celle du salut pour leur communauté tout entière. Déby a fait ce que son maître à penser Habre lui avait enseigné : utiliser son ethnie comme un rempart contre le reste du Tchad que l’on exploite, affame et humilie tous azimuts – et massacre à volonté à la moindre velléité de protestation. Mais attention : que les Tchadien aient laissé les Goranes tranquilles en tant que communauté tchadienne exerçant son droit naturel à ‘existence sur la terre de ses ancêtres, ce fut à leur plus grand honneur. Combien d’innocents ont été ainsi épargnés ? Par contre, s’ils avaient le sentiment que leur esprit de tolérance était en train d’être utilisé à l’encontre de leurs propres intérêts, les Tchadiens pourraient ne plus en user demain… Nous devons éviter d’en arriver à une telle extrémité.

  4. wi merci ms abou harba g relit bon article selon mw g demande tjr de parle du tchad et tchadien mieux de discute des clan des tribis des ethnies pr mw le viol on a pas connu mme au tant des guerre civil pendant des decenie au tchad du nor au sud donc ces delinquants korotoro ne sufit pas pr ces voyous ils faut le juger

  5. c’est trés splendide que le poeple Tchadien crie en haute voix contre la prolongement de pouvoir actuel qui à mis en garde le Pr: Idriss Deby qui est isolé loin par des opportunistes et usurbateurs du MPS . le MPS du Bamina est enterré depuis long temps il n’est reste pas que le mangeoir des bêtes . le Zaghaoua c’une ancienne nation na rien à faire avec le regime du MPS malgrés le MPS a tâché son nom ? le Zaghaoua s’est trouve en plusiéur pays d’Africaine le Niger,La lybie ,le Soudan ,En spange comme autochtones , EN Afrique du Nord une branche de Hawara gui a gouverné le Sud de lybie a Zouila puis à Manan au Kanim jusquéau 1075 quand ils sont arrivée leur lanque c’était Tamachek alors il ya une defference entre le Zaghoua en tant que race et zaghoua entant que culture parlé beria ou bera le vrai Zaghaoua les descendends de Zagwe ben hawar ou les fils du Duku biremmi ou la famille Ber Ben Qeiss ? les Zaghaou ou Anna ( sig Annou) ou Aghana n’est sont pas au pouvoir il vont tous soutenir leur cousine Zouhoura jusqu’a ce que la justice soit rendue? cette affaire de l’honneur de tout un chacun ?

  6. Laurent BASSONO/Ouagadougou

    Évitons le pire à nos populations. Évoquer les clans, les ethnies, les régions, c’est exposer nos populations <>. Souvenons-nous du Rwanda qui en a souffert. Cultivons l’ententente en toute chose. Que chacun accepte que c’est le même sang rouge qui coule dans les veines de chacun: bédouin ou noir; blanc ou jaune; arabe ou pygmé… Rouge est le sang du noir comme le dit l’écrivain Achébé

    • Abou Harba

      Plutôt Peter Abrahams, le Sud-Africain, mais passons. Je crois que nous sommes tous d’accord sur le principe du respect d’autrui, qu’il s’agisse d’un individu ou d’une ethnie. Cela dit, j’insiste que je n’ai jusqu’ici RIEN lu d’insultant pour AUCUNE ethnie tchadienne.
      Ne créons pas de tabous là où il n’y en a pas car c’est ainsi que nous avons pris l’habitude, depuis l’indépendance du Tchad, de nous côtoyer sans vraiment nous connaitre d’une communauté à une autre – ce qui a eu pour triste résultat la création des stéréotypes bien connus dont nous affublons aujourd’hui nos communautés respectives et qui ont fini par se substituer à leur véritable identité. Un stéréotype étant généralement une perception négative et forcément erronée de l’Autre, voyez où nous en sommes en tant que nation !
      Or, l’article ci-dessus parle de la communauté béri avec respect et mesure et se contente de l’inviter à la clairvoyance (qui voudrait qu’elle cesse d’être prise en otage et se désolidarise du régime de Déby pour se ranger du côté de la majorité et se positionner en tant que groupe communautaire tchadien, de concert avec les autres groupes). Si vous avez décelé autre chose que cela, il va falloir que vous pointiez le doigt dessus en citant un passage bien précis.

  7. HoskyYoussouf Taguibo

    Bravo! 
    Analyse sincère et pertinente, car il y a eu beaucoup d’amalgames visant la grande communauté Béri ce dernier temps. S’en prendre à des innocents qui sont épris de paix et de justice, qui ont perdu des leurs sous ce régime dictatorial; vous offrez un grand cadeau au président Deby qui a sciemment planifié le système de la sorte pour que les Béris s’arrangent derrière lui dans le but de s’eterniser au pouvoir.

    il faut faire le discernement entre le régime et la communauté Béri
     sinon l’équation à résoudre serait plus compliquée. Et sachez que le mal est national.